vendredi 22 mars 2019

Daiquiri, coco taxi et art déco à La Havane


Jour 3, j’ai les jambes en compote. Cette fois, j’ai marché 12 km – ça me fait un total de 37 depuis mon arrivée, et ce, au gros soleil et à 32 degrés sans Humidex.

Comme d’habitude, ça va me prendre des vacances pour me remettre de mon voyage. Ça tombe bien, il va me rester cinq jours en Floride au retour!

Aujourd’hui, j’ai décidé de quitter la Vieille Havane, où j’ai principalement passé mes deux premières journées. J’ai commencé par me rendre sur la rue Cardenas, reconnue pour son art déco. C’est beau, même si des travaux de rénovation seraient grandement les bienvenus.

  
J’ai ensuite pris un Coco Taxi pour me rendre dans le quartier Vedado pour voir entre autres la statue controversée de Don Quichotte, qui est assez maigre merci. 
J’ai remarqué après coup m’être fait avoir par le chauffeur, qui m’a redonné la monnaie en partie en pesos pour les locaux. Ça vaut genre 20x moins que les CUC, les pesos « convertibles ». C’est un peu mélangeant ce mode de paiement variable.
Je n’avais pas trop faim pour dîner, mais j’étais tout près d’un des restos que mon livre qualifie de secret le mieux gardé. C’est en plein quartier résidentiel et c’est bourré de locaux. Mon repas m’a coûté 2 CUC (environ 2,70 CAD), une vraie aubaine!
Je savais que j’avais beaucoup de marche qui m’attendait pour me rendre au Parque Lennon, où l’on retrouve la statue de bronze de John Lennon. 
J’étais bien contente de voir plusieurs taxis, mais je l’étais moins quand je me suis rendu compte que c’était des gens qui faisaient le tour de la ville et donc que leur taxi attendait. Autant on en retrouve des tonnes au centre-ville, autant ils se font rares dans ce coin. J’ai regardé sur Google Maps (meilleure idée que j’ai eue : télécharger les cartes avant d’arriver au pays du pas d’Internet…) et je n’étais pas si loin du méga cimetière. Je me suis dit que de là, je pourrais sûrement en prendre un. Mais… non. Une autre recherche me permet de voir que j’étais à environ 1 km de la Plaza de la Revolucion, que j’avais prévue visiter le lendemain. Comme je savais qu’il y avait des taxis, j’ai modifié mon itinéraire et j’ai marché – péniblement – jusque-là. On charge 1 CUC pour s’avancer et prendre des photos de l’extérieur et un autre 3 CUC pour monter au sommet de la tour. J’avais bien hâte de voir une vue plus aérienne de la ville.
 
Dans les guides, on dit que cette place a plutôt l’air d’un grand stationnement vide et c’est vrai, mais les deux grandes sculptures de Che Guevara et de Camilo Cienfuegos sur les murs des édifices valent le détour.
J’ai finalement pu trouver un taxi – Un Plymouth 1953 – pour regagner la Vieille Havane. Un petit saut au Floridita, bourré de touristes, pour y siroter un daiquiri au citron comme le faisait Ernest Hemingway et j’en avais assez!
 
J’ai soupé dans un autre resto coup de cœur de mon livre et je n’ai pas été déçue. Quoique j’ai été surprise de commander un shawarma et de recevoir ça!
Le décor était vraiment beau. J’ai adoré.
Il me restait un truc sur ma liste, mais je n’avais aucunement envie de marcher les 2,5 km aller-retour pour y aller, alors j’irai demain, si j’ai le temps et l’énergie!

Allons-y avec d’autres constats, en ce jour no 3.

- J’ai croisé mes premières voitures de police, mais je n’en ai toujours pas vue dans la Vieille Havane.

-  J’ai mangé mes premiers churros havanais et ils étaient aussi bons que ceux du Brésil! 

- Pas de garage? Pas grave, juste à peinturer ta voiture dans la rue…
Je n’aimerais pas avoir ce propriétaire de coqs comme voisin.
 
Les écoliers sont vraiment trop cutes dans leur uniforme!

lundi 18 mars 2019

Aventures havanaises, deuxième partie!


Les jours se suivent et se ressemblent. Du moins pour mes pas (15 km hier et 10 km aujourd’hui) et ma fatigue – encore au lit vers 19h!

J’ai continué à arpenter les rues de La Vieille Havane aujourd’hui, tout en ayant chaud et en regrettant amèrement ma tenue vestimentaire (jupe qui ne respire pas et chandail avec mini manches, mais noir).

On annonçait un peu de pluie pour la journée, selon ce que j’avais vu sur l’application la dernière fois que j’ai eu accès à Internet, c’est-à-dire avant de partir des États-Unis. Je n’ai pas de fenêtre dans ma chambre et ça ne me tentait pas de sortir voir la température pour revenir chercher ou pas mon parapluie, alors je suis partie avec lui, attaché à ma sacoche pour ne pas le traîner dans mes mains (pas de place dedans). En sortant, beau gros soleil et ciel bleu. Température qui a duré toute la journée!

J’avais comme plan d’aller visiter le Museo de la Revolución. Je me suis dit que ce serait une bonne idée s’il pleuvait ou encore si j’avais trop chaud. Les deux raisons étaient finalement mauvaises. Non seulement il ne pleuvait pas, mais on crevait et il n’y avait pas d’air climatisé à l’intérieur! Le musée – magnifique de l’extérieur – subit présentement de grandes rénovations, alors l’exposition repose plutôt sur des textes (en minuscule pour l’anglais, une chance que je lis un peu l’espagnol!) et des photos. Ça paraît que la situation est temporaire. Mais c’était intéressant même si ça n’expliquait pas tant les raisons de la révolution.
 
J’ai notamment pu voir d’autres photos de Che Guevara que celle que l’on retrouve partout. Je trouve qu’il ressemble à l’acteur québécois Jean-Carl Boucher! C’est vrai! La photo qui est toujours utilisée ne semble pas être si représentative finalement!

Voici mon « séparés à la naissance », vous me direz ce que vous en pensez!
 
À l’extérieur, derrière des vitres qui nous empêchent de bien voir, se trouve le Granma, le bateau utilisé par Fidel Castro pour rejoindre Cuba à partir du Mexique.
J’ai essayé trois des restos qui étaient dans mon livre « 300 raisons d’aimer La Havane », soit El Café pour déjeuner, le Chacón 162 pour dîner et le O’Reilly 304 pour souper. Tous étaient excellents. La salade César n’avait toutefois rien comme la nôtre!
On ventait la crème glacée du Helad’ora dans le livre, alors je voulais absolument y aller. C’était bon, mais on est loin du gelato d’Italie!

Ma chambre est cute, mais je n’ai que quelques postes – évidemment tous en espagnol – sur ma télévision et l’image laisse à désirer! C’est ça ou les matchs de soccer se disputent maintenant avec trois fois plus de joueurs!
Voici en vrac d’autres constats, après deux jours.

- Les feux de signalisation semblent parfois facultatifs. Les piétons traversent un peu n’importe quand, mais il faut tout de même être prudent!

- Avec toutes ces vieilles voitures, il ne faut pas s’étonner d’avoir de nombreuses bouffées d’air… de monoxyde de carbone!

- Parlant de senteur, avec la chaleur et les nombreux déchets dans les rues (ils semblent être nettoyés chaque soir par contre) et les conteneurs sans couvercle, ça ne sent pas toujours très bon. Mieux vaut retenir sa respiration quand on passe tout près.

- Les gens marchent souvent dans la rue pour la simple raison que les trottoirs sont en piteux état et que c’est beaucoup mieux dans la rue. Voyez par vous-mêmes :
- Le WiFi est quasi absent. On dit qu’on peut acheter des cartes, mais ce n’est pas évident d’en trouver. J’ai croisé une seule boutique où ils en vendent, mais la longue file dehors m’a découragée. Je suis donc en sevrage!

vendredi 15 mars 2019

Premières impressions havanaises


Il m’arrive d’être obsédée par une ville après avoir vu des photos sur Instagram, dans un livre ou n’importe quelle image qui va finir par ne jamais me sortir de la tête. Jusqu’à ce que j’y aille. C’est arrivé il y a un an et demi avec Cinque Terre et dès que j’avais pu y aller, le cas de mon obsession était réglé. Et depuis quelques mois, c’est La Havane qui me titille. Je crois que c’est depuis que j’ai vu un reportage avec l’auteure de « 300 raisons d’aimer La Havane ». J’ai donc profité de mes vacances chez mes parents, en Floride, pour venir passer quelques jours à Cuba. Mais je ne veux rien savoir des tout inclus! Ce sont les couleurs, les vieilles voitures et les mojitos qui m’intéressent!

Ma journée a commencé du mauvais pied quand je me suis rendue compte juste une fois à l’aéroport de Miami – à une heure de chez mes parents – que je partais… de Fort Lauderdale, à même pas une demi-heure du condo. Ajoutez à ça qu’on avait dû partir à 3h30 du matin et que j’ai perdu une précieuse demi-heure de sommeil, disons que ce n’était pas ma meilleure!

Heureusement, je suis arrivée suffisamment à l’avance et je n’ai pas rushé pour mon vol. On nous demande d’arriver trois heures à l’avance pour ce vol puisque ça reste toujours un peu complexe d’aller à Cuba à partir des États-Unis. Il faut payer un visa (50 USD) à l’aéroport, mais tout ça s’est fait tellement vite que je suis arrivée à ma porte plus d’une heure avant l’embarquement. J’avais hâte d'être dans l’avion où je savais que les bras de Morphée m’attendaient impatiemment pour toute la durée du vol! Bon, c’est juste 1h15, mais j’ai dormi du début à la fin.
Me voici donc à La Havane, seule avec mon petit baluchon pour quelques jours. J’ai pris un taxi pour me rendre à la chambre que j’ai louée, dans ce qu’ils appellent une « casa particular », qui n’est pas un hôtel, mais un genre de petite auberge avec seulement deux chambres. Au début, je n’étais pas certaine du quartier puisque mon chauffeur a dû se stationner à plusieurs coins de rue et qu’il est venu avec moi jusqu’à la porte. Pas d’enseigne, juste une adresse, je n’aurais jamais trouvé ça toute seule!
 
Ma chambre n’était pas encore prête et j’ai décidé d’aller me promener. Je ne suis qu’à quelques minutes à pied du Capitolio et du Parque Centrale, là où j’ai pu voir des dizaines de magnifiques voitures. Yé! 
 
J’ai toutefois eu la mauvaise surprise de réaliser que j’avais oublié ma carte mémoire pour ma caméra. J’ai été chanceuse de trouver le seul magasin de photo qui ne semble pas clandestin, dans un centre commercial haut de gamme près du Parque Centrale. Mais ça m’a coûté cher, soit 25 CUC, ce qui est à peu près la même chose que les dollars américains. À la maison, la même carte coûte une dizaine de dollars… Mais bon, je n’avais pas le choix!

Pour me familiariser avec la ville, j’ai décidé de faire la randonnée dans le hop on hop off, sans descendre, pour pouvoir m’orienter un peu mieux et pour voir quels quartiers je voulais faire par la suite.

Le seul problème, c’est que ç’a duré de 10h30 à 12h30 et que je n’avais pas pensé à me mettre de la crème solaire. Bref, du haut du deuxième étage sans toit de ce bus, j’ai cuit.

Après avoir fait un saut à ma chambre pour me changer et me mettre trois pouces de crème solaire, je suis repartie pour explorer la vieille Havane.

Voici donc quelques constats après mes premières heures dans la capitale cubaine :

- Les gars me sifflent comme on appelle un chien, ce qui n’est aucunement flatteur.
- Parlant de chien, il y en a tellement qui errent dans les rues que j’en ai eu le cœur brisé. Faut dire que ma perception a changé depuis que j’en ai un (il se fait garder en Floride pendant que je suis ici). Il y a beaucoup de chats errants aussi et ils sont tous maigres. C’est triste à voir. J’ai aussi croisé des vendeurs d’animaux sur la rue et j’avais juste le goût de tous les acheter pour leur offrir une meilleure vie. Surtout quand j’ai vu un chiot qui ressemble au mien (le beige et blanc sur le dessus!).
 
- Il n’y a pas de dépanneur, pas de fast food, pas beaucoup de places où manger quelque chose sur le pouce. Je n’avais pas envie de souper au restaurant parce que je voulais rentrer avant la tombée de la nuit, alors j’ai marché longtemps pour ne trouver qu’une toute petite pâtisserie. Mettons que ça ne sera pas mon repas le plus équilibré du voyage. Je serai plus prête demain!
- Si vous n’arrivez pas à trouver un taxi dans La Havane touristique, vous avez un sérieux problème. Parce que moi, on a dû m’en proposer 2458, juste aujourd’hui!
- J'ai bien ri en les voyant tout près du Capitolio parce qu'on aurait dit qu'ils venaient d'y voler un tableau!
Pour ceux qui pensent que ma vie est super jet-set, je vous laisserai sur ceci : Il est 19h, je suis déjà en pyjama et je vais me coucher dans les prochaines minutes. Une vraie party animal…

mardi 12 mars 2019

Coup de foudre pour le Montana


Je ne sais pas pourquoi, mais je m’ennuie du Montana ces temps-ci! J’ai tellement aimé cet État lors de mon road trip, c’est fou. Les paysages étaient superbes et j’ai aimé l’ambiance générale de ce coin de pays. Les coups de foudre sont parfois difficiles à expliquer!

J’avais vraiment hâte d’arriver. Je ne saurais expliquer mon obsession pour le Montana tellement ça remonte à loin et que ça sort sûrement de nulle part. Probablement parce que c’est une destination où à peu près personne ne va!

Le paysage était exactement comme je l’imaginais :

Parmi les choses que je voulais absolument faire durant ce voyage, il y a la visite d’une ville fantôme. Une vraie, pas une reconstituée! À un moment, j’ai vu des annonces pour la Ghost Town de Garnet. Ce n’était pas un gros détour de ma route, alors c’était parfait. Une fois la sortie de l’autoroute prise, on m’indiquait que la ville était à 10 milles. C’est 16 kilomètres, pas si mal! Mais… j’aurais dû me douter que quelque chose clochait quand, de un, j’ai dû attendre pour laisser passer ce troupeau de vaches dans la rue : 
Et de deux, mon GPS m’a dit que ça me prendrait une heure. « Il est sûrement dans les patates, c’est impossible que je roule à 10 milles à l’heure jusqu’à la ville! » me suis-je naïvement dit.

Il disait vrai. 
Difficile à voir l’état des routes sur la photo, mais c’était en gravelle, une voie – des fois moins! – de large (je priais pour ne croiser personne), sur le bord de ce qu’on pourrait qualifier de falaise, mais avec des conifères. Une heure plus tard – ben tannée –, j’arrivais au milieu de nulle part, où le réseau cellulaire m’avait abandonnée depuis des lustres. Si ça prend une heure aujourd’hui, je ne veux même pas imaginer à combien d’heures de cheval ils étaient du village voisin dans le temps!

Le village n’a rien de très impressionnant, mais j’ai aimé le fait qu’ils l’aient gardé intact. Ils ont ajouté quelques artéfacts au bar, à l’hôtel ou dans quelques chambres pour qu’on puisse comprendre le mode de vie, mais rien d’extravagant. Les lits sans matelas, tout rouillés, les bottes et les chemises de nuit usées à la corde m’ont rapidement fait comprendre que jamais je ne mettrais les pieds là à la noirceur!
Pour la petite histoire, Garnet comptait environ 1000 habitants en 1896, alors qu’il y avait une mine d’or. On y retrouvait quatre hôtels, trois étables, deux barbiers, une école, une boucherie, un magasin de bonbons, un bureau de médecin et 13 saloons. Une école, 13 saloons. On voit bien les priorités! Les mines ont toutefois rapidement été abandonnées (vidées) et en 1910, on ne comptait plus que 150 habitants. Un feu a détruit presque tout le village en 1912 et déjà, en 1920, elle devenait ville fantôme.
Je n’y suis pas restée très longtemps, sachant que j’avais une autre belle heure de route qui m’attendait. Ma destination suivante était on ne peut plus différente. C’est le Garden of one thousand bouddhas. Il y a donc, au beau milieu du Montana et annoncé nulle part, un endroit où on retrouve 1000 statues de Bouddha! Une autre trouvaille du fabuleux site Atlas Obscura.
 
Elles ont toutes été fabriquées à la main par des bénévoles et certaines ont été abimées. Voilà pourquoi en attendant qu’elles soient réparées, des gens ont cru bon les « habiller ».
Sous la plupart, il y a une description, un genre de fonction du Bouddha en question et on peut y laisser des sous noirs sur celui qui nous inspire.

Puis au centre, une autre magnifique statue dorée.
 
Vraiment, ça valait le détour!

J’ai aussi bien aimé la ville de Butte, qui a survécu à la fermeture de la plupart de ses mines de cuivre et d’argent. Il y a un monument dédié aux 2500 hommes morts en exploitant les mines de Butte entre 1870 et 1983.
Une des attractions de la ville est la grande statue d’une femme au sommet d’une montagne. J’ai toutefois été très déçue d’apprendre qu’on peut y aller sur réservation seulement avec des tours privés. J’ai donc sorti ma super lentille pour aller la photographier du mieux que je pouvais!
Cette statue, « Our lady of the Rockies », se retrouve à une élévation de 8000 pieds, mesure 90 pieds et se veut un hommage à toutes les femmes derrière les hommes qui ont travaillé à l’exploration du territoire et des mines.

J’ai fait un petit détour par le Dakota du Nord avant d’aller au Montana pour aller au Parc national Theodore Roosevelt et admirer ses vallées multicolores – le Painted canyon. J’aurais aimé aller m’y promener, mais c’était pluvieux et tellement venteux que la randonnée aurait été pénible.

Roosevelt s’y était rendu de New York à l’âge de 24 ans pour y chasser un bison. Lui aussi a eu une température de merde – il a plu toute la semaine –, mais il a fini par l’avoir, son bison. Le 26e président des États-Unis a tellement aimé les Badlands qu’il y est retourné très souvent. Il a par la suite acheté un ranch situé dans le parc, d’où le nom.
 
En terminant, j’ai croisé des noms de ville et de rue bizarres, mais cette rue remporte la palme!