vendredi 25 mars 2016

La prison où était Mandela, une visite... correcte

Qui dit Afrique du Sud et Cape Town dit aussi Nelson Mandela. Normal, c’est que l’ancien président du pays y a été emprisonné pour aucune bonne raison durant 27 ans.

Pensez-y, c’est long en maudit.

Dix-huit de ces années ont été purgées à Robben Island. C’est un peu l’équivalent d’Alcatraz, mais avec des prisonniers politiques – alors ça brassait pas mal moins! En fait, la seule ressemblance avec la prison de San Francisco, c’est que c’est sur une île. Parce que je vais être honnête, Robben Island est vraiment moins intéressante.

C’est un peu un passage obligé quand on vient à Cape Town, mais je vous avertis, ce n’est pas la visite la plus palpitante. Peut-être que c’est moi qui suis blasée, après avoir visité des endroits qui nous virent à l’envers, comme Alcatraz et dans un tout autre ordre d’idées, Auschwitz. Mais même si les histoires des prisonniers brisent le cœur, je n’ai pas trop ressenti d’émotions sur place.
Je crois que c’est parce que l’histoire ne nous y est pas très bien racontée. J’avais l’impression que les guides tenaient pour acquis qu’on connaissait en détail l’Apartheid, la vie de Mandela et sa libération. J’aurais voulu en savoir beaucoup plus.

En fait, j’en ai plus appris en lisant les affiche dans la file d’attente pour le bateau! Et j’ai attendu longtemps, car mon bateau avait 30 minutes de retard. Grrrrr.

Parenthèse ici. Si vous avez le mal de mer, évitez cette visite! À moins d’être armé de Gravol, de patchs ou de peu importe ce qui peut vous aider. Car c’est un bateau pas très gros – sur lequel on gèle! – qui vous mènera à l’île. Comme elle se trouve à 11 kilomètres de la ville, ça prend environ 45 minutes. Dans les vagues. Mais genre, des immenses vagues. À l’aller, je me suis juste concentrée pour essayer de ne pas penser que j’avais l’impression d’être au Pôle Nord en bikini tellement j’avais froid. Fin de la parenthèse!

Je n’ai pas été super chanceuse pour ma journée. Il y avait un épais brouillard qui faisait en sorte qu’on ne voyait absolument pas la ville une fois sur l’île. Dommage, je suis certaine que le paysage aurait été magnifique.

Donc lorsqu’on arrive sur l’île, on embarque dans un autobus pour une visite de l’endroit. On ne sort qu’au petit restaurant où j’ai mangé un «succulente» sandwich au… fromage râpé et à la salade. Et disons qu’il était tiède. Bref, voici ce que j’ai appris :

Il y a une petite maison blanche, au beau milieu de grosses niches où logeaient les chiens de garde. Dans cette maison, qui était en fait une cellule, était emprisonné Robert Sobukwe, leader du Pan-Africanist Congress. Il y avait un règlement très particulier pour ce détenu. Personne n’avait le droit de lui parler. Il n’a donc entendu la voix d’aucun être humain sauf lui pendant… huit ans. Et lorsque sa sentence s’est terminée, le gouvernement a passé une loi spécifiquement pour lui, disant que sa sentence était automatiquement prolongée dès qu’elle se terminait.

Quand il a fini par être libéré, il avait de graves problèmes avec ses cordes vocales, qui n’avaient presque pas servi durant tout ce temps.

Les prisonniers pouvaient recevoir de la visite, mais seulement deux fois par année. Et pour y aller, on devait avoir 18 ans et plus. Impossible donc de voir ses enfants. De plus, les conversations devaient strictement se faire en anglais ou en afrikaans. Un mot parlé dans une autre langue et hop, la visite était terminée. On se revoyait dans six mois…

Les lits ne sont arrivés qu’en 1979 dans cette prison. Avant cela – Mandela est arrivé en 1964, pour vous donner une idée du temps qu’il a passé sans lit! – les prisonniers dormaient sur cette couverture :
Disons que les maux de dos devaient être fréquents.

Les prisonniers étaient exploités pour tailler des bouts de roche, sans autre outil qu’un pic. Et au final, ces roches taillées servaient à paver les rues sur l’île. Le soleil tapait beaucoup et la poussière de roches a rendu malades plusieurs prisonniers. Certains n’étaient plus capable de produire de larmes. D’autres ont été victimes de graves problèmes respiratoires.

C’est toutefois dans cette carrière que les hommes s’enseignaient toutes sortes de choses. Une espèce de grotte, au fond, était appelée l’université. Mais elle servait aussi de chiottes. C’est pourquoi les gardiens de sécurité ne s’y aventuraient pas. Les détenus pouvaient donc partager leurs connaissances. Il faut comprendre que c’était tous des prisonniers politiques. En fait, trois d’entre eux ont part la suite été élus comme président de l’Afrique du Sud!
Ah oui et s’ils préféraient aller faire leurs besoins dans les buissons, eh bien on tirait sur eux, tout simplement.

Quant à Mandela, voici sa cellule :
Je ne sais pas si c’est moi qui suis insensible ou c’est le fait de ne pas encore avoir assez lu sur l’Apartheid et tout, mais je n’ai rien ressenti, contrairement à ce à quoi je m’attendais.

On visite la prison à sécurité maximale où il était dans la deuxième partie du tour guidé. Le problème, c’est que je n’ai compris qu’à peu près 10 pourcents de ce que le guide nous a dit. Souvent, je me demandais même s’il n’était pas en train de parler en afrikaans. Je pensais que c’était moi qui étais poche, mais j’ai été «rassurée» quand j’ai entendu un couple d’Américains se plaindre qu’ils ne comprenaient rien non plus. C’est dommage, car c’est un ancien prisonnier qui nous parle. Mais il a plutôt eu un message politique – de ce que j’ai compris – sur la situation actuelle au lieu de nous parler plus longuement des conditions dans lesquelles il avait été incarcéré.

Les chiffres que l’on voit partout dans la boutique souvenir sont 466-64. C’est la matricule de Mandela. Cela signifie qu’il a été le 466e à arriver à Robben Island en 1964.

Aujourd’hui, l’île est encore habitée par quelques familles. Ce serait des descendants des gardiens de prison, qui ont gardé la maison de leurs parents. Je ne comprends pas vraiment l’intérêt d’y rester. Il n’y a aucune épicerie, aucun service. Il y avait une école, mais ils l’ont fermée puisqu’il n’y avait que 18 élèves. Les enfants doivent donc se taper le merveilleux bateau matins et soirs pour aller à l’école. Même chose pour aller magasiner, faire l’épicerie, etc. J’ai vu des voitures, mais pas de station-service. Aucune idée s’il y en avait une de cachée quelque part!

Avant d’être une prison, Robben Island était un hôpital psychiatrique, pour devenir une base militaire durant la Deuxième guerre mondiale, puis la prison.

On y trouve aussi un cimetière de lépreux. On les envoyait là-bas parce qu’on avait peur qu’ils soient contagieux, même après leur mort.

Alors voilà. Si vous passez par Cape Town, allez-y, mais n’ayez pas des attentes trop élevées!

vendredi 18 mars 2016

Autre continent, autres mœurs

La vie en Afrique ressemble parfois à celle que l’on a en Amérique du Nord... Mais pas tout le temps.

J’ai donc décidé de partager avec vous ce qui m’a frappé au plan des différences culturelles, des mœurs et des habitudes de vie depuis que je suis arrivée à Cape Town.

Les voici donc en rafale.

Ici, les souliers semblent être un accessoire plutôt optionnel. Il n’est pas rare que l’on croise des gens nus-pieds, même dans la rue. Des enfants aussi. Et même, comble de l’ironie, le vendeur au magasin de souliers! Quant à moi, c’est bien le dernier endroit où je voudrais me promener comme ça! J’ai déjà marché sur un tas de cochonneries et j’ai aussi eu la très désagréable surprise de piler sur une aiguille, qui s’est logée sous mon gros orteil. Du gros fun.

Au restaurant, la norme pour le pourboire n’est pas de 15%, mais bien de 10%. Et il ne faut pas se surprendre de recevoir du 8 ou 9%. Ou encore juste… rien.

Si je me fie seulement à mon entourage ici, je dirais que les moyens de contraception ne sont pas très utilisés. Il n’est pas rare qu’une fille ait plusieurs enfants, souvent de pères différents. Sauf que dans plusieurs cas, les enfants sont élevés par la grand-mère, qui habite parfois à des heures de route de la mère. Quant aux pères, ils en ont souvent deux ou trois illégitimes qui trainent quelque part. Je vous jure, c’est aussi difficile de suivre la vie de certaines de mes connaissances ici qu’un soap américain!

On ne se donne pas deux becs sur les joues lorsqu’on salue quelqu’un. C’est soit un bec et une caresse, soit seulement une caresse. C’est anodin, mais tout de même très déboussolant au début! Donc ne faites pas le saut si je vous enlace à mon retour au pays! Ah et pour ce qui est des amis, on s'embrasse... sur la bouche. Ça surprend quand on ne s'y attend pas!

Évidemment, on conduit à gauche ici, comme en Angleterre. Cela s’applique aussi sur la plupart des escaliers roulants, qui sont «à l’envers» des nôtres et au côté que l’on choisit quand on rencontre un passant sur le trottoir, par exemple. Là aussi, ça prend quelques jours pour s’y faire!

Il y a beaucoup d’abus de klaxon. Impatience, salutations, avertissement, on entend juste ça. Tout. Le. Temps.

Parmi les véhicules qui ne font que ça, klaxonner, il y a ces genres de «taxi-bus» cheaps. Ce sont des mini vans, toutes pareilles, qui font une ligne droite et qui coûtent à peu près rien. Dans chacune d’elles, le gars qui est assis côté passager crie, la fenêtre ouverte, la direction dans laquelle il s’en va, pendant que le chauffeur klaxonne tous les gens qu’il croise, dans l’espoir de les embarquer. Près d’où j’habite, il y a toujours plein de monde sur le trottoir. Et plein de ces bus. Le résultat est cacophonique. Ah et ils sont toujours juste trop pour la capacité normale du véhicule.
Parlant de capacité du véhicule, disons que les règles sont inexistantes. À date, j’ai fait un trajet dans le coffre d’un VUS avec une amie parce que le reste était plein et on est aussi embarqués six dans une Mini Cooper et six dans un Uber – qui conduisait l’équivalent d’une Yaris –, parce que la fille qui était avec nous «n’avait pas pensé à en commander un XL». *soupir*

Le cellulaire au volant est interdit, mais si vous vous faites prendre, ça se peut que le policier… confisque votre téléphone. Et que vous ne le revoyez jamais.

Il arrive souvent que des gens cognent à la porte de la maison pour avoir de la bouffe ou de l’argent.

Tous les écoliers ont un petit uniforme qui semble tout droit sortir des années 50. Je trouve ça super cute!
Il y a deux sortes de stationnements dans les rues. Ceux que l’on doit payer et les autres. Comme chez nous. À quelques différences près. D’abord, les parcomètres sont… humains. On doit payer la préposée qui imprime le billet et le met sur le pare-brise. Sinon, il y a ceux qui «surveillent» les voitures stationnées. Il est juste là et porte un dossard vert fluo. Il vous dit bonjour et accourt vers vous quand vous quittez pour avoir son pourboire!

Je ne compte plus les fois où on m’a demandé si j’étais mariée. Pas si j’avais un chum, non, si j’étais MARIÉE. Tout le monde demande ça. Le chauffeur de taxi, la coiffeuse, les amis des amis que tu rencontres pour la première fois. Et eux, ils le sont tous. J’en déduis que je suis plus qu’une vieille ici, ne l’étant pas à mon âge.

Presque tout le monde a des cellulaires à la carte. Je crois que les contrats sont très rares! Et on achète des datas ou du «air time» à peu près n’importe où. Vraiment. Même les vendeurs itinérants au coin des rues en vendent avec leurs girafes gossées dans du bois. L’électricité aussi se vend à la carte! On achète de l’énergie, on entre un code à la maison et voilà!

Il y a des grillages dans toutes les entrées des commerces – ou presque – et des maisons. On doit attendre qu’on nous déverrouille la porte. Je me sens presque comme dans Unité 9 chaque fois. D'ailleurs, je travaille comme barmaid ici et il y a un drink populaire qui s'appelle «Rock Shandy». Alors je me sens doublement dans Unité 9...
Ici, les feux de circulation, on appelle ça des «robots» et quand on va chercher quelqu’un quelque part, on le «fetch».

À l’épicerie, il y a un préposé qui pèse nos fruits et légumes en vrac pour les mettre dans un sac avec le prix. Sûrement pour faire gagner du temps aux caissiers. Parlant d’eux, ils ont la très désagréable manie de redonner notre monnaie en même temps que le papier. Soit dans un tas. Je n’ai pas encore trouvé la technique parfaite pour être efficace quand je prends mon change. À date, je reste juste une éternité à essayer de me libérer les mains pour ranger tout ça dans mon portefeuille. C’est un détail, mais me semble que ce n’est pas compliqué de donner l’argent en papier et ENSUITE la monnaie, non?

Les gens amènent leur chien dans les restaurants. DANS les restaurants. Et on ne parle pas de chiens-guides, là…
Je vous laisse avec quelques-unes de mes photos prises dans les derniers jours:





mardi 15 mars 2016

Des p’tites vites d’Afrique

En rafale, voici quelques anecdotes et histoires vécues depuis mon arrivée en Afrique.

J’ai visiblement oublié que j’étais dans un pays chaud et n’ai pas mis de crème solaire lors de ma première semaine. Même si j’en avais dans ma valise. C’est donc avec le look d’un homard «habitant» que j’ai acheté une lotion pour enfants, parce qu’elle était moins chère, dans une station-service. Sinon j’allais cuire. J’ai pris de la 50. C’est tout ce qu’ils avaient. Et je l’ai payé une vingtaine de dollars… Ça m’apprendra.

On est allées m’acheter un téléphone pour que je puisse confirmer à mon amie que je ne suis pas morte dans la rue quand je me promène seule. Pendant qu’on attendait, elle s’est amusée à mettre tous les téléphones du présentoir en français. Pas sûre qu’ils vont la trouver drôle!
Il y a beaucoup de gens qui parlent français ici. Surtout des chauffeurs Uber à date, je vous dirais! Plusieurs habitants sont originaires du Congo. «La moitié du Congo est ici, c’est beaucoup plus sécuritaire!», m’a dit l’un d’eux. Il faut donc faire attention avant de passer des commentaires désobligeants en français!

C’est la grosse mode d’écrire des mots ou des phrases en français sur les chandails. Mais je leur conseillerais de ne pas utiliser Google Translate pour la traduction…
J’ai trouvé un restaurant qui s’appelle «Ottawa Spur». La décoration? Des totems, des tipis et des Indiens.

Cibole…
 
Au coin de certaines rues, il y a des vendeurs itinérants qui vendent… des blagues. Pour 5 Rans (un peu moins de 0,50 CAD), ils vous donnent une feuille sur laquelle se trouvent des histoires drôles. Elles ne sont pas toutes réussies, mais c’est quand même un concept comique, dans tous les sens du mot.

J’ai assisté au départ de la «Annual naked bike race». Comme le nom le dit, ils font du vélo… nus. Ou très peu vêtus. Leur but? Convaincre la population et les décideurs que les vélos devraient une plus grande place dans la ville. Mais d’après moi, si c’est la septième édition, c’est que ce moyen de protestation ne fonctionne pas très bien…
 
Vous pouvez avoir des chips à saveur de «gland de singe».
Dans un genre de magasin de type «Dollarama», on a trouvé sur la tablette, parmi les thés et les tisanes, des thés aphrodisiaques avec des belles images de gens en train de baiser sur l’emballage. Plus loin, il y avait des «kits» dignes d’un sex shop. Tout ça, de l’autre côté de la rangée des crayons pour enfants.
Chaque fois que je voyage, je suis outrée de voir à quel point les autres pays ne recyclent pas. Les États-Unis me font rager chaque fois, l’Europe m’a fait capoter également. Ici, ce n’est pas siiii pire, mais on ne recycle pas le papier et le carton. Et pour le reste, les gens doivent aller le mener eux-mêmes au centre de recyclage. Aussi bien dire que personne n’en fait. Sinon, dans la rue et les centres d’achats, au moins, il y a des endroits spécifiques pour ça. Sauf que je dois avouer que ma conscience en prend pour son rhume!

Trouver un restaurant, une épicerie ou quelque chose d’ouvert, à part un centre d’achats, est presque mission impossible le dimanche. Absolument tout est fermé! On a dû faire le tour de la ville et chercher pendant une heure trente un petit resto où on pouvait commander pour emporter lors de mon premier dimanche. On avait tellement faim qu’on a fini par manger une pointe de pizza directement dans la voiture. On avait l’air de deux cheaps qui n’avaient juste pas voulu payer de pourboire.

On a joué au golf sur un petit neuf trous sur un terrain où il n’y a à peu près aucun règlement. D’ailleurs, on vient de réaliser qu’on n’a finalement jamais payé pour jouer! On avait un sac de golf pour cinq joueurs et on se partageait les bâtons. Et pas de restrictions vestimentaires non plus ; l’un de nous avait des jeans, une était en petite camisole et seulement deux des golfeurs avaient des souliers avec des crampons. C’est tout juste si on n’a pas joué en gougounes! Ma «best shot de la journée» ne s’est donc pas faite avec un bâton, mais plutôt avec mon iPhone. La voici :
Si vous voulez me suivre sur Instagram, j’y mets quand même beaucoup de photos et mon nom est «jogod». D’ailleurs, une de mes photos a été reprises par un site de photographie et a fait un véritable hit! Voici donc mon «chef-d’œuvre» :

jeudi 10 mars 2016

Une montagne, une table et une histoire de diable

Je suis arrivée depuis quelques jours déjà à Cape Town, en Afrique du Sud, mais je n’ai pas encore fait une tonne d’activités de touristes.

La vérité, c’est que les retrouvailles avec ma meilleure amie, qui habite ici, ressemblent pas mal à un long party depuis que je suis arrivée!

Mais bref, j’ai quand même déjà profité des paysages magnifiques. Je suis allée faire l’activité de touriste par excellence pour commencer : aller au sommet de la Table Mountain en téléphérique. Il existe depuis 1929, mais ç’a pris 40 ans de discussions, de planifications et tout ça a été interrompu deux fois en raison de la guerre. Chaque fois que je vois ça, je suis impressionnée de penser qu’ils ont fait ça il y a presque 100 ans! Ce qui est ingénieux également, c’est que puisqu’il n’y a pas d’eau au sommet, elle est transportée dans des réservoirs sous les gondoles. Il y en a un autre qui sert à ramener les déchets humains. Cette information est moins agréable, je sais.

La vue est superbe. En même temps, ça me fait beaucoup penser à ce qu’on voyait du haut de la montagne où se trouve le Christ Rédempteur à Rio de Janeiro, au Brésil.

Une fois en haut, j’ai fait la visite guidée à pied – gratuite – pour en apprendre un peu plus. Ceux qui lisent souvent mon blogue savent que je raffole des anecdotes et des «fun facts».

De là-haut, on voit très bien ce qu’on appelle les «Twelve Apostles». De l’océan, on ne voit que 12 crêtes de montagne, mais en fait, il y en a 18. L’origine de ce nom est intéressante. Un bateau s’était échoué tout près de là, mais le capitaine et l’équipage avaient survécu. En levant les yeux vers les montagnes, le capitaine a dit «ce sont les 12 apôtres qui viennent de nous sauver la vie». Et voilà, cette portion de montagne avait désormais un nom (les montagnes à gauche sur la photo ci-dessous).
Il y a ces petits animaux, appelés des «dassies» (je n’ai pas trouvé de mot en français pour ça, malgré quelques recherches!), qui ressemblent à des petites marmottes ou à des lapins. Étonnamment, le mammifère qui se rapproche le plus d’eux est… l’éléphant. Oui, cette petite bête est dans la même «famille» que Dumbo.
En fait, cela est dû aux similarités de leurs dents (des défenses) et leurs pieds, qui ont un genre d’adhérence qui leur permet de grimper partout. Bon, dans ce cas, ne me demandez pas quel est le lien, car je doute fort qu’un éléphant puisse grimper un mur.


Ce qu’il y a de particulier aussi avec ces petits animaux, c’est qu’ils peuvent se comprimer la cage thoracique pour entrer dans n’importe quel trou. Ça leur permet de se protéger, notamment. Ils ont aussi des yeux «lunettes de soleil», ce qui leur permet de regarder directement le soleil sans être aveuglés et donc éviter des prédateurs comme les aigles.

Mais le plus étonnant, c’est que leurs excréments servent à faire… du parfum. Bon, ce n’est pas exactement ça, mais ce qui sert pour le parfum et aussi en médecine, ce sont des roches fossilisées de leurs urines et selles. Laissez-moi le dire pour vous : ARK.

Il y a aussi des plantes «méchantes». Elles sont super dangereuses et le pire, c’est qu’il n’y a rien autour qui avertit de ne pas y toucher. De ce que j’ai compris, si quelqu’un y touche la première fois, ça les «réveille». Puis au troisième contact, elle envoie je ne sais pas quoi qui a le même effet sur la peau qu’une brûlure. Il faut absolument soigner la plaie avec de l’onguent et ça prend de quatre à six semaines avant de disparaître complètement! Mettons que je ne me suis pas trop approchée.
On nous a aussi dit qu’il y avait plusieurs sortes de serpents, mais surtout dans les sentiers. Je pensais y retourner pour la descendre à pied. J’ai comme changé d’idée sur un moyen temps!

Un défi avec le diable


Dernier petit truc sur la montagne, elle s’appelle «La table» et lorsqu’elle est envahie par les nuages, on appelle ça… la nappe. Je trouve ça très comique.

Il y a une légende autour de cette fameuse nappe. On dit que le pirate Van Hunks, qui avait pris sa retraite à Cape Town, fumait vraiment beaucoup la pipe et ce, toujours au même endroit. Il allait au haut de la montagne, car sa femme détestait qu'il fume chez eux. Un jour, un homme était assis à sa place et en gros, ils se sont défié qu’ils pouvaient fumer plus que l’autre. C’est le pirate qui a gagné et à la fin du duel, il a réalisé qu’il avait rivalisé avec le diable en personne lorsque celui-ci a perdu son chapeau et qu'il a vu les cornes sur son crâne. C’est pourquoi depuis ce temps, quand le nuage de «fumée» apparaît, on dit que le diable est revenu fumer avec le pirate!

Ah oui et ai-je besoin de préciser que Visa est un gros commanditaire ici?
 

Dompter le lion


Je vous avais dit avant de partir qu’un de mes objectifs était d’aller au sommet du Lion’s Head, la deuxième plus grosse montagne de la ville. Pour y parvenir, il n’y a qu’une façon : à pied! On l’a donc fait une première fois. Le sommet est à 669 m et il y a des bouts où c’est tellement étroit et à pic qu’on doit monter des échelles ou faire un peu d’escalade.
C’était la deuxième fois que je grimpais une montagne du genre. Je ne suis pas très friande du «hiking» et j’avais peur de ne pas être assez en forme. Mais j’ai réussi et sans difficulté en plus! On a compté nos pas (avec une application, sinon je serais devenue folle) et c’est près de 10 000 et l’équivalent de 62 étages. En tout, l’aller-retour fait 8 km, mais souvent à la verticale!
On a été vraiment récompensées – on s’était quand même levées à 6h du matin pour y aller afin d’éviter le soleil plombant –, car la vue en haut est hallucinante.

J’ai bien l’intention de le faire encore quelques fois avant de revenir!

lundi 7 mars 2016

Allons-y pour des «fun facts» sur Doha!

Comme promis, voici le dernier de mes billets sur Doha, au Qatar, avec quelques «fun facts».

- Le taux de criminalité est vraiment bas.  On peut laisser ses portes déverrouillées, son laptop sur la table d’un café pendant qu’on s’absente quelques minutes, etc. Une des raisons, c’est qu’il n’y a pas de petits châtiments pour un petit crime. Tu te fais prendre pour quelque chose, c’est la prison et pour longtemps. Les règles sont un peu différentes que chez nous pour l’assurance automobile également. Par exemple, si vous frappez quelqu’un par accident et que la personne meurt, vous irez en prison. Et si vous êtes à vélo, que vous vous faites couper par un véhicule mais que vous l’abîmez, ça se peut que vous soyez obligés de payer les réparations.

- Les Qataris «pure laine» sont très, très rares. Ils ne forment que 10% de la population.

- Il y a une forme d’esclavage moderne qui se fait là-bas. On va chercher des travailleurs dans d’autres pays, on leur offre un salaire minable, mais on confisque leur passeport pour la durée de leur «contrat».

- Il y a des courses de chevaux, mais aussi… de chameaux.

- Une des traditions est la compétition de faucons. J'ai malheureusement raté les démonstrations puisque je suis passée durant l'heure de la sieste (ou de la prière, ce n'était pas clair).

- Presque toutes les voitures sont blanches.

- Sur l’île artificielle où il y a tous les gratte-ciels, il y a un système pour acheminer les déchets directement au dépotoir (ou l’équivalent, ce n’était pas très précis). Il n’y a pas de collecte. C’est presque de la magie.

- L’agriculture et l’élevage n’est pas très développé au Qatar, si bien que 90% de leur nourriture est importée.

- On pourrait croire que la ville est dans un smog, mais ce sont plutôt des poussières de sable, qui viennent du désert ou encore de la construction.

- Ils ont construit un quartier, un peu comme à Dubaï, en forme d’huître. Ça s’appelle The Pearl. C’est un quartier où habitent les riches et il n’y a que des boutiques et des restaurants ultra chers. On y vend aussi des voitures de luxe. Pour les encore plus riches, il y a neuf îles privées…

- Pourquoi en forme d’huître? Parce que c’est un commerce qui a grandement contribué à l’essor de la ville. On voit d’ailleurs une huître géante tout près de l’eau. 
- J’ai vu une patinoire dans un centre d’achats. C’est sûrement la surface la plus laide de l’histoire. Pas sûre qu’il y ait une zamboni dans le coin… Bref, les gens ont tous l’air de Bambi, mais ils ont une bonne excuse.
- Les traverses de piéton sont… différentes des nôtres, mettons.
- Dans un magnifique parc près de l’eau (où j’ai vu des enfants s’amuser avec leurs parents à 23h un lundi soir…), il y a de l’équipement de gym. Deux gars s’entraînaient ensemble et leur technique était légèrement douteuse… 
- On n’a pas le droit de vendre de l’alcool à Doha ni d’en consommer. Sauf si on est touriste. Alors pour avoir un vrai bar, il faut se rendre dans les hôtels cinq étoiles. Rien de moins! Et il se peut qu’on vous demande la preuve que vous n’êtes pas originaire du pays. Si les détenteurs de permis d’alcool se font prendre à vendre à des locaux, l’amende est ridiculement chère!

 Un vol cinq étoiles


J’ai eu la chance de voler à bord d’un A350, un avion hyper récent et super luxueux de Qatar Airways. Il n’y en aurait que 15 en circulation dans le monde. C’est l’avion le plus magnifique que j’ai vu de ma vie.

Déjà, en entrant, on passe par la première classe qui a carrément l’air d’un bar lounge. Puis même les places à l’arrière (mon budget!) sont spacieuses. Le vol n’était pas plein, alors ils ont bloqué tous les sièges du milieu pour qu’on ait plus d’espace.

On pouvait aussi choisir à l’avance notre repas. En tout, il y avait une quinzaine d’options. Du repas sans gluten au mets indiens en passant par les faibles en gras et les kasher. Wow. J’avais pris le «faible en gras». C’était juste un peu chien de voir le gars à mes côtés avoir un pot de Haagen-Daaz!
Il y avait des caméras sur l’avion et on pouvait suivre le vol en direct. Même si j'ai beaucoup voyagé, c'était la première fois que j'avais cette option. Voici donc notre atterrissage :
 
La sélection de films était aussi hallucinante. Il y en avait des centaines. J’en ai profité pour rattraper le retard que j’ai sur les Harry Potter en me tapant les films 5, 6 et 7!

Mon deuxième vol, du Qatar à l’Afrique du Sud était aussi avec cette compagnie, mais l’avion était plus petit et j’étais tellement fatiguée que j’ai raté tous les services de nourriture et de breuvages… Nul besoin de dire que j’étais affamée à l’atterrissage!


Alors voilà, c'est ce qui conclut mon très court séjour à Doha!

Pour lire les deux autres parties du récit, c'est ici et ici. 


vendredi 4 mars 2016

Doha, cette ville de nouveaux riches (et de trafic!)

Comme promis, voici la deuxième partie de mon compte-rendu de Doha. Une troisième et dernière partie suivra dans quelques jours!

(Ceux qui ont raté la première partie, c'est ici)

Le Qatar est un peu comme un nouveau riche. Il dépense son argent pour tout plein de trucs, sans vraiment faire de plans.

Du moins, c’est ce qui ressort à Doha. Le Qatar est indépendant depuis 1971 et n’a que récemment découvert qu’il pouvait produire du pétrole. Le développement de Doha, la capitale, a donc rapidement explosé. Il y a quelques décennies à peine, on ne retrouvait que l’hôtel en forme de pyramide, à l’extrême droite ici-bas. 
On voit bien de quoi ç’a l’air aujourd’hui. Dans la visite guidée que j’ai faite (en autobus hop-on-hop-off), on dit même à la blague que si vous habitez la ville et que vous partez en vacances quelques semaines, il se peut que vous ne reconnaissiez pas le centre-ville à votre retour! Les gratte-ciels, tous plus beaux et originaux les uns que les autres, poussent comme des champignons. Pour une fille passionnée par les paysages urbains, j’étais servie. Je ne pouvais lâcher des yeux ce tas de buildings. C’était tout simplement magnifique.

Avoir eu plus de temps, j’aurais voulu visiter le Musée de l'histoire islamique, mais bon, il ne faut pas oublier que j’étais dans une escale de 19 heures! Pour ce qui est du Musée national du Qatar, il était en rénovations. Quand on passait devant, le guide (un enregistrement dans l'autobus) disait que la réouverture était prévue pour 2015. À voir où ils en sont, permettez-moi d’en douter!

Du trafic, encore du trafic



Quand je disais que Doha était comme un nouveau riche, c’est que la ville s’est lancée dans un tas de constructions en même temps, notamment en vue de la Coupe du monde de soccer en 2022. On ne lésine sur rien. Hôtels, routes, métro, buildings de toutes sortes… Conséquences? Il y a un perpétuel trafic. Les gens sont impatients, passent leur vie à klaxonner, à couper et à ne rien comprendre aux carrefours giratoires un peu mal faits. Et il n'y a aucun plan d'urbanisme, alors les hôtels chics se retrouvent devant un hôpital...

Le chauffeur d’autobus dans lequel j’étais était aussi dans la catégorie «je suis écœurée de ce maudit trafic de marde» et sa collègue m’a fait comprendre qu’ils ne me ramèneraient pas au début du trajet, pour la simple raison que… ça ne leur tentait plus. Oui, oui. J’ai dû négocier pour qu’ils me déposent au moins à un endroit où je pourrais prendre un taxi et retourner chez mon ami. Charmant.

Je suis donc arrêtée dans un centre d’achats, où je me suis acheté un chandail avec des manches, surtout pour ma conscience (lire premier blogue pour l'explication vestimentaire!). Il faut dire que dans le bus, j’ai entendu la phrase suivante «par respect, les femmes ne découvrent jamais leurs épaules». Oups.

Ensuite, j’ai fait la file pour avoir un taxi. On était une bonne cinquantaine à attendre. Il y avait un tas de gars louches qui venaient nous voir pour nous proposer leur taxi. Non merci, je vais en attendre un vrai. Même si le taux de criminalité est bas dans cette ville, je ne me magasine pas un enlèvement.

J’ai eu du mal à retrouver l’appartement de mon ami. C’est qu’il n’y a pas d’adresses, juste des noms d’édifices et ce n’est pas toujours logique. Le chauffeur s’obstinait vraiment pour trouver la place et refusait de juste me laisser à un hôtel tout près pour que je me débrouille. Il a même fait embarquer un autre gars, qui travaillait tout près et qui savait de quel édifice je parlais pour qu’il nous aide à le trouver. Je dois dire qu’à ce moment, je n’ai pas particulièrement aimé être seule dans un taxi avec ces deux inconnus. Mais il ne s’est rien passé. Le chauffeur a voulu négocier le prix de la course à la hausse, évidemment, puisqu’il m’a «aidée». Oui, mais en m’aidant, tu as aussi fait gonfler la facture, dude.

Terrasse sur le toit


Pour terminer la soirée, on est allés prendre quelques verres sur la terrasse d’un bar nommé «Cigale». On pouvait y voir le «skyline» au loin et c’était magnifique.

Je m’en suis toutefois voulu toute la journée de ne pas avoir amené le chargeur de ma «bonne» caméra. Je l’avais laissé dans ma valise que je ne récupérais qu’en Afrique du Sud. J’ai manqué de batterie et j’ai dû prendre ma «deuxième» caméra, ma «non professionnelle» pour les paysages de nuit. Ça me fâche!

Mais voilà quand même le résultat :
Le reste des aventures à Doha, c'est à suivre!

mercredi 2 mars 2016

Escale à Doha et compliment douteux

Ça y est. Mon aventure africaine est officiellement commencée!

Avant de me rendre à ma destination finale, qui est Cape Town en Afrique du Sud, j’ai volontairement pris une très longue escale à Doha, au Qatar, pour visiter cette ville. Après tout, quand aurai-je la chance de le faire à nouveau?

Donc après un long vol de 12 heures qui faisait la liaison entre Philadelphie et Doha (le genre de trajet aérien que je n’aurais jamais pensé faire dans ma vie!) et au cours duquel je n’ai absolument pas réussi à dormir – trop de choses en tête, il faut croire – je suis arrivée à Doha.

Au début, j’avais fait des petites recherches et j’avais vu que l’aéroport offrait des visites guidées de la ville gratuitement aux voyageurs qui faisaient une escale de sept heures ou plus. J’avais prévu faire ça, mais ça ne durait que deux heures et finalement, grâce à Facebook, j’ai découvert que l’ami d’une amie venait d’emménager à Doha et donc c’est lui qui m’a servi de guide une bonne partie de la journée.

Problème vestimentaire


Mon premier constat en arrivant à l’aéroport : «Eh merde. Je suis au Moyen-Orient». C’est quoi le problème? C’est que qui dit Moyen-Orient dit aussi «fille plus habillée qu’en Amérique du Nord», mettons. Et moi, je n’ai pensé qu’à la température en faisant ma mini valise qui me servirait là-bas. Des trucs pour me changer et prendre une douche, c’est pas mal tout ce que j’ai mis dedans. Donc, je n’avais qu’une paire de shorts et une camisole. Et une paire de leggings que j’avais juste hâte d’enlever après avoir passer tout ce temps en avion dedans. Bravo, championne.

Heureusement, une histoire de lavage pas sec parce que fait trop rapidement avant de partir de Montréal a fait en sorte que j’ai aussi mis deux paires de jeans dans ce bagage à main. Une maudite chance. Parce qu’à mon arrivée, j’ai demandé à mon nouvel ami Efram si je devais m’habiller «en long» pour ne pas avoir de problème. Il m’a confirmé que tant que ça m’arrivait sous les genoux, c’était correct. Merde. Alors malgré les 25 degrés et le gros soleil, je n’ai eu d’autre choix que de porter mes jeans. Pour le haut, il fallait bien que j’aie avec moi la seule camisole qui était légèrement décolletée que j’avais dans tous mes bagages. On voit ce que ça donne quand on fait ses bagages à la dernière minute! Seul point positif, elle n’était pas à bretelles spaghetti (des mini bretelles pour les gars qui ne portent pas ça ;) ).

Je suis donc partie de chez mon ami, qui était parti travailler, beaucoup plus tard que ce que j’aurais voulu. Disons que ma sieste s’est vraiment étirée… J’ai dû «snoozer» une bonne vingtaine de fois. Je n’avais pas d’argent qatari, alors Efram m’avait dit qu’il y avait un café au coin de la rue, avec le wifi et un guichet ATM. C’est donc vers là que je me suis dirigée. Après m’être fait klaxonnée plusieurs fois – et m’être sentie super mal à l’aise dans mes vêtements, il va sans dire! – je suis enfin arrivée au café. Premier guichet : hors service. Pas grave, il y en a un deuxième. J’y insère ma carte; il ne la reconnaît même pas. Il n’y a rien à faire. Je retourne au café et me commande un sandwich. C’était la seule façon d’avoir le code du wifi. Je demande si je peux payer avec ma carte de crédit et on me répond : «Notre machine est brisée. C’est comptant seulement». Arghhhh. On laisse faire la sandwich.

Après avoir demandé à trop de gens qui n’avaient aucune espèce d’idée où trouver un foutu guichet fonctionnel, j’ai arpenté cette rue très «locale» avec une tonne de magasins douteux – dont à peu près 231 qui réparaient des cellulaires. Je trouve un bureau de change. C’est parfait, ça! La dame me dit qu’il faut de l’argent comptant pour pouvoir changer, mais qu’il y avait un guichet à la porte suivante. Et devinez quoi? Il ne fonctionnait pas avec ma carte celui-là non plus! Oh que je commençais à être découragée.

J’ai dû marcher finalement quelques kilomètres avant d’en croiser un quatrième qui, Dieu merci, m’a permis d’enfin avoir de l’argent sur moi. Avec tout ça, je n’avais pas mangé. Mais je n’avais plus vraiment le temps de le faire. Il fallait que je me dirige rapidement vers l’arrêt d’autobus de type hop-on hop-off pour ma visite guidée. J’ai donc réussi à attraper rapidement un taxi – et à le convaincre de partir le «meter» comme m’avait dit de le faire mon ami.

Arrivée à Souq Waqif, un genre de marché, la dame du bus me dit que le prochain passe dans 25 minutes. J’ai donc le temps d’aller voir un peu ce qui se passe à l’intérieur. Le problème, c’est que pendant environ deux heures l’après-midi, tout est fermé. Je ne sais pas si c’était l’heure de la sieste (comme on peut voir un homme dormir paisiblement ici) :
Ou encore parce que c’était l’heure de la prière. Mais tout ce qui était ouvert, c’était les animaleries. Comment les décrire… C’est exactement comme chez nous, mais avec environ 100x plus d’animaux par cage. Et on m’a dit qu’on pouvait y trouver à peu près n’importe quel animal. Ça ne m’aurait même pas étonnée si j’avais pu repartir de là avec une tortue Galápagos ou même un tigre blanc…
 

Merci pour le… «compliment»!?


En me dirigeant à nouveau vers l’arrêt de bus, un gars m’a abordée alors que je prenais en photo cette scène digne d’un film de Hitchcock.
En mode flirt pas du tout subtil, il m’a rapidement dit que j’étais une «beautiful white girl». Eh ben. C’est le fun que tu précises ma couleur, mais je ne sais pas trop comment réagir. Alors j’ai juste ri et répété ces paroles, tout en continuant à marcher. Mais il était collant et m’a suivie jusqu’à ce que je dise que je devais aller prendre le bus.

- Est-ce que je peux avoir ton numéro de téléphone?
- Euh, non. De toute façon, même si je te le donnais, il ne fonctionne pas ici!

Oh qu’il était déçu. Mais bon, on s’entend que peu importe le coût des forfaits, ça en prend plus qu’un «t’es une belle fille blanche» pour avoir mon numéro!

Il était déjà plus de 16h et je n’avais même pas commencé mon tour d’autobus. C’est ce qu’on appelle un léger retard sur l’horaire. Mais bon, je me suis juste rapidement adaptée à leur mode de vie, car la ponctualité ne fait pas du tout partie de leurs mœurs à ce qu’on m’a dit! Je vous en donnerai quelques exemples dans mon prochain billet, car celui-ci commence à être un peu long!
Au programme la prochaine fois, je vous ferai visiter virtuellement Doha, avec en prime, quelques «fun facts».


À bientôt!