dimanche 19 mars 2023

Pas si reposant que ça, aller à la plage…

« Vas-tu aller te reposer un peu sur la plage au moins, pendant ton voyage? » m’a-t-on demandé à quelques reprises. Mes premières journées étaient consacrées au travail et les dernières au tourisme. Je m’étais gardé le dimanche pour la plage. J’ai beau être en République dominicaine, je ne suis pas dans un tout inclus et donc pas à deux pas de la plage.

Un Québécois qui réside à Saint-Domingue m’a dit que ça valait la peine d’aller à Boca Chica, une plage de sable blanc à une trentaine de kilomètres du centre-ville, d’autant plus que les Uber ne coûtent pratiquement rien ici.

C’était donc ma mission de la journée. Je suis passée par un supermarché, un genre de Walmart, pour m’acheter un sac de plage et une serviette de plage. J’avais fait l’erreur de ne rien avoir de ça en Grèce, où mon amie avait dû partager sa déjà petite serviette avec ma tête et où ma sacoche absolument pas de plage m’avait fait avoir l’air d’une touriste débutante et pas à peu près.

Bref, j’ai trouvé ce que je cherchais, mais ça m’a quand même coûté cher (un peu plus d’une cinquantaine de dollars). À ce prix-là, je vais tenter de « tougher » plus longtemps que d’habitude sur la plage. Ne rien faire pendant que je cuis, ce n’est pas dans mes activités préférées. J’ai pensé à apporter mon livre, alors c’est déjà ça. Il me restait à peu près le quart à lire alors je savais que c’était le maximum de temps que je pourrais endurer ma vie de lézard.

Avant de m’y rendre, j’ai visité le phare de Christophe Colomb, qui a plutôt l’air d’un temple et pas du tout d’un phare, dont je vous parlerai une autre fois. Parce que vous l’imaginez bien, une activité somme toute assez simple comme aller à la plage, avec moi, ça ne peut pas être facile!

Je commande un Uber à partir du phare et le coût est d’environ 17 CAD. À peu près à mi-chemin, on croise un poste de péage. Parenthèse, l’application Uber m’a envoyé un message parce qu’on était à l’arrêt depuis un bon moment et ça me proposait plusieurs options, dont celle d’appeler le 9-1-1. C’est très rassurant de savoir que cette fonction existe!

J’essaie de demander au chauffeur si je paie ou s’il paie. Il finit par me dire que c’est inclus, mais je ne sais pas à quel point on s’est bien compris. Mais bon, c’était environ 1,50 CAD. Il en profite pour prendre son application de traduction (pas super bonne) pour m’expliquer qu’il n’est pas content d’avoir accepté ce parcours parce que ce n’est pas rentable et que les chauffeurs le refusent d’habitude. Je lui dis merci et lui dis que je lui rembourserai le péage.

Une fois à destination, je réalise que je ne suis pas exactement là où je voulais être. J’avais entré l’adresse d’un restaurant sur le bord de l’eau, mais ça ne ressemble pas à ça une fois sur place. Je lui dis que je veux aller à la plage et il lâche un soupir de découragement parce que la course est terminée, mais qu’il continue pendant un gros deux minutes pour me montrer le chemin vers la plage. Je lui donne un pourboire équivalent à 50% de la course pour le dédommagement et je n’ai même pas droit à un merci ni un sourire. On repassera pour la courtoisie!

Je débarque et tout de suite, je ne me sens pas du tout à ma place. On est dimanche, c’est la journée de congé des locaux et ils sont des centaines à la plage. J’ai tellement pas rapport là! Je suis la seule touriste, surtout si je me fie à ma couleur de peau. Je me fais accoster tout de suite par un gars qui semble travailler là (ils sont plusieurs à avoir des chandails « officiels ») et il me guide vers la plage. Sauf qu’en fait, c’est un gars qui était probablement payé par un des nombreux restos sur la plage pour attirer des clients. Je m’assois (j’ai ben de la misère à dire non, c’est un gros défaut chez moi) et il me donne le menu, mais je n’ai pas assez d’argent comptant sur moi pour payer. Évidemment, ils ne prennent pas la carte. Je me dis que je vais prendre un drink et partir pour avoir la paix. J’ai commandé sans voir le prix et oh, surprise, c’était ridiculement cher. Mais bon, j’ai payé, bu mon drink et pris mon courage à deux mains pour marcher sur la plage dans le but de trouver un endroit un peu plus touristique.

Je marche le long de la plage, en ignorant le plus possible les nombreuses personnes qui veulent m’attirer dans leur resto ou me vendre un massage. Je dois m'entraîner à dire non si je ne veux pas me ruiner!

Mais… j’ai faim. Plus loin, alors que ça semble un peu plus « endroit legit qui prend les cartes de crédit », je m’arrête et le serveur me dit qu’ils prennent Visa. En fait, je sens beaucoup de jugement quand je dis que je n’ai pas de Visa, mais une Mastercard. Il me propose de m’accompagner au guichet pour que je retire des sous. Ça devient une manie de me faire accompagner pour ça ou quoi? Mais bon, il y a un gardien de sécurité avec un genre de AK-47 juste à côté. Pas sûre que quelqu’un va essayer de m’attaquer.

Ma carte ne fonctionne pas – en anglais ou en espagnol – et j’abandonne. Le gars est déçu, mais hé, c’est la vie. Je continue à marcher pour trouver un petit spot où m’installer. Et manger la pomme que j’ai volée au buffet à déjeuner quelques jours plus tôt qui me servait de nourriture en cas d’urgence.

Je ne sais pas combien de temps j’y ai passé, mais j’ai fini mon livre et je sais que j’ai eu chaud! J’en ai eu assez et je suis allée marcher sur une rue un peu plus haut, où il y a des hôtels. J’ai trouvé un restaurant qui avait l’air beaucoup mieux que ceux sur la plage et où mon mojito et mes pâtes m’ont coûté environ le même prix que mon drink du début de la journée…

J’appelle un Uber pour retourner à Santo Domingo. Le premier annule. Le deuxième m’appelle et tente de m’expliquer quelque chose, mais la ligne coupe tellement que je ne comprends rien. Je me dis que ç’a à avoir avec le péage. Une fois devant moi, il me dit qu’il ne veut pas faire le trajet avec l’application, afin que je le paie plutôt comptant. Euh… non merci. Il me demande 30 USD. Pour avoir aucune trace de mon trajet? Je ne suis pas conne. Je lui dis de partir. Il annule et Uber m’envoie automatiquement un autre chauffeur. Pendant ce temps, un vieil homme (qui ressemblait beaucoup trop au personnage de Earl dans 2 Broke Girls!) vient me voir et m’explique que je ne dois absolument pas accepter les Uber et que dans ce quartier, ils s’essaient tous pour ne pas utiliser l’app et que ce n’est pas sécuritaire. J’avais remarqué, Sherlock. Je lui dis qu’un autre s’en vient et que je vais lui demander. Même chose, c’est cash ou rien. Il annule et je m’empresse d’annuler à mon tour la demande. Le bon samaritain me dit qu’il va me conduire au stand à taxi, où les prix sont déterminés et où je peux prendre une photo du stand, des infos de la compagnie et du permis de mon chauffeur. Il était vraiment gentil. Je n’étais plus super sympathique à cause des annulations et du mini stress de pouvoir rentrer à l’hôtel en plus de la fatigue due au soleil. Il m’a dit qu’il faisait ça pour m’aider et qu’il ne voulait pas d’argent en retour. Je prends finalement un taxi, sachant que la facture sera plus salée, mais que je vais aussi arriver en un morceau. C’est le prix à payer!

Bref, 45 USD plus tard, j’étais à ma chambre. Avec un coup de soleil là où j’ai mal appliqué la crème solaire, évidemment et surtout… plus aucun effet bénéfique du peu de repos que j’ai tenté d’avoir à la plage!

Je vous laisse sur l’image de cette épave pour laquelle je n’ai absolument… aucune information!




samedi 18 mars 2023

Du trafic, des chips et des trottoirs troués

Je passe quelques jours dans la capitale de la République dominicaine, Saint-Domingue, et j’ai pensé vous faire part de quelques-unes de mes observations, dont probablement certaines plus inutiles que les autres!

Une des premières choses qui frappent, c’est le trafic. Les embouteillages, c’est la norme. Un trajet de quelques kilomètres peut facilement prendre une heure alors il faut prévoir ses déplacements! Heureusement, les prix Uber sont prédéterminés et ne sont vraiment pas chers ici!

Malgré toute cette densité automobile, j’ai été très surprise de constater qu’il y a très peu d’intersections avec des arrêts. Pour les traverser, il faut donc jouer du coude et s’imposer s’il y a beaucoup de voitures ou encore les traverser en klaxonnant si on est sur son erre d’aller. Quant aux feux de circulation, ils semblent pas mal facultatifs pour les motos. Et des motos, il y en a une tonne! Il faut vraiment être prudent en traversant la rue, même sur une lumière verte.

Il n’y a pas que les motos et les voitures qui sont dangereuses… les trottoirs eux-mêmes le sont! Une maudite chance que je ne suis plus en trottinette avec une jambe dans le plâtre, parce que je n’aurais jamais survécu. Les trottoirs sont bordés de crevasses – des canyons! – d’au moins un pied de large et tout aussi creux. Je sais que c’est pour évacuer l’eau, mais il faut les enjamber ces énormes trous! (Et je vous confirme que les photos ne rendent pas justice à la béance du trou!

 

Sans oublier, les véritables trous, comme celui-ci :

 

J’ai vu une petite exposition de photos, mais j’avoue que je suis un peu perplexe. Mon sens artistique ne doit pas être si développé parce que l’objectif de la collection, c’est de représenter le flou, alors que moi, si mes photos sortent comme ça, je les considère ratées. Mais bon, on ne juge pas l’art!

 
 

J’ai croisé plusieurs passants qui trimballaient leur cargaison directement sur leur tête. Ce n’est pas la première fois que je vois ça, mais ça n’en demeure pas moins impressionnant :


 

J’adore essayer les nouvelles saveurs de chips, surtout les Lay's, un peu partout dans le monde. Ici, il n’y en a que deux spéciales, mais j’y ai goûté et elles sont bonnes toutes les deux : fromage blanc et lime. Rien ne bat toutefois la saveur de tzatziki en Grèce... J'en rêve encore!

Avoir les vitres teintées, c’est bien beau, mais que faire si elles sont si foncées qu’on ne voit pas son miroir? Pourquoi ne pas tout simplement ajouter un trou avec le logo d’Apple?

Je loge devant un centre d’achats que l’on peut qualifier de très haut de gamme, avec des boutiques Rolex, Louis Vuitton, etc. Comme c’est juste de l’autre côté de la rue et que je ne veux pas trop m’éloigner le soir, je suis allée souper au Hard Rock Café à ma première soirée. Ce n’est pas la première fois que je vais dans cette chaîne et je sais que si on paie un extra, on peut repartir avec notre verre. Ce n’est évidemment pas mon intention cette fois, trop de chances de le briser dans la valise et aussi pour la très bonne raison que je n’en ai pas besoin.

Quand le serveur m’apporte la facture, je remarque qu’il a mis le prix pour le verre. En CAD, ça monte à… 23$. Bel essai, mon gars. Il a fait le saut quand je lui ai dit en espagnol que je ne voulais pas payer pour le verre! Le gérant est même venu confirmer que je ne le voulais pas. À ce prix-là, je pourrais quasiment me payer un ensemble de verres en cristal, alors non merci.

Il y avait sur le menu un burger gigantesque, qui n’est pas exagéré du tout :

Aucune chance que je commande ça!

Charlot n’est pas avec moi, mais je l’ai quand même vu à la pharmacie. Il m’avait caché qu’il était devenu mannequin pour du shampoing pour chiens, le petit coquin!

Je vous ai parlé un peu plus tôt de mon tour en téléphérique, mais voici quelques autres remarques sur ce qu’on a pu voir du haut des airs. Certains ont peint leur toit, comme ceux-ci :

 

D’autres se sont fait des terrasses… avec les moyens du bord! Pourquoi pas?

Il y a pas mal d’endroits où déposer son recyclage, mais je ne sais pas à quel point c’est bien fait par la suite – ce n’est pas parfait au Québec, alors dans un pays un peu moins aisé… - mais j’ai pu voir un centre :

J’ai ri (jaune!) quand j’ai vu ces livres dans une épicerie. C’est écrit « Femme 2000 » dessus, mais on s’entend que ça fait très années 40-50 avec femme dans la cuisine! Je ne peux pas croire que ça se vende encore.



jeudi 16 mars 2023

Premières impressions dominicaines

Si vous avez suivi mes dernières péripéties aériennes, vous savez que je me trouve présentement à Santo Domingo - ou Saint-Domingue puisque je suis ici dans le cadre du Mois de la Francophonie! - en République dominicaine! Mine de rien, c’est mon… 46e pays! C’est clair que j’ai le « 50 » dans ma mire!

Je ne suis pas ici pour les plages et les tout inclus, mais bien pour le travail, en quelque sorte. Cela ne m’empêche évidemment pas de visiter la ville entre deux conférences. À ma première journée, on m’avait conseillé d’aller prendre le téléphérique, qui sert en fait de transport en commun. Il passe au-dessus de ce qui pourrait se comparer aux favelas de Rio, dont je vous avais parlé ici il y a une dizaine d'années. Il y a quelques stations et les gens se rendent au travail par ce moyen de transport. Avouez que c’est vraiment très cool.

La station la plus près était à quelques kilomètres, mais je ne voulais pas vraiment prendre le métro. D’une part parce que je suis seule et que je n’aime pas trop prendre les transports en commun dans des pays un peu moins riches, disons ça comme ça, et d’autre part parce que les Uber ne coûtent à peu près rien. Je me suis donc rendue au terminal Gualey et en me présentant à la billetterie, j’apprends qu’ils ne prennent que l’argent comptant. L’affaire, c’est que j’ai un peu oublié ce que c’était que de voyager dans ce genre de pays puisque dans les dernières années, je suis allée dans des pays où je n’ai jamais vu leur monnaie et où j’ai payé exclusivement avec mon cellulaire. Alors comme une débutante, je n’ai pas pensé à retirer un peu d’argent. Il n’y a pas de guichet à la station et la jeune fille au comptoir me dit vaguement que je dois aller « par là ». Je regarde sur Google Maps pour trouver un ATM près et ceux qui s’affichent sont quand même à une pas pire distance de marche et j’ai compris lors de mon passage en Uber que ce n’était peut-être pas l’idée du siècle de m’y rendre. Mais la fille jase avec un gars qui se propose pour m'accompagner au guichet. Normalement, je ne suivrais pas un inconnu pour aller retirer de l’argent, mais il y a une tonne de policiers et d’agents de sécurité autour, alors je lui ai fait confiance. En traversant de l’autre côté de la rue, il m’a demandé pourquoi j’étais seule dans la ville. Ça lui semblait complètement insensé.

Il m’a menée à deux guichets dans ce qui semble être une station de métro. Il y a également un gardien de sécurité tout près, alors je n’ai pas peur de me faire dévaliser. J’essaie le premier, ça ne fonctionne pas. Le deuxième, même chose. J’essaie avec ma carte de crédit avec les deux, échecs. Je réessaie jusqu’à me dire que ça ne fonctionne pas et que je serais mieux de juste retourner à l’hôtel – qui est dans un quartier huppé – et de retirer des sous avant de revenir. Mais le gardien de sécurité vient à ma rescousse et me demande de refaire la transaction, mais de choisir l’espagnol au lieu de l’anglais. Je n’avais pas pensé à ça. Premier essai, ça fonctionne! Sauf que je n’ai pas pris le temps de regarder la conversion et comme je ne voulais pas avoir trop d’argent sur moi, j’ai retiré 200 pesos.

L’équivalent de… 5 CAD. Avec les frais du guichet, ça me coûte 10 CAD, à quoi je dois ajouter les 5$ de frais de ma banque. Bravo! Mais bon, j’ai de l’argent comptant, je suis encore en vie et le bon samaritain me reconduit à la billetterie où je paie mon billet pour l’équivalent de 0,88$. Ah et au passage, le gars m’a évidemment demandé si j’étais mariée, ce à quoi j’ai répondu oui pour couper court à ses espoirs! Je n’avais pas remarqué, mais il a embarqué dans la même cabine que moi. Au début, je trouvais ça un peu bizarre, mais il en a juste profité pour s’assurer que je n’allais pas débarquer du téléphérique pour aller visiter les quartiers. Il a quitté à l’arrêt suivant, me confirmant que c’était vraiment juste un gentil garçon.

J’avoue que je me sentais un peu mal de photographier les paysages du haut des airs alors qu’il y avait des résidents à même la cabine. Je ne voulais pas qu’ils pensent que j’étais une « riche blanche qui prenait des photos de la pauvreté pour se réjouir ». 

Je sais que les quartiers qu’on survolait ne sont pas les plus riches et les plus sécuritaires, mais je ne sais pas pourquoi, je les trouvais quand même beaux, avec leurs écoles colorées, la musique qu’on entendait de là-haut, le chant des nombreux coqs et les couleurs. Même le fait de voir les vêtements étalés sur les toits pour sécher, ç'a son charme! Au retour, j’étais seule dans ma cabine malgré les quelques arrêts, alors je me suis sentie plus à l’aise de prendre des photos

 

À ma sortie, j’ai voulu appeler un Uber, mais la station n’est pas super bien placée pour qu’une voiture s’y arrête. J’étais sur le trottoir quand un policier est venu me chercher – après que trois hommes m’aient dit de cacher mon téléphone en quelques secondes à peine – pour me dire de me cacher derrière la colonne pour l’utiliser. Sauf que gérer l’arrivée d’une voiture Uber dans une intersection qui n’en est pas une, ça ne se fait pas en étant à l'abri de tous les regards.

J’ai réussi à embarquer dans la voiture et durant tout le trajet, qui était très long puisque la circulation est épouvantable dans cette ville, le chauffeur a utilisé une application pour m’expliquer à quel point c’est dangereux et que je ne devrais pas me promener seule.

Mais bon, j’ai vu neiger. Je sais reconnaître les dangers et je ne me mets pas dans des situations impossibles. Quand j’ai raconté tout ça aux membres de l’Ambassade qui s’occupent de moi, ils étaient rassurés que j’aie été si protégée! On m’a aussi expliqué qu’ici, c’est quand même très « macho » et que pour eux, une femme qui se promène seule, ça n’a pas de sens et ils se doivent de la prévenir et la protéger.

Bref, une première journée plutôt intéressante en République dominicaine!


mercredi 15 mars 2023

Pas facile de se rendre à Santo Domingo!

J’ai eu l’immense honneur d’être invitée par l’Ambassade du Canada en République dominicaine pour parler de mon parcours professionnel dans le cadre du mois de la Francophonie. On s’entend que c’est une occasion impossible à refuser!

J’ai choisi de prendre mon vol à partir de la Floride pour y passer un peu de temps avec mes parents avant et après – et aussi me rappeler ma vie de Snowbird, que j’aurai mise sur pause pour seulement un mois – et aussi permettre à mon petit Charlot de se faire garder par mes parents, qui le gâtent encore plus que moi, si c’est possible.

On m’a donc réservé un vol à partir de Miami, qui se trouve à environ une heure de voiture de notre condo. J’ai opté pour le train qui se rend directement à l’aéroport puisque c’était beaucoup plus simple. J’ai essayé de faire mon enregistrement en ligne avant de partir, mais sans succès. Pas grave, me dis-je, je vais tout simplement le faire à mon arrivée. Si seulement j’avais su…

Toute naïve et certaine que ce n’est qu’une formalité, je me présente au comptoir. Le trajet a pris un peu plus de temps que prévu et j’étais bien dans les temps pour un vol normal, surtout que je n’avais pas de bagage enregistré, mais j’ignorais complètement un détail. Un pas pire gros détail, mettons. Pour entrer en République dominicaine, il faut remplir un e-ticket. L’information ne s’était pas rendue à moi et c’est pour ça que je ne pouvais pas m’enregistrer. Pas grave, je me suis dit que je n’ai qu’à le remplir en ligne avec mon téléphone. Cette partie-là est un peu longue, mais ça se fait bien. Le hic, c’est qu’à l’autre bout, il faut qu’un employé de la République dominicaine approuve ta demande, même si c’est une formalité, et te renvoie un code QR. Pas de code, pas de check-in.

J’envoie la demande, j’ai la confirmation de traitement, mais j’attends. Ça me semble interminable et j’ai peur que mon vol se ferme! Heureusement que j’ai réussi à tout faire entrer mes livres et mes vêtements dans mon bagage à main, sinon c’est certain que je n’embarquais pas dans cet avion. Après de longues minutes de plus en plus angoissantes, je reçois enfin ce petit code que je ne fais que montrer à l’agente au comptoir. Avoir su, j’aurais montré n’importe quel code qui lui ressemble parce qu’il n’a pas été numérisé ni regardé de près. Je cours à la sécurité où la ligne déborde dans le terminal. Selon mes calculs, il me reste environ une heure pour me présenter à ma porte. Ça se fait, mais faut pas que ça niaise!

Heureusement, une employée a fait honneur à la chanson de Céline Dion « Les derniers seront les premiers » en mentionnant aux personnes à la fin de la file, dont moi, que l’autre poste de sécurité était complètement vide et que même si on partait du Terminal D, on pouvait passer par le E puisqu’ils connectaient de l’autre côté. Je me mets donc à marcher vite vers cet autre point de sécurité qui est finalement pas mal loin. Mais elle avait raison, il n’y a personne et je passe rapidement. Il faut toutefois remarcher la distance pour revenir dans la bonne section de l’aérogare. Une bonne marche, mettons. Le vol a été retardé d’une quinzaine de minutes et je suis arrivée environ une demi-heure avant le début de l’embarquement. Mais bon, courir dans un aéroport et être stressée sans manquer mon vol, j’ai l’habitude!

L’embarquement se fait sans anicroche et l’avion s’aligne sur la piste, prêt à décoller. On prend de la vitesse quand soudainement, les pilotes appuient sur les freins. En bon québécois, ils « fourrent les breaks » solide. Je me dis d’abord que j’espère que ce n’est pas une autre collision  catastrophe évitée de près dans un aéroport américain… Les gens ont l’air de paniquer un peu, mais je ne m’en rends pas trop compte. Il faut bien que mes deux années comme agente de bord servent à quelque chose! Un rejected takeoff, j’ai déjà connu ça! Mais jamais aussi sec et jamais dans un avion commercial dans un aéroport très, très achalandé. Le capitaine annonce qu’on doit sortir de la piste pour procéder à la vérification des freins, ce qui est tout à fait normal.

Je comprends toutefois que la situation est potentiellement un peu plus grave quand je réalise qu’on est entourés de camions de pompiers, qui sont là au cas où nos pneus prendraient en feu. Super rassurant! Mais bon, ça ne sent pas le brûlé, c’était au moins ça de pris. On nous annonce qu’on doit retourner au terminal pour que la maintenance vérifie l’avion, mais que ça devrait prendre une quinzaine de minutes et qu’on devrait pouvoir repartir.

 

Quelle mauvaise estimation de temps! D’abord, la maintenance n’était visiblement pas prête à intervenir sans préavis parce qu’on l’a attendue une bonne heure. L’air conditionné d’un avion au sol les moteurs éteints, ce n’est pas ce qu’il y a de plus rafraîchissant, alors les agents de bord distribuaient de l’eau. Ce n’était pas si pire comme situation. 

Tout à coup, je vois ça de mon hublot :

Je ne regardais pas dans les minutes précédentes, alors je n’ai aucune idée de ce que c’est, mais une grosse fumée noire comme ça, à côté d’un aéroport… Pour une fille qui a vu beaucoup trop d’épisodes de Mayday pour une personne saine d’esprit, ça fait évidemment penser à une tonne de scénarios. Heureusement, j’ai appris que c’était une structure abandonnée et pas un avion. Fiou!

On nous annonce finalement que l’avion est hors service et qu’un nouvel appareil nous attend à une autre porte – à l’autre extrémité du terminal, là où j’avais passé la sécurité plus tôt. Mais comme on est encore plus loin, il faut prendre le skytrain. À la deuxième station, le train ne repart pas. Il est… hors service! Mais bon, il y en a un autre, alors on s’entasse dans le deuxième. Une fois au nouvel avion, après un délai raisonnable, on procède à l’embarquement.

Le capitaine nous annonce qu’on attend seulement que les derniers bagages soient transférés et que la porte-cargo se ferme pour partir. Mais… 15 minutes plus tard, on entend : « Vous savez, on a des temps à respecter et malheureusement, mon premier officier n’a plus assez de temps à son duty pour faire le vol. On doit trouver un autre pilote ». Eh ciboire.

Je sais ce que c’est et je sais aussi qu’il n’y a pas un pilote qui habite dans le terminal, prêt à remplacer à tout moment. Ça va être long avant qu’il arrive. Surtout qu’ils ont eu de la misère à en trouver un. Si bien qu’il a fallu… débarquer à nouveau! Rendu là, c’était quasiment drôle. En sortant, je demande à la directrice de vol si le duty du capitaine et du reste de l’équipage « a du lousse » et elle me rassure en me disant qu’ils en ont suffisamment pour partir le soir même. On ressort de l’avion pour retourner dans le terminal qui ne regorgeait pas d’offre alimentaire, mettons. Le vol étant prévu à l’origine à 15h et repoussé de cinq heures jusque-là, les gens commencent à avoir faim. J’avoue que j’ai trouvé ça un peu ordinaire que la compagnie aérienne ne nous offre pas de coupon pour la nourriture…

Pour le troisième embarquement, c’est le capitaine lui-même qui a pris le micro à la porte pour s’excuser et nous dire que son copilote s’en venait et donc qu’on allait embarquer une dernière fois dans l’avion pour être prêts à son arrivée. Il a vraiment été génial. Les passagers aussi, je dois l’admettre. Personne n’a pété de coche, tout le monde est resté poli et calme et je ne pense pas que j’aurais vu ça sur un vol avec une tonne d’hommes d’affaires qui partaient en réunion à New York!

On a fini par décoller avec six heures de retard et les agents de bord nous garrochaient quasiment toutes les collations qu’ils avaient à bord!

Mais bon, l’important, c’est que je me suis rendue à temps pour mon premier événement qui avait lieu très, très tôt le lendemain (ou le matin même vu que je suis arrivée à ma chambre après minuit!)