mardi 11 juillet 2017

Une grosse maison hantée? Un parc d’attractions abandonné?

Avant de partir pour la Russie, j’ai cherché sur Google «cool things to do in Moscow». J'ai trouvé un blogue qui parlait d’un deuxième Kremlin, encore plus beau que le premier. On disait même que le vrai ne valait pas la peine et proposait de seulement visiter celui-là. En plus, écrivait-on, il y a un petit marché où on peut acheter des souvenirs vraiment moins chers qu’à la place Rouge.

Le nom? Izmailovsky Market. Il n’y avait aucune mention de cet endroit dans mon guide, mais j’ai voulu y aller quand même. C’était à une quarantaine de minutes en métro. Une bonne heure dans mon cas vu que j’ai raté l’entrée du métro et que j’ai dû emprunter une autre ligne et figurer comment changer et aller dans la bonne direction. C’est que Google Maps donne les noms des stations en anglais, alors que les seuls endroits où on peut lire l’anglais et le russe est… dans les wagons. J’ai souvent été capable de me débrouiller en essayant de reconnaître les mots, mais cette station ne se lisait pas du tout de la même façon dans les deux langues (Partizanskaya et Партизанская).

En arrivant, je constate que c’est un endroit qui, comme le dirait François Pérusse, semble avoir les caractéristiques d’un «pas ouvert». C’est que la rampe qui a l’air d’y mener ressemble à ceci :
Il y a un passage par la gauche, sans trottoir, dans de la garnotte avec quelques obstacles à enjamber, mais je ne suis pas la seule qui emprunte ce chemin, alors j’y vais. Je découvre alors une espèce de grosse construction assez difficile à décrire. En fait, comme il ne semble pas y avoir d’humains à l’intérieur – parce qu’on dirait que c’est juste habité par des fantômes – ça donne un air assez creepy merci.

Puis j’arrive dans un grand stationnement vide où il y a, à la gauche, des petits marchands qui vendent des cossins inutiles. Des valises, des chapeaux, des «cases» de cellulaire… À peine quelques souvenirs. Je dis ça de même, mais leur chiffre d’affaires ne doit pas être très élevé.
Au loin, je vois une rampe qui mène à ce grand parc «abandonné», loin de tout. Il y a quelques personnes qui s’y dirigent, alors je me lance. Mais le stationnement est vide, à part peut-être deux autobus qui ont juste l'air d'y être tombés en panne. 

On retrouve des fleurs sur la longue rampe, ce qui signifie que tout n’est pas mort dans ce coin. 
Puis on arrive en haut où une porte s’ouvre sur ça :
 
Il y a des petits commerces partout, mais ils sont cachés derrière des portes closes. Il y a un piano sur une scène décorée comme dans un mauvais film d’horreur et des gens s’amusent à y jouer. On dirait un parc d’attractions… sans manèges.

Ce qui a de plus étonnant dans tout ça, c’est que… c’était beau! Je n’ai pas escaladé l’installation du milieu. On ne sait jamais, c’était peut-être un labyrinthe d’où on n’en sort jamais!

On y annonçait plusieurs musées, dont celui de la torture, avec cette voiture à l’avant.
Je n’y suis pas entrée, évidemment! (Toujours traumatisée par Chucky…)

Si jamais vous vous cherchez un endroit pour vous marier… vous pouvez le faire là! Quétainisme garanti, j’en suis certaine!
Pour ce qui est des souvenirs, c’est vrai qu’ils sont moins chers. J’en ai acheté quelques-uns, puis je suis repartie. Je suis contente d’avoir découvert ça, même si je me demande encore si c’est voué à l’abandon ou si c’est en pleine construction. Pas clair tout ça!

lundi 10 juillet 2017

L'art de se tenir éveillée (ou pas) à l'opéra

J’ai vu des belles villes dans ma vie, mais je dois vous avouer que Moscou se classe dans les tops. Je m’attendais à ce que ce soit beau, mais c’est encore mieux!

Je suis arrivée très tard samedi soir – une heure pour passer les douanes alors que j’aiguisais ma patience entourée de vieux touristes français et plus d'une heure de bus/métro/marche –, mais je suis tout de suite allée voir la place Rouge, parce que ça faisait des années que j’en rêvais.

Mon hôtel est tout près, alors j’ai déposé mes trucs en vitesse, je me suis changée et je me suis dirigée vers la cathédrale Saint-Basile-le-bien-heureux. Je dois admettre que j’ignorais totalement son nom avant mon voyage! Quand je l’ai vue à travers le porche … j’en ai eu les larmes aux yeux. Bon, d’accord, c’est probablement plus dû à la fatigue qu’à l’émotion, mais quand même!

 La voici de soir et de jour.

Elle est plus que magnifique. Je la croyais plus imposante par contre, mais elle est belle, ça n’a aucun sens. Elle a été construite sous les ordres d’Ivan le Terrible, qui porte assez bien son nom merci. À la fin de la construction, il a demandé aux architectes s’ils seraient capables d’en refaire une autre. Espérant se faire engager à nouveau, ils ont dit oui. Résultat? Ivan le Terrible aurait ordonné qu’on leur crève les yeux, pour ne pas qu’une telle merveille soit reproduite. Charmant.

L’ironie dans tout ça, c’est qu’elle a été nommée en l’honneur de Saint-Basile, reconnu pour ses miracles, notamment ceux de… redonner la vue à des aveugles.

Au cours des deux journées suivantes, j’ai fait plusieurs files d’attente. Il faut être patient si on vient à Moscou… et aussi pratiquer l’art de faire des files sans savoir pourquoi on attend. Car les indications sont souvent bien loin après le début des files!
J’ai donc fait ma première pour entrer dans le mausolée de Lenine. Ça, c’est weird. Il a été embaumé et est exposé au milieu d’une pièce, dans une cloche de verre illuminée. Certains disent que son corps a en partie été remplacé par de la cire, mais les Russes le nient. J’ai donc attendu 45 minutes pour voir un mort (on ne peut pas prendre de photos) et des tonnes de pierres tombales, dont celle de Staline.

J’ai d’ailleurs eu un léger malaise quand ce père a pris son fils en photo, tout sourire devant cette tombe… 
Il y avait aussi Gagarine, mais je n’ai pas trouvé son nom en russe et il n’y avait aucune traduction!

Je voulais absolument aller voir un spectacle au fameux théâtre Bolchoï. J’avais vu sur leur site web avant de partir qu’il y avait un opéra le samedi soir. J’ai réservé… pour réaliser quelques jours plus tard que j'atterrissais le samedi à 17h. J'aurais été surprise d’arriver à temps. J’ai donc racheté un billet pour la présentation du dimanche après-midi.
Pour ne pas arriver en retard, j’ai dû quitter une file d’attente qui ne bougeait pas – j’ai su après que c’était pour l’exposition de diamants – pour me diriger vers le théâtre. Première déception : ce n’est pas la salle que je voulais, mais une autre, plus petite, dans le bâtiment en face. Bon. Ce n’est pas grave, ça reste un opéra à Moscou, ce qui est un must.

Le spectacle commence et je m’endormais, mais tellement! Je combattais le sommeil du mieux que je pouvais, mais je n’arrivais juste pas à suivre le spectacle. Les paroles étaient écrites en russe et en anglais au haut de la scène, mais la fatigue n’aidant pas, j’aurais eu besoin de mes lunettes pour ne pas voir tout embrouillé! Je cognais des clous. Je sais que je me suis endormie à quelques reprises. Mais chaque fois, je perdais encore plus le fil! Et c’était impossible de lire et de regarder les personnages en même temps. Je me suis dit «D’la marde, je pars à l’entracte». Mais ledit entracte n’arrivait pas. Je cherchais par tous les moyens de rester éveillée. J’ai même essayé de me pincer. Bravo championne, j’ai un bleu sur la jambe à cause de ma brillante idée. Continuer de suivre l’histoire? J'ai essayé puis... je suis tombée sur les paroles «son of a bitch!» Mais quelle sorte d’opéra est-ce que c’est ça?! Si j’ai bien compris, une fille doit choisir entre un prince et un autre gars, mais la fille, c’est une crisse de folle. Voilà un résumé de ce que j'ai saisi. Au bout d’une heure 45 minutes, sur une finale on ne peut plus weird, les lumières se sont allumées. Les gens applaudissaient poliment. Je ne savais même pas si c’était la fin ou un entracte. Mais si c’était la fin, c’était mauvaisd en maudit.

J’ai compris en sortant de la salle que ce n’était que l’entracte. Mais j’en avais eu assez! La musique et les chanteurs étaient bons par contre. Mais je pense juste que je ne dois pas aller voir un opéra quand je suis fatiguée. Je m’étais aussi endormie sur le Fantôme de l’opéra à New York alors que je rêvais de le voir depuis des années…

J’ai gardé le Kremlin pour ma dernière journée. Encore là, j’ai fait la file pour acheter mon billet. Je voulais aussi acheter une entrée pour la tour-clocher d’Ivan le Grand – je ne savais pas ce que c’était, mais dès que je peux monter quelque part, je veux le faire! –, mais ils ne vendent les billets que 45 minutes avant le tour et le suivant était une heure plus tard. J’ai eu du mal à comprendre alors la fille au guichet a légèrement perdu patience. Avec le son de son haut-parleur, c’est comme si elle me criait après. J’ai déjà connu une meilleure expérience client.

J’ai pris l’entrée qui donnait accès aux églises. Elles sont belles, mais pas impressionnantes en dedans. Beaucoup d’œuvres d’art et d’or, mais rien d’extraordinaire. Elles sont plus belles de l’extérieur.
J’ai fini par pouvoir acheter mon billet pour la tour, après avoir attendu encore une fois. Mais ça valait la peine :
Pour le reste, je vous garde ça pour un autre billet! 

vendredi 30 juin 2017

Symphonie de soupirs russes

J’ai décidé, un peu aléatoirement, d’aller en Russie cet été. Ça faisait longtemps que je voulais y aller et honnêtement, mes plans A (Indonésie) et B (Birmanie) n’ont pas fonctionné pour diverses raisons. Alors je me suis dit «Je veux aller voir la cathédrale que je dessinais souvent dans mes cahiers à colorier quand j’étais enfant».
Et j’ai acheté mon billet d'avion pour la Russie. Avec un retour de Stockholm, en Suède. Je vous ferai part de mon itinéraire un peu plus tard. Je savais que ça prenait un visa pour aller en Russie, mais je ne savais pas trop quels documents on devait remplir. Alors un peu naïvement, j’ai pris rendez-vous là où on nous dit de le faire quand on cherche «visa Russie Montréal» sur Google. Je me suis dit qu’une fois sur place, je pourrais poser mes questions. J’avais regardé sur le site du gouvernement du Canada et ça ne disait que «Visa», sans autres précisions.

Première erreur.

D’abord, c’est un endroit où rien n’est indiqué. Aucune annonce, logo ou signe de vie de cette entreprise – sûrement un sous-traitant – dans le hall d’entrée ou en sortant de l’ascenseur. C’est dans un petit bureau caché au fond d’un corridor au septième étage d’un édifice de la rue Sherbrooke. Ce n’est qu’en ouvrant la porte et en voyant un drapeau russe que j’ai compris que j’étais au bon endroit.

Je me présente devant la dame, installée à son bureau, avec une vitre qui nous sépare, un peu comme dans les billetteries.

Avec son petit accent russe et beaucoup de condescendance, elle me dit :

- Où sont vos documents?
- En fait, c’est ça, je n’ai pas vraiment trouvé les infos – je n’ai pas eu trop le temps de me préparer, alors je me disais que je viendrais vous poser les questions.

Premier soupir de l’autre côté de la vitre.

- Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne.
- Euh, désolée, j’ai besoin de quoi?
- Tu n’es pas allée sur notre site? *soupir*
- Oui, mais honnêtement, ce n’était pas clair.

Et là, elle me dit tout ce que je dois remplir. Mais moi, un peu pressée et faisant trop confiance à ma mémoire, je ne prends pas de note.

Après avoir enduré de l’attitude et des soupirs, je repars. Je vais sur le site, où on me demande un mot de passe. C’est un peu bizarre comme je n’ai pas de compte et je n’arrive pas à entrer. Peu importe ce que j’écris, ça me renvoie à la page où on me demande un mot de passe. Je perds patience.

Je me souviens qu’elle m’a expliqué que ça prenait une invitation. C’est qu’on ne peut pas décider comme ça d’aller en Russie. On doit y être invité. Il faut donc réserver l’hôtel et lui téléphoner pour qu’on vous envoie l’invitation. Réserver tout de suite ces nuitées n’est pas prévu à mon budget à ce moment, mais je n’ai pas vraiment le choix. Donc je réserve et heureusement, cette partie se fera rapidement. J’envie un courriel à l’hôtel et après seulement quelques minutes, on m’envoie le lien. Quelque 25$ plus tard, j’ai mon document avec le sceau officiel. Je fais ensuite prendre ma photo (12$) et reprends rendez-vous.

Deuxième présence devant la même dame. Elle me reconnaît, ça paraît dans son petit sourire arrogant.

- Où est ton document rempli?
- Ça?
- Non. *soupir* Ça, c’est ton invitation. Le document à remplir.
- Je ne l’ai pas. Je peux le faire ici, rapidement?

Méga soupir.

- Haha, tu peux, mais c’est 30$. Et c’est long. Tu as visité notre site?
- Oui, mais je n’ai pas vu.

Méga, méga soupir, lâché en tournant son écran d’ordi vers moi.

- Sur la page d’accueil. C’est écrit formulaire à remplir (elle a beaucoup trop insisté sur ces mots). Tu cliques dessus, entres un mot de passe…
- Ah, ça. Ça n’a pas marché.
- C’est impossible.
- Ben là, j’ai essayé, ça me ramenait toujours à la première page.
- *soupir* C’est impossible. Ça marche toujours.
- Madame, c’est peut-être mon ordi, mais je vous jure que ça ne marchait pas.

Elle m’a ri en pleine face.

Je reprend mes trucs et repars. À la maison, je peux enfin entrer sur le site et commencer à remplir cet interminable questionnaire. Ça me prends une heure. Employeur, ancien employeur, noms, adresses, numéro de téléphone, études, adresse de l’université, adresses des 10 dernières années, questions sur la santé, la liste de tous les pays visités, avec les dates au cours des… 10 dernières années. Dans mon cas, c’est long. J’ai dû fouiller dans mon passeport et dans mes dossiers photos de voyage pour ne pas en oublier. Tout d’un coup qu’ils me refuseraient parce que j’ai oublié de dire que je suis allée passer deux heures et demie au Paraguay en 2013

Je l’imprime, dans le format demandé, très important. Et j’y retourne, une troisième fois. Ce n’est pas la même fille, mais je crois qu’elle a suivi le même cours de Soupirs 101.

- C’est la troisième fois que tu viens et chaque fois, il te manquait quelque chose?

Elle a ri. Je n’aurais pas dû lui dire. Elle lit mes réponses et me dit :

- Tu n’as pas écrit la bonne réponse ici. Ça demande «Allez-vous visiter un organisme?» et tu as dit non.
- Ouais, bah je n’ai pas l’intention d’aller visiter un quelconque organisme.
- L’organisme, c’est ton hôtel.
- Tu ne niaises là? C’était vraiment pas clair. Est-ce que tu peux le changer et le réimprimer?
- Oui. Mais c’est 30$.

Quoi!? J’avais vu les affiches partout disant que c’était 30$ pour une modification de formulaire, mais je pensais, encore naïvement, que c’était une fois qu’il était envoyé et pour une raison plus importante que ça! Ça ne me tente pas de perdre mon temps à retourner imprimer ça au bureau et perdre une autre heure de lunch à me rendre là, alors je fais un calcul rapide : 176$ pour le visa (j’étais à quelques jours de devoir payer l’express à 306$...) + 30$ pour une foutue impression = 206$. J’ai 210$ sur moi – parce qu’évidemment, ils ne prennent que l’argent comptant. Alors je lui fait changer et réimprimer.

- As-tu la photocopie de ton passeport?
- Non, j’ai oublié Mais à 30$ de frais pour le document, j’espère que vous allez le photocopier vous-même.

Elle l'a fait. Non sans grand soupir.

Alors voilà, c’est la marche à suivre pour avoir le droit de mettre les pieds au pays de Poutine. Un mois plus tard, j’avais mon visa. Mais en allant le chercher, j’ai eu quelques sueurs froides en lisant la note :
Dommage, les employées devront se trouver un autre endroit où elles pourront être payées à soupirer.

vendredi 2 juin 2017

Se débarrasser d'un talisman... vite, vite!

Il y a un an, j’étais au Japon. Mon amie et moi avions acheté un petit porte-bonheur, un genre de talisman qui devait nous aider à trouver l’amour. Ben oui, on est quétaines de même. Mais c’était ça ou la fertilité, alors…

Bref, on les a trimbalés dans nos portefeuilles depuis notre retour. Ç’a marché pour elle, ç’a été désastreux dans mon cas. Mais bon, là n’est pas la raison de ce texte. On voulait prendre une photo des «instructions» en japonais qui venaient avec notre porte-bonheur pour l’envoyer à une amie rencontrée là-bas qui parlait également français. Mais on a oublié et le petit papier s’est retrouvé dans le triangle des Bermudes de mon condo, probablement avec la moitié de mes bas blancs.

La seule chose qu’on pensait avoir compris, c’est qu’on devait les conserver un an, pas plus. Sinon, ça devenait un «porte-malheur». Ce n’est pas qu’on est superstitieuses, mais… Mettons qu’on ne veut pas frustrer la vie, le karma. Aussi bien mettre toutes les chances de notre côté. Alors, que faire avec ces petits bouts de tissu?
 
Trois-cent-soixante-quatre jours après l’achat – on a confirmé avec nos souvenirs Facebook –, la panique s’est emparée de nous. Alors on a passé notre heure de lunch chercher sur différents blogues la «règle à suivre» pour s’en débarrasser. Il fallait faire les choses de la bonne manière! Pas évident quand on ne savait même pas comment appeler ce truc! On a réussi à trouver des sites qui disaient qu’il ne fallait surtout pas le jeter aux poubelles. Le meilleur conseil, c’était de retourner là où on l’avait acheté pour le brûler. Ben oui, toi. On va retourner au Japon juste pour ça… Sinon en gros, il fallait renvoyer le talisman là d’où il venait.

C’est là qu’est venue mon idée de génie (il faut savoir que ça m’arrive d’être un peu cinglée parfois!) : les poster!
Ouais. Mais où? Bonne chance les filles! On ne se souvenait pas du nom du temple où on les avait achetés. Et on s’entend que ce n’est pas comme s’il n’y avait que deux ou trois temples au Japon… On savait que c’était à Kyoto. À partir de là, on s’est fiées à nos photos dans nos iPhone. Merci, géolocalisation d’exister! On a essayé de chercher à partir des mots qui apparaissaient comme «lieu» sur nos photos, mais ça ne nous menait pas au temple qu’on avait visité. Alors on a essayé une autre technique. On se rappelait qu’on avait simplement marché tout droit à partir de notre hôtel et que c’était au bout de la rue. Alors, petite recherche dans mes vieux courriels pour retrouver le nom de l’hôtel, autre recherche sur Google Maps, et hop! Bingo! On avait notre temple. Bon, encore une fois, pas trop certaines que c’était le bon, mais on a décidé que c’était ça.

Trouver son adresse maintenant… Ce n’était pas super clair, mais on croit avoir trouvé.

Alors on a mis nos porte-bonheur dans une enveloppe, on l’a adressée et je suis allée, en mission, au bureau de poste.

«Vous ne voulez pas mettre d’adresse de retour?» m’a demandé la commis.

«Non, surtout pas!»

Alors on ne saura jamais si ça s’est rendu. On ne saura pas non plus si quelqu’un à l’autre bout du monde a reçu notre «lettre». Mais dans nos têtes, on a évité d’être victimes d’un mauvais sort!

mardi 9 mai 2017

Quand il fait beau en Islande, c'est pas pire beau

J’ai réalisé que je vous ai récemment dit «les moments plus le fun» de l’Islande viendront… et que je ne les ai jamais écrits.

En fait, c’est qu’ils n’ont pas été si nombreux. J’ai été très malchanceuse avec la température, comme je l’expliquais dans ce blogue. Sans compter les coûts de ce voyage (je suis dans le déni pour la facture totale). Mais quand les gens me demandent si j’ai «détesté» l’Islande parce que je n’en ressors que les mauvais côtés, je n’arrive pas à dire oui. En fait, c’est comme si j’étais restée sur ma faim avec ce pays. J’ai envie d’y retourner et d’espérer en voir plus, avoir plus de beau temps, de ciel bleu et de soleil, mais surtout, espérer voir une aurore boréale. Alors ouais, ça se peut que j’y retourne. Mais pas tout de suite. J’ai encore trop de pays sur ma liste avant de retourner dans les glaciers.

Un jour, je verrai une foutue aurore boréale.

Bref, sur un ton plus joyeux, je vais vous parler des quelques heures de soleil que j’ai eues dans ce pays nordique.

Parce que quand il fait beau, eh bien je dois avouer que c’est beau en maudit.

Après avoir presque pleuré en voyant – enfin – la belle température à ma dernière journée complète du voyage, j’ai pris la route pour aller voir le fameux lac de glaciers, le Jökulsárlón. J’ai un peu eu la chienne de manquer d’essence en m’y rendant, vu le pas de station-service ouverte sur la route.

C’était magnifique.
Il ventait autant que la veille par contre. Impossible de prendre une photo sans avoir peur que le selfie stick te «r'vole» dans la face.

J’avais rendez-vous pour mon excursion sur un glacier peu de temps après, alors sachant que je n’aurais pas l’occasion de m’acheter un lunch avant la randonnée, je suis arrêtée au petit café du lac – le seul à environ 150 km à la ronde – pour m’en procurer un. Un sandwich avec deux tranches de pain tranché, du jambon, quelques légumes et un condiment et une petite bouteille d’eau… 16,35$. Joie.

Mais c’était bon et je n’avais pas le choix.

Ensuite, direction glacier. J’avais vu une photo prise par une amie qui était allée au même endroit trois semaines plus tôt. C’était féérique. D’un blanc parfait, autant le glacier que le sol. J’avais tellement hâte!

Après avoir marché une quarantaine de minutes avec le guide et le groupe – dans des vents violents, évidemment –, on est enfin arrivés au même endroit où mon amie avait pris sa photo parfaite.

Et moi, j’ai eu droit à… .Ça
«C’était tout blanc ce matin, mais ç’a fondu», a dit mon guide, lorsque je lui ai fait part de ma déception. Yé. Encore une merveilleuse surprise…

Il m’a expliqué que le noir, c’était en fait la protection du glacier. Alors il est en dessous. Pas de danger qu’il se pointe le bout du nez pour moi… Heureusement que c'était plus beau d'en haut!
Mais bon, on est partis escalader une partie enneigée. C’était beau. La sensation de marcher avec ses crampons sur un glacier comme ça, c’est particulier. On était en direction de la grotte de glace. C’est la raison pour laquelle j’avais choisi cette excursion au lieu de l’autre, qui se passait exclusivement sur le glacier et qui allait beaucoup plus haut. Je voulais voir les deux. À savoir si ça valait vraiment la peine, je ne saurais dire, car on ne fait qu’entrer, aller en bas et ressortir (ça dure une vingtaine de minutes), mais c’était beau et je vais pouvoir dire qu’une fois dans ma vie, je suis allée DANS un glacier.
En sortant, on s’est fait littéralement happer par le vent. On en annonçait à 140 km/h, si ça peut vous donner une idée. Notre guide nous a demandé si on voulait suivre le parcours régulier et risquer de devoir s’arrêter – et se mettre en petite boule – lorsque les vents seraient trop forts ou si on voulait prendre un raccourci. On a choisi la première option.
C’est du vent, ça, mes amis. À un moment, mon guide a demandé l’assistance d’un collègue. Ce dernier est venu aider une jeune asiatique. Je pensais qu’elle avait été blessée, mais non. Elle était juste tellement minuscule que mon guide avait peur qu’elle tombe et/ou s’envole!

Le vent a complètement balayé toute la neige qui protégeait le glacier.
La dernière excursion de la soirée, celle que j’avais failli prendre, a été annulée puisque c’était trop dangereux de s’aventurer là dans de telles conditions. Je peux donc dire que c’est le seul moment où j’ai été chanceuse dans le voyage!

Alors c’était une belle expérience, qui vaut la peine. Mais avis aux intéressés, comme tout le reste en Islande, c’est cher. Il a fallu débourser près de 300$ pour celle-ci…

En terminant, merci au pilote de nous avoir réveillés lors du vol de retour pour nous souligner la présence du Groenland sous l'avion! 


vendredi 7 avril 2017

Digne d'un film d'horreur

Un collègue, qui prépare également son voyage en Islande, m’a parlé d’une carcasse d’avion qui se trouve sur la plage et qui est un must. Pour la petite histoire, c’est un DC-3 de la Navy américaine qui a manqué d’essence en 1973 – on a par la suite su que le pilote avait juste mis la switch au mauvais réservoir. Heureusement, tout le monde a survécu.

J’ai donc fait mes recherches et j’ai trouvé un site qui expliquait comment s’y rendre, puisque comme à peu près toutes les attractions, les indications sur place ne sont pas très claires.

Mes notes me disaient qu’après telle pancarte, on continuait un peu et que là, il y aurait une mini clôture où on laisse la voiture, car la réglementation a changé et qu’elles ne sont plus admises sur la plage. Il faut donc marcher 4 km pour se rendre à l’avion, qui est sur le bord de l’eau. On disait aussi qu’on ne la voyait presque juste une fois rendue sur place, puisqu’elle est cachée derrière une dune.

Mon plan initial était d’arrêter lors de ma troisième journée, alors que je faisais la longue route entre Reykjavik et Skaftatell. C’est environ quatre heures de route – en théorie. Sur le chemin, la route 1, j’avais toutes les attractions célèbres. Les chutes Seljalandsfoss et Skógafoss, la plage de sable noir et les colonnes Reynisfjara à Vik, les genres de rocher dans l’eau de Dyrholaey, etc.

Ç’aurait pu être une journée magnifique, en roulant sur cette route – qui n’est pas une autoroute – qui fait le tour du pays. Sauf que la température était merdique. En fait, imaginez un cocktail météo de marde et multipliez-le par 12. Ça vous donnera une petite idée du temps qu’il faisait.
Je suis arrêtée partout, mais ce n’était pas agréable. Le vent était si fort que j’avais peur de m’envoler. Même dans ma voiture, à quelques endroits. Les chutes étaient moins belles – même à Skógafoss où j’ai monté les 426 marches pour aller au sommet, elles perdaient de leur lustre dans la pluie diluvienne et froide. Une fois en haut, j’ai à peine pris le temps de l’observer et encore moins de la photographier, car j’avais peur de subir des engelures aux doigts et au visage (mes mitaines étaient trempées) et parce que même si j’avais acheté un genre de petit imperméable pour ma caméra, j’avais toute la misère du monde à protéger la lentille qui était soit embuée, soit pleine de gouttes d’eau.
 
Même chose pour la plage de sable noir. J’ai acheté un méga coupe-vent de touristes (à 23$, parce que tout est cher) et j’avais peur de faire une sœur volante de moi-même. Pas de selfie, oubliez ça! Pour vous donner une idée du temps gris qu’il faisait, cette photo n’a PAS été prise en noir et blanc.
Revenons donc à la carcasse d’avion. J’ai cru voir le stationnement qui y menait avec des gens braves – ou inconscients – qui empruntaient la route a pied. Je ne pouvais même pas faire trois pas sans avoir l’impression de vivre le pire moment de ma vie, alors je me suis résignée et dit que j’essaierais d’arrêter au retour, le lendemain.

Mes plans ont toutefois changé avec mon excursion sur le glacier – les affaires le fun, vous les aurez plus tard – et je suis partie de Skaftafell beaucoup plus tard que prévu.

Il faisait plus beau cette journée-là et j’ai pensé que si la température avait l’air clémente, je pourrais m’essayer. Ce n’est que vers 19h que j’ai revu le stationnement. Encore là, comme il n’y avait aucune affiche indiquant la présence de vestiges d’avion, je n’étais même pas certaine. Mais comme je croisais des gens qui revenaient avec leur appareil photo, j’ai déduit que c’était le bon endroit Derrière moi, un magnifique coucher de soleil.
Je n’ai jamais été très bonne en estimation de temps, alors 4 km, pour moi, c’est long et ça ne l’est pas à la fois, car je voyais ça comme une petite marche d’une quarantaine de minutes. Dans le sable noir rempli de grosses roches. Heureusement, j’avais mes bottes de marche – mon meilleur achat, à 24 heures du départ vu l’oubli de l’autre paire en Floride… J’espérais arriver à temps pour pouvoir avoir ce coucher de soleil en toile de fond. Pour y aller, la route est simple. C’est ça, à l’infini :
Il ne restait que quelques rayons quand je suis enfin arrivée. Je commençais à avoir mal aux jambes, surtout que je venais d’escalader un glacier et que selon mon téléphone, j’avais déjà marché dans ma journée près de 10km et monté près de 80 étages. Mes hanches commençaient à ne plus vouloir répondre à l’appel. Et je devais remarcher tout ça…

Près de l’avion, deux gars avec un drone et un milliard de gadgets qui prenaient mille et une photos, couraient à l’intérieur de la carcasse, se pensaient seuls au monde. Bref, ils me gossaient, car j’avais de la misère à prendre mes photos. Mes réglages étaient toujours gâchés par leurs lampes de poche ou ils se foutaient carrément dans ma «shot».
J’ai abdiqué, après avoir pris quelques photos pas très belles. Sauf celle-là, peut-être.
Le soleil commençait à disparaître et ça ne me tentait pas trop de faire le trajet du retour dans le noir. Le problème, c’est que le sentier avec les marqueurs jaunes est élargi à partir du moment où on voit l’avion. Ils forment un genre de grand rond et sont loin l’un de l’autre.

Alors en retournant sur mes pas… je ne les ai jamais trouvés, ces p’tit criss de bâtons jaunes.

Jamais.

Je me souvenais avoir descendu la dune, alors je l’ai remontée, en me disant que j’allais finir par en voir un. Avec comme seul éclairage la lampe de mon iPhone, disons que mes chances de réussite disparaissaient au même rythme que les dernières lueurs du soleil. J’ai même maudit la lune de ne pas être plus brillante.

Pas le choix, je devais juste marcher tout droit, avec comme seuls points de repères la montagne à ma gauche et celle à ma droite. Je me suis dit que si je restais entre les deux, j’allais finir par arriver à la route.  Plus j’avançais, plus je ralentissais le pas, la douleur s’étant propagée de ma hanche droite à la gauche. Mes bottes étaient devenues tellement lourdes que j’avais l’impression de porter deux blocs de ciment aux pieds.

Il faisait froid et ventait, mais ça allait. J’ai failli tomber des dizaines de fois, mes pieds accrochant une roche chaque fois. Le chemin qui était si beau à l’aller, si droit, semblait ne jamais avoir existé. Il y avait plein de dunes. Marcher dans le sable avec la garnotte qui se frayait un chemin jusqu’à l’intérieur de mes bottes était devenu un supplice. J’avais peur de tomber sur une rivière ou un ravin creux qui me barrerait la route. Parce qu’avec juste la petite lumière de mon téléphone qui se vidait dangereusement de batterie, je ne voyais pas très loin à l’avant. Je le balayais souvent de gauche à droite, espérant apercevoir le reflet d’une des balises. En vain. J’ai dû zigzaguer pas mal, en pensant en voir de temps à autre ou en «reconnaissant» quelque chose qui était sur le bord de la route à l’aller. Ce n’était que des mirages.

J’aurais voulu courir, question d’arriver plus rapidement à la route qui avait l’air de s’éloigner à chacun de mes pas. Mais c’était mission impossible. J’avais maintenant du mal à marcher. On pense à un tas de choses dans ces moments. Premièrement «quelle conne de m’être aventurée là à cette heure», deuxièmement «quelle conne de ne pas avoir activement cherché les balises jaunes en quittant le site de l’écrasement» et troisièmement «et si je n’arrivais jamais à retrouver mon chemin et que je passais la nuit, ici, incapable de faire un pas de plus?» Sérieusement, j’ai rarement été épuisée comme ça. Mes nuits sans sommeil des jours précédents n’ont pas dû aider.

Honnêtement, j’étais désespérée. Au bord des larmes et en douleur comme jamais. J'ai même regretté de ne pas avoir pris en note le numéro du «9-1-1 islandais», qui n'est évidemment pas 9-1-1. Je me suis dit que je pourrais téléphoner à mon nouvel ami Facebook, soit mon guide sur le glacier, pour qu'il vienne me sauver. Mais encore là, comment tout ce beau monde auraient-ils pu me retrouver?

Quand je suis finalement arrivée près de la route, j’ai voulu m’écrouler au sol. Une clôture de barbelés longeait la route. Quelle merde! Essayer de la grimper dans l’état où j’étais et avec mon pas de force aurait été la chose la plus ridicule à faire. La pile de mon cellulaire était maintenant très faible. Je n’avais aucune idée si je devais aller à gauche ou à droite, vu le pas de lumière et le pas de civilisation. J'ai décidé d’aller à droite, car je pensais m’être trop éloignée par la gauche. J'ai marché un moment puis j'ai vu une ouverture dans la clôture. Alléluia! Je l'ai traversée, non sans peine et sans accroc à mes vêtements et mitaines.

Toujours impossible de savoir si j'allais dans la bonne direction. Et même si j'étais tombée sur une pancarte – elles étaient très, très rares –, je n'aurais pas su si ce chemin venait avant ou après le stationnement.

J'ai donc décidé d'activer les données sur mon cellulaire, en me disant que ça me donnerait peut-être une idée. Je me souvenais des premières lettres du chemin qui était juste un peu passé le stationnement. Oh que j’aurais dû faire ça avant. Parce qu’en écrivant les premières lettres, j'ai vu apparaître «Solheimasandur Plane Wreck». Ah ben maudit. C’était sur Google Maps. Ça veut dire que j’aurais probablement pu m’en servir pour retrouver le chemin. Même si ce n'est pas une vraie route. Puis on voyait le stationnement. J'étais trop à droite. Près d’un kilomètre et demi trop à droite. J'ai longé le chemin en espérant que les voitures allaient me voir, car il n’y avait évidemment pas de trottoir. J’appuyais régulièrement sur le bouton pour déverrouiller ma voiture en espérant voir ses lumières. Mais ce bidule fonctionnait à peu près juste quand j'étais à côté d’elle. Après près d’une heure 30 minutes de marche dans le champ sablonneux, j'ai ENFIN vu ma voiture. J’aurais voulu pleurer, mais je n’en avais même pas la force.

Je n’ai vraiment pas passé un bon moment. Et le pire, c’est qu’il me restait encore plus de deux heures de route à faire. Chaque fois que je devais changer de vitesse, c'était un véritable martyr pour mes hanches. De plus, je n'avais croisé qu’un restaurant avant cet épisode et comme je n’avais pas envie de la junk du petit casse-croûte, j’avais décidé de seulement acheter des Pringles – quelle décision de marde – et d’attendre le prochain poste de ravitaillement.

Il n’est jamais venu. Mon souper a donc été... des chips. Pas d’endroit non plus pour me procurer une nouvelle bouteille d’eau…

J’ai ensuite eu du mal à marcher de ma voiture à ma chambre. Ankylosée comme jamais.

Mon dernier espoir de mettre un peu de baume sur cette aventure était de voir une aurore boréale.

Le ciel est resté noir.

Et moi, je vais avoir de la difficulté à marcher pour encore plusieurs jours…

mercredi 5 avril 2017

Traumatisme à l’hôtel

Dans mon plus récent billet, je vous ai dit que «le reste de la soirée s’était bien passé, sauf pour l’hôtel» et que j’allais vous raconter ça plus tard. Je pense sérieusement que je me suis jynxée, parce que je n’avais encore rien vu!

Tout ça a commencé quand je suis arrivée à l’hostel que j’avais réservé. En fait, je ne suis vraiment pas du type «auberge de jeunesse». Partager ma chambre avec plein d’inconnus qui ronflent ou rentrent tard saouls, ça ne m’attire pas. Mais les hôtels étaient très dispendieux à Reykjavik, alors je me suis dit que pour deux soirs, ce n’était pas la fin du monde. Et ça m’a quand même coûté 145$. Sauf qu’une fois sur place, ça ne me tentait plus du tout. J’ai demandé à voir la chambre avant de m’enregistrer. C'était un dortoir pour 10 personnes et il y avait des gens qui dormaient et les autres qui m’ont tous regardée quand j’ai ouvert la porte. Je sais maintenant comment se sent un chevreuil quand il voit des phares de voiture.

J’ai tourné les talons. J’ai utilisé leur WiFi pour réserver autre chose. Deux autres nuits, dans de vrais hôtels – et un dans un appartement – pour la modique somme de… 300$. Allo les dépenses chiantes.

Je devais toutefois rester à cet hôtel, parce que c’est là qu’on venait me chercher à 22h pour aller voir les aurores boréales. Je n’en ai pas vu et je suis revenue, vraiment épuisée, à 2h du matin. Ça, c’est en ville, parce que le chauffeur d’autobus m’a déposée à une quinzaine de minutes de marche de mon hôtel, prétextant qu’il ne pouvait pas s’y rendre et que ma seule autre option était de retourner à la gare avec lui pour embarquer dans un plus petit bus. J’ai donc marché. J’ai récupéré ma voiture et je suis partie pour le nouvel hôtel que j’avais réservé. Je suis arrivée vers 2h30. J’avais hâte de voir mon lit, vous n’avez pas idée.

La préposée a eu du mal à trouver ma réservation. Une dizaine de minutes plus tard, j’étais en route vers la chambre 217. Je comptais les secondes qui me séparaient du bonheur de me lancer sur mon lit et de ne plus bouger.

En ouvrant la porte… LE CHOC. J’entends un «HEYYYY» et je vois un gars qui bondit de son lit. Lui aussi, maintenant, sait comment se sentent les chevreuils quand il voient des phares de voiture. J’ai refermé la porte sur un moyen temps, avec le cœur qui battait très fort. Pas super comme surprise. 

Je suis donc retournée à la réception en lui expliquant que je venais de vivre un des moments les plus «awkward» de ma vie. Comme elle ne savait pas qui se trouvait dans la chambre, elle lui a téléphoné – oh que le gars n’a pas dû être heureux de son séjour là! – pour avoir son nom. C’est que s’il était dans cette chambre, ça voulait dire que la sienne était libre et qu’il y a juste eu un petit (énorme) mélange. Elle ne trouvait pas son nom, m’expliquant «qu’il y a un groupe de 20 personnes et qu’elle n’a pas tous leurs noms». En analysant ses fiches et m'a dit «Je pense que la 105 est libre. Il me semble que cet homme est parti». Elle a joué à l’éclaireur, car il n’était pas question que je vive ce moment une deuxième fois si la chambre était prise! Elle est revenue quelques instants plus tard en disant «Oh, ça, c’est awkward». J’ai donc compris que cette chambre-là aussi était prise. Comme on n’était pas pour réveiller tous les occupants de l’hôtel pour trouver la seule chambre inoccupée, elle a décidé de m’envoyer ailleurs. «C’est plus loin, mais il est neuf, alors il vaut plus cher», m’a-t-elle dit en essayant de me convaincre qu’il y a du bon dans la situation.

Je suis alors repartie, encore sous le choc et surtout super fatiguée. L’autre hôtel n’était pas si à côté que ça… Il était peut-être neuf, mais ils ont oublié d’y mettre du chauffage. En plus, il ventait tellement que ma fenêtre s’est ouverte toute seule pendant la nuit. Nuit qui a été plus que courte, car avec tout ça, j’ai pu me coucher vers... 4h.

Laissez-moi vous dire que j’ai eu une petite crainte chaque fois que j’ai ouvert une porte de chambre d’hôtel pour le reste du voyage!

Mais bon, c'est ben beau comme ville...