mardi 29 octobre 2019

Des murales et des pantoufles qui font le ménage


Je viens de passer deux semaines à Winnipeg pour le travail. Je faisais des allers-retours à Churchill quelques fois par semaine. Je vous parlerai de la capitale mondiale des ours polaires dans un autre blogue. Mais cette fois-ci, j’ai envie de vous présenter le Winnipeg que j’ai découvert, à ma cinquième visite dans cette ville surnommée Winterpeg et où on dit que les nuits sont longues…

Comme j’avais déjà fait le Musée des droits de l’homme et celui de la monnaie royale canadienne, j’avais envie de faire autre chose. J’avais remarqué en me promenant dans le quartier de notre hôtel qu’il y avait un tas de murales. Et je trippe pas mal sur les murales. Après quelques recherches, j’ai découvert que le West End de Winnipeg a mis en place un programme pour embellir ses murs extérieurs; le BIZ (Business improvment zone). Les résultats sont étonnants!

On a des murales qui représentent différents pays, comme celles-ci :

 
Mais aussi d’autres qui ont un lien avec le commerce qui se trouve à leurs côtés, comme ici :

Et en voici d’autres belles!
 
 
Une petite marche dans le coin du Forks m’a permis de voir une nouvelle œuvre qui est presque psychédélique!

J’ai aussi profité de mon passage – et de mes contacts d’ancienne journaliste sportive! – pour assister à un match des Blue Bombers. C’était mon quatrième match à ce magnifique stade, mais le premier en tant que spectatrice régulière. Et j’ai adoré! Heureusement, il ne faisait pas trop froid et on a eu droit à un match enlevant, qui s’est joué sur le dernier jeu de la rencontre : un placement qui a donné la victoire aux Bombers.
En plus, j’avais Alf derrière moi. Que demander de plus!
Près de notre hôtel, il y a le magasin Bianca’s, qui nous promet que « chaque visite est une aventure ». Cet endroit est difficile à décrire. Mon amie a sûrement la meilleure définition : « De quoi as-tu besoin? De l’huile à moteur? Du rouge à lèvres? Des décorations de Noël? Des outils? » C’est ce genre de magasin. Un gros bric-à-brac dans lequel on a perdu bien du temps à analyser les items! Comme une image vaut mille mots, en voici quelques-unes.

  
Et si l’envie d’essayer du linge vous prend, voici les cabines!

On est allés souper au One Great City, un resto-brasserie et j’ai adoré! Bon, j’ai de la misère à me rappeler la fin de soirée, mais l’ambiance et la bouffe étaient super.

 
Voici sûrement la photo la plus bizarre que j’ai prise de Charlot… (il est dans sa sacoche sur le banc!)
C’était dans un magasin de style « thrift store ». Normalement, je dois avouer que je ne suis vraiment pas la clientèle cible de ces magasins. Je suis plutôt celle qui fournit ses affaires quand je fais le ménage de ma garde-robe. Mais comme c’est bon pour l’environnement de récupérer et réutiliser… je me suis sacrifiée en achetant deux sacoches Michael Kors seconde main. Deux vraies aubaines!
Je suis arrivée deux jours après la méga tempête de neige qui a causé pour environ 10 millions $ de dommages dans la ville et qui a provoqué de nombreuses pannes de courant. Il ne restait plus de neige à mon arrivée, mais j’ai pu constater les dégâts avec les nombreux arbres cassés.

J'ai profité d'une de mes journées de congé pour aller voir Amaluna du Cirque du Soleil. Pas mon préféré, mais quand même très bon!


Bref, Winnipeg, j’aime bien!

 

mardi 1 octobre 2019

Pérou - Les fleurs (en attendant le pot!)

Depuis mon retour du Pérou, on me demande comment j’ai trouvé ça. Chaque fois, j’hésite un peu. Il y a des endroits magnifiques qui valent vraiment le détour – notamment le Machu Picchu –, mais il y a aussi d’autres endroits moins inspirants.

Et le fait que j’ai été quand même assez malade là-bas et à mon retour a probablement biaisé ma vision de ce pays.

Je vous ai donc préparé les deux côtés de la médaille, un peu comme je l’avais fait pour l’Égypte ici et ici. En fait, à plusieurs moments, le Pérou m’a fait penser à l’Égypte.

Voici donc les beaux côtés du Pérou, qui offre une histoire intéressante et surtout impressionnante quand on regarde les réalisations des Incas, et de magnifiques paysages. Commençons donc par le « beau ».

Les Incas ont légué des paysages superbes, notamment grâce à leur agriculture en « étages », comme celui-ci à Moray :
Avouez que c’est impressionnant!

Ou encore ici, dans la vallée secrète.
Parlant de cette vallée, les neiges éternelles ajoutent un petit plus au paysage!
Une des choses auxquelles je tenais le plus en allant au Pérou, c’est la Rainbow Mountain. Découverte il y a quelques années à peine, cette petite merveille est de plus en plus populaire chez les touristes, ce qui n’est pas nécessairement une bonne chose, mais on ne peut pas les blâmer, c’est tellement beau!

Le hic, c’est que c’était au lendemain de mon trek de quatre jours au Machu Picchu. Mes jambes étaient donc mortes. Et j’en étais au jour 3 de mon état de voyageuse malade.

On m’avait dit que ce serait super difficile. Une amie de mon Facebook y était allée peu de temps avant moi et quand je lui ai demandé à quel point c’était difficile sur une échelle de 1 à 10, elle a répondu « 11 ». Je m’attendais donc au pire.

En fait, le plus difficile, c’est l’altitude. On frôle les 5000 m. Ça veut donc dire qu’on a presque la moitié moins d’oxygène quand on y est. Le souffle ne tient pas le coup longtemps. Les pauses sont très, très nombreuses.

Pour y aller, je suis partie à 4h du matin en petit bus, dans lequel j’ai dormi autant que j’ai pu. Ce n’est que vers 9 ou 10h qu’on arrive sur le site, après avoir roulé une heure dans des petits chemins en zigzag tout poussiéreux. La première partie de la randonnée dure environ 1h30. C’est quand même plat, mais ça monte un peu. C’est après les quelques kilomètres à marcher que la pente s’accentue beaucoup. À la sortie des bus, on peut louer des chevaux pour nous emmener au bas de la grosse pente. Orgueilleuse et surtout allergique aux chevaux, je me suis dit que j’allais le faire toute seule, pour mériter la vue que j’aurais en haut.

Mais à mi-chemin… J’ai apostrophé un homme qui était sur le chemin du retour avec son cheval. J’ai succombé. Ah pis tant qu’à être déjà malade, avoir des allergies en plus n’allait pas changer grand-chose. J’ai évalué que j’aurais plus de chances d’atteindre le sommet en ménageant mes énergies.
Mais la partie la plus difficile, il faut quand même la faire à pied. Ça paraît que les gens souffrent. On doit s’encourager entre inconnus. En marchant, j’ai eu peur d’avoir le même feeling qu’à Cinque Terre, en Italie, où on doit modifier les photos pour avoir la même image que ce qui fait la renommée de l’endroit sur Internet.

Je me doutais bien que ce serait un peu le cas, mais tout de même. J’avais peur de tout faire ça et d’être terriblement déçue!

Finalement, j’ai eu la vue que je voulais. En effet, ça prend des filtres, de la saturation, etc. Mais c’est quand même très beau au naturel. Voici une photo sans modification – et avec des ALPAGAS – et d'autres, avec des accents sur les couleurs.
 
  
 

Je ne me suis pas rendue tout en haut. J’en n’avais pas la force, mais aussi, j’en avais assez vu. Avoir eu plus de temps, je serais allée et j’aurais tenté de monter sur l’autre montagne, car il paraît qu’on voit des paysages rougeâtres hallucinants de l’autre côté. Mais comme je devais être de retour à l’autobus pour midi, je n’ai pas pris de chance!

Une autre des super belles choses que j’ai vues, ce sont les Salinas Maras. Il y a une source de chlorure de sodium qui coule et qui tombe dans ces bassins pour que les familles propriétaires – sous forme de coopérative – récoltent du sel et en vendent.

D’ailleurs, sachez que le sel rose, la nouvelle mode, ce n’est rien de plus que du sel avec… de la terre. Ils l’appellent le « sel de touristes » là-bas, car il n’y a que nous pour payer plus cher pour manger de la bouette sèche.
Pour y avoir goûté, j’avoue qu’on détecte l’arrière-goût de terre dans ce fameux sel rose! Étonnamment, même si je suis maniaque de sel (je vous rappelle que j’ai léché les murs d’une mine de sel en Pologne!), je n’en ai pas acheté. Je dois admettre que les bassins, beaux de loin, mais moins attirant de près, ne m’inspiraient pas tant confiance. 
 Et aussi le Pérou, ce sont les belles couleurs!

dimanche 22 septembre 2019

P’tites vites du Pérou


 J’ai surnommé cet alpaga Bob Marley-Bieber, parce qu’il a la coupe de Justin Bieber avec les airs de Bob Marley…



Tous les moyens sont bons pour se déplacer…

 
Je suis du genre à avoir des chansons dans la tête qui ne veulent jamais partir. Souvent en voyant un seul mot. Je vous laisse deviner ce qui m’a trotté dans la tête pour le reste de la journée après avoir vu ça…

Mon meilleur investissement a été de donner 10 soles (environ 4 CAD) pour avoir des photos avec elles, un alpaga et un bébé mouton.

Depuis des milliers d’années, les Péruviens (et avant, les Incas) font sécher leurs pommes de terre pour les conserver plus longtemps. Comment longtemps? Eh bien on en a retrouvé qui dataient d’av. J.-C. et qui étaient encore bonnes!

Me semble que quand je vois un menu spécifique aux touristes, j’ai comme l’impression que les prix sont gonflés pour rien. Ce n’est pas du très bon marketing!

L’entrée de ce resto-bar était tellement belle que ça m’a convaincue d’y aller! Comme il s’appelle Republica del Pisco, ils ont évidemment une tonne de sortes de pisco, leur alcool national. J’ai goûté au chilcano et c’était vraiment bon. De loin meilleur que le Pisco sour commandé après le trek qui goûtait le margarita et qui était très décevant!

J’ai adoré les chandails des marchés à Agua Calientes. Les « cuy », ce sont les cochons d’Inde qui font partie de leur menu. Disons que je les préfère en Cuytles que calcinés dans une assiette.


 
Je n’ai pas confirmé cette théorie, mais à voir les peintures partout sur les maisons et les clôtures, on dirait que les pancartes électorales n’existent pas au Pérou (les chanceux), mais elles sont remplacées par ça. Sauf que ça reste plusieurs années…


 
Il y a plein de chiens partout. Mais ils n’ont pas l’air errant, car la plupart portent des colliers. Mais aucun d’eux n’est en laisse ou avec son maître! En plus, ils traversent les rues super achalandées. J’étais nerveuse chaque fois qu’on en voyait parce que j’avais peur qu’ils se fassent écraser!

Je ne sais pas d’où vient cette obsession, mais on trouve beaucoup de ces souvenirs douteux, notamment à Ollayatambo…
 
Cette employée ne gagnera pas le prix de la plus motivée au monde!
Cet homme jongle en plein milieu de la rue pendant un feu rouge!

J’ai bien aimé cette initiative pour récupérer les bouteilles d’eau! On devrait faire ça ici aussi!

J’ai cassé mon protecteur de lentille pour le soleil. Ça fait chier, mais au moins, ce n’était pas la lentille! C’est la deuxième fois que ça m’arrive. Si vous n’en avez pas sur vos lentilles, je vous confirme que ça vaut l’investissement! 



mardi 3 septembre 2019

J'ai survécu au trek du Machu Picchu - mes genoux un peu moins

Je vous avais écrit précédemment que j’avais peur de monter le Machu Picchu. En fait, le Machu – on va l’appeler par son petit nom dans ce billet – n’est pas si pire que ça. Parce qu’on ne le monte pas vraiment, à part en autobus, ce que je n’ai évidemment pas fait. Non, c’est le Chemin de l’Inca qui y mène qui est le vrai trek.

Et tout un.

Allons-y jour par jour.

Jour 1


On commence au kilomètre 82. C’est là qu’on rencontre nos 14 porteurs – alias des surhommes – pour la première fois. Paqueter n’a pas été facile. On avait droit à 7,5 kg, incluant le sac de couchage, pour le sac des porteurs. Le mien était de 7,38 kg, mais je savais qu’il serait éventuellement plus léger parce que j’y avais mis un gros Red Bull pour la deuxième journée qui, je savais déjà, allait être demandante!

Les porteurs sont très réglementés, je vous en reparlerai plus tard. 
Donc la première journée, elle est, selon notre super guide Feliciano, « tranquille ». Ça ne monte pas tant (ne jamais le croire), mais c’est quand même long.

On rencontre beaucoup d’ânes et de chevaux dans les premiers kilomètres, parce qu’ils approvisionnent des genres de petits dépanneurs ambulants avec, notamment, de l’eau et du Gatorade.
 
Mais à partir d’un certain endroit, on est laissés à nous-mêmes (et aux alpagas dans leur habitat naturel!).

On a commencé à environ 2500 m pour une montée jusqu’à 3000 m pour dormir. En tout, on a marché près de 14 km. Avec une horde de moustiques fatigants. J’ai porté mes lunettes de soleil toute la journée juste pour ne pas les avoir dans les yeux…

À notre arrivée, les tentes étaient déjà montées et les cuisiniers étaient à l’œuvre. Ça aussi, je vous en reparlerai, mais on a eu droit à des FESTINS chaque jour. En fait, chaque repas.
Bon, c’est sûr que le fait que j’aie répondu « ark » à la question « de la truite pour tous? » sur l’heure du lunch a mal commencé, mais j’ai eu droit à une omelette géniale juste pour moi!

Pour la nuit, on est tombés sur un méga party de village à quelques pas de notre campement avec de la musique tonitruante jusqu’à… 4h du matin, alors qu’on devait se lever à 6h. Mettons que je ne m’attendais pas à ça en plein milieu de nulle part !

On était jumelées dans les tentes, les huit filles du défi (pour ceux qui l’ignorent, j’ai fait ça pour amasser des fonds pour la Société de recherche sur le cancer). Après une super soirée où on a chanté du Ginette Reno et les Trois accords au grand dam de notre guide, c’est là que ça s’est gâté pour deux filles du groupe. Victimes du mal de l’altitude, elles n’ont pas dormi de la nuit.

Jour 2


Le lendemain, on est partis avec une heure de retard vu leur état. Ça n’augurait rien de bon. Surtout qu’il fallait être en pleine forme pour attaquer les 13 km et surtout, les 1200 m de montée, suivis des 500 m de descente.

Après trois kilomètres, les deux filles n’en peuvent plus. Elles devront rebrousser chemin. Ça me stresse un peu parce que je sais que ces filles-là se sont vraiment plus entraînées que moi. Mais contre le mal de l’altitude, ce n’est pas le mont Royal qui va nous aider à nous préparer…

On est donc rendues six, accompagnées de deux guides. D’ailleurs, Feliciano, qui était quand même plutôt âgé, disait à la blague qu’il était en vacances avec notre rythme. Mais faut dire qu’il a déjà fait tout ce trajet en marathon, en… sept heures. Il est cinglé.

La montée est tough. J’en ai arraché côté cardio, mais j’ai pu compter non pas sur mon deuxième souffle, mais sûrement sur mon 22e.

Pour vous résumer ça, je vous dirais que ce sont des escaliers en pierre – souvent faits pour des gens avec des beaucoup plus petits pieds que moi! – à l’infini. Tu penses que tu arrives à la fin, mais non. D’autres marches apparaissent. C’est le jour de la marmotte.
 
Mais c’est fou quand on se retourne et on regarde d’où on est partis. Sauf que ce l’est tout autant quand on regarde ce qu’il reste à monter.

Sur l’heure du midi, on a eu droit à la visite de cet alpaga :
Ç’a donné le courage pour la suite!

Une fois tout en haut, où il fait vraiment froid et où c’est venteux, les réjouissances sont de courte durée. Non seulement on gèle – j’avais pas pensé à prendre ma tuque, mes gants et autres vêtements qui auraient pu être utiles dans le sac du porteur – mais en plus, comme on est au sommet, on voit tout ce qu’on a à redescendre pour se rendre au camp!
 

On avait pris beaucoup de retard ce jour-là et on est entrés au camp à la quasi-noirceur. Évidemment, ma lampe frontale était aussi dans mon sac avec les porteurs. Après autant de descente, je commençais à trouver ça moins drôle, d’autant plus que je voyais de moins en moins bien. Mes genoux étaient de plus en plus faibles et dans les dernières 45 minutes, j’ai failli tomber quelques fois et mes deux chevilles ont fait des mouvements qu’elles n’auraient pas dû faire. Ç’a été une torture. 

Selon la FitBit de mon amie, on a monté l’équivalent de 137 étages!

Oh que j’étais contente d’arriver au camp.

Sauf quand j’ai vu les toilettes. Nos premières toilettes turques. Mais vraiment pas les dernières… On va se le dire, c’est dégueulasse.

Jour 3


C’est le ministère de je ne sais quoi qui planifie nos campements et nos déplacements. On avait une journée plus courte au jour 2, ce qui fait qu’on avait beauuuuucoup de chemin à faire au jour 3. Genre 16 km. Avec notamment une descente de 1000 m d'altitude à la fin.

Nul besoin de dire que mes genoux voulaient quitter mon corps, carrément. J’ai fini les dernières 100 ou 200 marches sur un seul genou, en craignant de scraper l’autre à force de le surutiliser. Encore une fois, on est arrivés à la noirceur et notre campement était le plus loin de l’entrée. Je n’avais pu de patience.

En plus, on a eu droit à de la grêle pendant qu'on longeait des falaises. Le bruit que ça faisait sur mon poncho en plastique me donnait l'impression d'être un four micro-ondes qui fait du popcorn.

Notre chef cuisinier nous a toutefois récompensés pour nos efforts avec un gâteau. Oui, un gâteau fait je ne sais comment dans une tente portative sans four! Ils ont fait des miracles pendant tout notre trajet!

Jour 4


En fait, on pourrait presque dire « jour 3 et demi » parce qu’on a dû se lever à 3h. Les porteurs devaient se dépêcher à défaire tout le campement pour aller prendre leur train vers 5h, sinon ils n’ont pas de place debout. On s’est donc fait réveiller par des porteurs pressés qui brassaient nos tentes et une de nous a même vu un porteur tirer sur son matelas alors qu’elle était encore dessus! Pauvre eux, c’est vraiment une course contre la montre.

Quant à nous, eh bien on a marché les petites 10 minutes nécessaires pour se rendre à la porte d’entrée où il y a un contrôle pour le Machu et qui ouvre à… 5h30. Faites le calcul, on était là beaucoup trop tôt. En plus, il faisait noir et froid. Je n’avais encore une fois pas prévu le coup et j’ai gelé. J’avais pensé à apporter mon oreiller gonflable par contre. Je me suis étendue sur mon poncho cheap et j’ai dormi jusqu’à ce que l’on puisse passer. Mais j’ai tellement gelé!!!

Une chance, Feliciano nous avait dit « on va y aller tranquillement, ce n’est pas une course », sauf que son tranquillement ressemble étrangement à de la marche rapide. Alors on s’est échauffés vite! Surtout qu’il nous avait dit qu’il n’y avait presque pas de dénivelé, à peine 300 m en descente et 150 m en montée. Sauf que ça, c’est en théorie parce qu’en pratique, on les monte et descend plusieurs fois ces mètres!

On a fini le tout avec un escalier/escalade, question de nous achever, j’imagine.
Puis ma pancarte préférée du voyage :
Notre récompense après ces presque 50 km de marche, de montées et de descentes, c’est la vue de la porte du soleil, sur le Machu Picchu.

À ce moment, on oublie presque nos bobos.

Presque.

mercredi 21 août 2019

Je m’en vais monter le Machu Picchu et j’ai un peu la chienne

Au cas où vous n’ayez pas bien pris le temps de lire le titre, je vais le recopier ici : je m’en vais monter le Machu Picchu et j’ai un peu la chienne.

Pourquoi? Parce que ça fait deux ans que c’est prévu et que j’ai l’impression que je me suis inscrite à ce défi hier tellement je n’ai pas eu (ou pris) le temps de m’entraîner.

Mais commençons par le début. Il y a cinq ans, je me suis inscrite au Défi de la Société de recherche sur le cancer. Je devais traverser le désert du Sahara à pied (120 km si ma mémoire est bonne) et surtout… amasser 8000$. Je dois l’avouer, j’ai grandement sous-estimé la récolte de cet argent. Si bien que j’ai pris la décision, trois mois avant le départ alors qu’il m’en manquait la moitié, de retarder le défi. Puis j’ai décidé de faire la montée du Machu Picchu, trois ans plus tard. Pour celui-là, il fallait amasser 9500$. Je savais que ça allait être difficile, mais j’avais « le temps ».
Pour ce qui est de ma levée de fonds, j’ai presque atteint mon objectif, à quelques jours du départ. Il me manque environ 1300$. C’est peu, mais beaucoup à la fois. Beaucoup parce que la seule levée de fonds que j’ai le temps de faire d’ici la fin, c’est de continuer à ramasser les canettes et les bouteilles vides. Ce n’est pas une blague, c’est rendu que l’homme qui quête les canettes au Maxi à côté de chez moi me connaît et vient m’aider quand j’en ai trop parce qu’il trouve que c’est une belle cause! Même qu’une fois, il m’a donné une bouteille (à 30 sous, je suis rendue une experte un peu folle de la consigne) parce qu’ils ne la prennent pas au Maxi et qu’il faut aller à une épicerie un peu plus loin. J’ai voulu lui acheter, évidemment, et il n’a rien voulu savoir de mon argent!

Je vous le dis tout de suite, c’est la dernière fois que je me lance dans une collecte de fonds de même. Maudit que j’ai trouvé ça dur! C’est là qu’on réalise à quel point on est sollicités de toute part. J’ai aussi entendu toutes les excuses possibles des gens qui ne voulaient pas qu’on emballe leur épicerie en échange de don, dont ma préférée… « Moi je suis pas croyante. Je crois pas qu’on va un jour trouver un remède, alors je ne veux pas donner »… Sans commentaire.

Mais ce n’est pas l’argent qui me stresse. C’est le défi comme tel. Quatre jours de trekking en altitude et comme ce n’était pas suffisant, j’ai payé pour une prolongation de voyage de quelques jours pour aller voir la Rainbow mountain. C’est quoi? C’est ÇA :
Sauf que je n’avais pas vraiment saisi que c’était aussi du trekking. En plus, ils demandent « une bonne forme physique ». Et pour ajouter à ma panique, une amie Facebook a fait cette montée il y a quelques jours et elle a écrit que c’était extrêmement difficile. Quand je lui ai demandé sur une échelle de 1 à 10 de décrire le niveau de difficulté, elle m’a spontanément répondu : « 11 »!

Eh merde.

J’étais pas pire en forme quand je suis revenue de mon voyage autour des États-Unis avec mon petit chien. On a fait beaucoup de hiking, dont une plutôt difficile en Utah, que je vous ai racontée ici.

Mais je n’ai pas pu m’entraîner vraiment depuis le retour. Changement de vie (je suis maintenant agente de bord, pour ceux qui l’ignorent!) et mille et un projets, c’est ça que ça donne.

Bref, deux semaines avant le départ, je me suis dit que ce serait un bon moment pour aller faire une randonnée dans les Adirondacks. J’ai demandé à mon amie Jenny de trouver une montagne « intermédiaire ». Oh. Mon. Dieu. C’était rough! La montée était rocailleuse et très à pic, sur 2,4 milles. C’était aussi très « bouetteux ». Je voulais y aller avec mon équipement, mais comme une championne, je ne me souvenais plus d’où j’avais mis mon sac et mes bâtons (que je n’ai jamais encore utilisés!). Pour ajouter à ça, mes bottes étaient au chalet et ma deuxième paire (parce que j’en ai deux paires identiques sauf pour la couleur, vu que j’en avais perdu momentanément une paire…)  est je ne sais où. Dire que mon amie et moi avons souffert! On a été récompensées par cette vue :
Mais après, pour la descente. C’ÉTAIT 1000X PIRE! Disons que j’étais encore plus découragée en revenant. J’ose espérer que l’adrénaline me poussera quand mes jambes ne seront plus capables de le faire au Pérou!

Surtout que la semaine passée, je me suis dit en montant l'allée de l'avion qui était en train de prendre de l'altitude que juste ça, c'était pas facile... Alors je ne veux pas imaginer la montagne!

J’ai aussi été très dernière minute pour compléter mon équipement. Aucune surprise là quand on me connaît!

La liste était interminable. J’en avais demandé une grande partie pour ma fête. Une maudite chance parce que même si j’ai eu un rabais de 20% sur tout ce qui n’était pas en solde et que pour le reste, j’ai pris les trucs les moins chers et que j’ai laissé faire les choses moins utiles… La facture s’est élevée à près de 1000$. Une chance aussi que j’avais déjà mon sac, mes bottes et mes bâtons depuis un bout. Et comme je n’avais pas tout, ça m’a coûté un autre 500$ pour compléter tout ça, à quatre jours du départ. Ah et j’ai dû payer deux fois l’inscription de 350$ vu que j’ai changé de défi. Alors si un jour, je me fais dire que je me suis fait « payer un voyage » par les donateurs, ça se peut que je crie!

Mais bon, malgré tous les bas de cette récolte et cette non-préparation, j’ai quand même le sentiment d’avoir fait quelque chose de bien puisque j’ai amassé des milliers de dollars pour la recherche sur le cancer. Et j’espère être fière de moi dans deux semaines, une fois le défi complété.

Parce que malgré tout... j'ai vraiment hâte.

Ce sera donc à suivre, évidemment, sur mes différents réseaux sociaux! (J’ai acheté un chargeur solaire pour mon cellulaire vu que j’en suis dépendante!)

Et pour ceux qui voudraient m’aider à compléter ma collecte, voici le lien 😊