samedi 24 octobre 2020

Grand chelem complété à Roland-Garros!

En mai 2019, soit il y a presque un siècle dans les circonstances, j’ai passé une semaine à Paris avec mon père pour le tournoi de tennis de Roland-Garros. Mon père m’a un jour promis que j’assisterais aux quatre Grands chelems de tennis et il a tenu parole. Il ne me manquait que celui-là, après avoir assisté aux Internationaux des États-Unis (US Open) en 2009 et en 2014, aux Internationaux d’Australie 2013 et à Wimbledon (en Angleterre) en 2014.

On a acheté nos billets pour cinq journées de la deuxième semaine. J’avais dû me lever à 5h du matin, carte de crédit en main, quelques mois plus tôt pour les réserver. Comme on n’avait droit qu’à quatre billets au total pour les deux stades principaux, j’ai utilisé deux adresses courriels et donc deux comptes pour pouvoir en avoir huit, soit quatre jours avec une paire. La cinquième journée, on a pris l’option de tous les autres stades et on a été gâtés, parce que la jeune Leylah Annie Fernandez, Québécoise qui évoluait alors chez les juniors, jouait sur un des petits terrains. On a finalement pu voir chacun de ses matchs, sauf sa finale puisqu’on avait une journée prévue avec des amis parisiens. On l’a toutefois regardée sur l’iPad dans notre petit appartement avant d’aller les rejoindre!

J’avais déjà visité les installations, cinq ans plus tôt, et je vous avais raconté ça ici.

Roland-Garros en bref :

J’ai dû demander de changer de place pendant un des matchs parce que la personne à côté de moi sentait trop mauvais. C’était insupportable. On nous a offert de prendre les sièges pour ceux qui accompagnent les personnes en fauteuil roulant puisqu’ils n’étaient pas occupés. La préposée semblait me trouver bizarre de demander ça – j’ai carrément dit que la personne à mes côtés empestait! –, mais mes narines étaient plus importantes que mon tact.

Les lattés avaient l’air de ça :

La bouffe sur le site coûtait une FORTUNE. Jugez-en par vous-mêmes :

On a eu une journée complètement annulée à cause de la pluie. En échange, on pouvait y retourner sans frais le lendemain. Ça tombait bien, c'était la seule journée pour laquelle on n’avait pas acheté de billets!

Et ça nous a donné la chance d’acheter de merveilleux imperméables couleur terre battue! (Oui, mon parapluie vient de Wimbledon!)

Roger Federer n’avait pas participé à ce tournoi depuis 2015. Non seulement j’ai eu la chance de le voir, mais j’ai assisté à la demi-finale entre Rafael Nadal et lui. Un moment inoubliable, même si ce n’est pas mon préféré qui a gagné!

 

Je vous épargne le nombre de photos que j'ai dû prendre pour réussir à en avoir une belle des balles avec l'écriture dans le bon sens!

Les bancs dans la station de métro avaient l’air de ça :

 

Alors voilà, un autre item de coché sur ma bucket list. Merci papa!

mercredi 30 septembre 2020

P'tites vites du Saguenay

Je vous parlerai sous peu de la fameuse petite maison blanche de Chicoutimi, mais en attendant, allons-y pour des p’tites vites du Saguenay!

D’abord, on a bien ri quand on a vu le slogan de la ville de Chambord disant : « Chevauchez la nature ». On n’a pas tous la même définition du verbe chevaucher, mettons!

Comme on était en pleine pandémie, j’ai bien aimé le masque ajouté à la pancarte en 2D de Philippe Laprise à la billetterie du village de Val-Jalbert!

Sur la route entre Roberval et Chicoutimi, on croise aussi une tonne de bannières soulignant les différentes vedettes originaires du Saguenay qui se sont démarquées dans diverses secteurs, comme les sports, les arts, la politique. On a notamment croisé les bannières de feu Dédé Fortin, du maire Labeaume ou encore de la patineuse de vitesse Marianne St-Gelais.

Je voulais aussi aller voir la Pyramide des Ha! Ha!

À quoi sert cette pyramide faite de « Cédez le passage »?

Elle a été conçue pour commémorer les victimes du déluge du Saguenay (dont je vous parlerai prochainement) et se voulait aussi une « œuvre du millénaire de stature internationale ». Donc, pour aider à son financement (2 millions $), 25 000 personnes ont acheté une « pointe d’humour » avant même la première pelletée de terre. Pour ceux qui n’auraient pas saisi ici, je rappelle que ce sont des triangles, près de la rivière Ha! Ha!

C’est comme ça qu’est née la pyramide équilatérale faite de 3000 panneaux de signalisation « Cédez le passage ».

J’ai connu, comme des millions de Québécois, l’existence de la Fromagerie Boivin pendant la première édition de Star Académie, alors qu’une des jumelles Villeneuve avait demandé à ses parents de lui apporter du fromage en grains, « celui qui fait squik-squik ». Leurs ventes avaient explosé. J’en achète souvent à l’épicerie, mais je tenais à y aller pour en acheter du frais, frais, frais!

Fondée en 1939, la fromagerie est maintenant dirigée par les troisième et quatrième générations de Boivin.

Après plusieurs investissements et une entente avec Kraft Canada, entre autres, la fromagerie a encaissé un coup dur en 2011 lorsqu’un incendie a détruit une bonne partie de l’entreprise. Seuls deux départements ont résisté à l’incendie et les dommages ont été évalués à plus de 15 millions de dollars. Au lieu de se décourager, les dirigeants ont décidé de reconstruire et du même coup de devenir une des usines les plus modernes au Canada.

Aujourd’hui, la Fromagerie Boivin transforme environ 30 millions de litres de lait nécessaires à la production de 3,3 millions de kilos de fromage et plus de 2 millions de kilos de poudre de lactosérum par année.

Et nous, on a acheté un méga sac chacune de crottes de fromage pour seulement 5$. Un excellent investissement, croyez-moi! Disons que la durée de vie de nos sacs respectifs a été très courte.

On a aussi été très impressionnées de voir le fromage en grainsen pleine production. Les employés affairés notamment à pelleter les grains ont beaucoup plus de volonté que moi. Je passerais mes journées à en manger!

J'ai aussi appris un nouveau mot : Paréidolie, soit phénomène psychologique, impliquant un stimulus (visuel ou auditif) vague et indéterminé, plus ou moins perçu comme reconnaissable.

Un exemple? Le Labrador qui dort dans une paroi du fjord!

Puis avec pas mal d’imagination, vous verrez un lynx et un sanglier sur les prochaines photos.

 

On est ensuite allées à L’Anse-Saint-Jean, où il y a un super beau pont couvert, ou plutôt un pont « Couvart » puisqu’il est décoré de plusieurs œuvres à l’intérieur.

 

 

Au retour, on a eu un coup de cœur pour Port-au-Persil. Mini village, mais superbe.

Et on a fini ça par un arrêt à la fameuse basilique de Sainte-Anne-de-Beaupré. J’ai eu un petit coup de vieux en réalisant que mon amie était beaucoup trop jeune pour connaître l’histoire de Jacques Demers et de sa virée dans cette église lors des séries de la Coupe Stanley en 1993!


lundi 24 août 2020

Ç'avait l'air de Val-Jalbert...

Comme tout le monde, mes plans de vacances pour 2020 sont pas mal tombés à l’eau. Je prévoyais aller visiter les fjords des îles Féroé et de la Norvège. Covid oblige, je les ai troqués pour… le Fjord du Saguenay.

Un weekend de quatre jours avec ma complice de voyages, Jenny – un road trip en décapotable. Ça s’annonçait prometteur.

Notre itinéraire était le suivant : Roberval et le village fantôme de Val-Jalbert, Chicoutimi, La Baie pour une croisière dans le fjord et finalement L’Anse-Saint-Jean.

À notre arrivée à Roberval, on a regardé les options pour aller souper à distance de marche de l’hôtel afin de pouvoir y laisser la voiture. Je suis tombée sur Les Draveurs, qui présentent un menu de style « cookerie, ce qui était la cuisine des anciens camps de bûcheron ». On y retrouve entre autres leur « légendaire pâté chinois du foreman », soit le plat typique réinventé (bœuf effiloché, bacon, maïs, purée de pommes de terre fumées maison, oignons croustillants et réduction de vin rouge). Le serveur nous a dit que plusieurs émissions de télévision en avaient parlé. On s’est donc laissé tenter toutes les deux et on n’a pas du tout été déçues! Le tartare de bœuf en entrée est aussi un des meilleurs que j’ai mangés depuis des lustres. Une maudite belle découverte!

Le lendemain matin, on est allées visiter le fameux village fantôme de Val-Jalbert. Pour les amateurs des Colocs, oui, j’ai eu la chanson « La rue principale » dans la tête tout le long du voyage.

« L'aut' jour j'ai amené ma bien-aimée
Pour y montrer où c'est que j'étais né
Aussitôt arrivé me v'la en beau joualvert
Ça avait l'air de Val-Jalbert
Quand j'y r'tourne ça m'fait assez mal
Y'é tombé une bombe su'a rue principale
Depuis qu'y ont construit le centre d'achat »

J’avais visité un ghost town au Montana alors je savais un peu à quoi m’attendre, mais je ne pensais pas que Val-Jalbert était aussi gros. L’histoire de ce village abandonné est très intéressante. Alors la voici!

Pour commencer, il faut savoir que la ville a été établie en raison de la présence de l’usine de pulpe (par chez nous, on disait pâte et papier!), nommée… La Compagnie. Elle a été établie à cet endroit à cause de la magnifique chute qui s'y trouve.

 

Les résidents travaillaient tous à l’usine ou avaient un rôle dans la communauté, comme avec le magasin général, l’école, etc.

Ce que je ne savais pas du tout, c’est que la municipalité de Val-Jalbert a survécu un autre 40 ans après la fermeture de l’usine. Mais les habitants étaient très peu nombreux.

L’usine a procédé à un agrandissement en 1914 et à ce moment, la population est de 550 habitants. En 1921, on y retrouve 840 personnes. L’usine doit toutefois y aller d’un arrêt temporaire de ses activités en 1921, ce qui fait en sorte qu’une trentaine de familles décident de partir. Mais il y a une reprise économique en 1926 et la ville en bénéficie, comptant désormais 950 habitants. La compagnie ferme ses portes en août 1927.

Elle offre une réduction du prix du loyer de 50% à ceux qui veulent rester au village. Mais comme ils n’y ont plus de travail, l’offre n’est pas super intéressante. Du lot, 220 personnes partent dès les premières années et 450 les imiteront par la suite. Ce qui fait qu’en 1950, Val-Jalbert compte seulement 50 habitants et en 1970, un maigre 35 personnes.

On décrit le village comme était une bonne vingtaine d’années en avance sur son temps. Notamment parce que toutes les maisons avaient l’électricité, mais aussi parce qu’il y avait un système d’aqueduc et d’égouts. Elles avaient même toutes leur propre « cabinet d’aisance intérieur » - un chic mot pour dire toilette. Il y a même des bornes d’incendie. Il aura fallu attendre plusieurs années après la fermeture du village pour voir ça ailleurs.

L’éducation aussi était avant-gardiste. Les élèves y suivaient un cours élémentaire de quatre ans, apprenant le français, le catéchisme, l’arithmétique (ancien mot pour mathématiques), la géographie, l’histoire sainte et l’histoire nationale.

À la fermeture de l’usine, en 1927, les sœurs restent deux ans de plus, de façon quasi bénévole, afin de poursuivre l’éducation des enfants.

Il n’y a plus d’église à Val-Jalbert. L’église et le presbytère avaient d’abord été incendiés en 1924 et reconstruits la même année. Mais quelques années après la fermeture de l’usine et donc de la paroisse, les matériaux de l’église et du presbytère ont été réutilisés dans la construction d’autres églises dans les environs.

Venons en maintenant aux maisons abandonnées.

Comme elles appartenaient à l’usine et qu’elles étaient en location, les maisons ont graduellement été abandonnées par les habitants. Certaines ont été retapées dans les dernières années, mais plusieurs se sont écroulées sous le poids de la neige.

Les traces du temps qui passe sont aussi très marquantes quand on regarde les arbres qui ont poussé à travers le chemin de fer :


Et dans les fondations restantes de maisons qui se sont effondrées.
Il y avait aussi plusieurs maisons jumelées, où habitaient deux familles. Difficile de croire qu’ils pouvaient avoir une marmaille de dizaine d’enfants dans un espace aussi restreint! Il y avait aussi des pensions pour les ouvriers célibataires. En tout, 80 maisons ont été construites.
Petite anecdote, les habitants n’aimaient pas avoir de pierre sur leur terrain, alors ils les enlevaient. Mais l’une d’elles étaient si lourde que l’homme s’est carrément tué à l’ouvrage en tentant de s’en débarrasser. Alors aujourd’hui, la pierre est toujours là, avec une croix. Je ne sais pas si la tombe de l’homme est à côté, mais si oui, me semble que c’est un peu chien qu’il repose éternellement à côté de la pierre qui lui a coûté la vie!

Le bureau de poste est, comme dans l’émission Les Pays d’en haut, un lieu de commérage comme le sont aussi le perron de l’église et le magasin général. Normal, la postière a accès à toutes sortes d’informations! Elle a le beau jeu pour lancer ou alimenter des rumeurs!

À son apogée, dans les années 1920, le village compte deux magasins généraux, un dans le village et un sur le plateau, un hôtel, une boucherie, un charron, un forgeron, un boulanger, un meunier, un barbier, une gare, une banque, une caisse populaire et une compagnie de téléphone. Nul besoin de dire que Val-Jalbert est très autonome comme communauté!

C’est vraiment une visite que je vous conseille, d’autant plus que les « habitants » - lire les seuls comédiens ou presque à avoir eu du travail à l’été 2020! – sont divertissants. On a été accueillies par une Yvonne, on a rencontré une dame qui cherche l’homme de sa vie ou encore le curé qui aime bien « pousser des petites blagues ».

mardi 21 juillet 2020

Dans la voûte (ou presque) du Coca-Cola

Il y a deux ans, je suis allée à Atlanta et à Nashville avec mon père, question d’aller visiter l’usine où on allait envoyer notre vieux piano datant de 1871 pour le faire restaurer. Alors tant qu’à être là, on a visité, évidemment!
Je vous avais déjà raconté les « p’tites vites d’Atlanta » et « L’histoire des Boutchoux ». Mais j’ai aussi visité le musée Coca-Cola et c’était super intéressant!
 La boisson que l’on connaît a été inventée par Dr John S. Pemberton en 1886.
 On peut d’ailleurs y voir la voûte où serait la recette, mais sans la voir, évidemment!
 
D’ailleurs, la recette est devenue la plus recherchée en Amérique à ses débuts. Nul besoin de dire qu’elle a été surveillée de très près!

Au cours de sa première année d’existence, Coca-Cola n’avait pas des ventes de malade. Ils en vendaient environ… neuf par jour!
Ensuite, quand le succès est arrivé, il y a évidemment une tonne de compagnies qui ont tenté de l’imiter, en utilisant un logo semblable. C’est le cas de « Celery Cola ».
En 1888, Asa Griggs Candler a bien compris que le goût était intéressant. Il a donc commencé à acheter des parts pour devenir le seul propriétaire de la recette en 1892. Candler ne faisait confiance à personne. Il était l’unique propriétaire de la recette et elle était dans une voûte pour laquelle une seule clé existait.
Griggs est même devenu maire d’Atlanta en 1916. Sa famille a vendu Coca-Cola en 1912 pour la modique somme de… 25 millions $. C’était énorme à cette époque!
Pendant des décennies, des pharmaciens, des chimistes et autres ont essayé d’analyser le Coca-Cola pour en déterminer la recette. Ils ont même essayé avec du chromatomaphe gazeux. Pas certaine de savoir ce que c’est, mais ça sonne assez nerd merci!
Alors, qui connaît la recette? La rumeur veut qu’ils ne soient que deux. Qu’ils ne peuvent voyager ensemble. Que leur identité n’a jamais été révélée et que… chacun d’eux ne connaît que la moitié de la formule!

Pour Candler, l’important était d’avoir un prix abordable. C’est pourquoi pendant cinq décennies, le prix était de 5 sous à travers les États-Unis.
À l’époque, les prix ressemblaient à ça :
- 5 sous pour une miche de pain
- 10 sous pour une tasse de café
- 1 sou pour le journal
- 4,75$ pour des souliers de femme
- 25 sous pour un gallon d’essence
- 32 sous pour une douzaine d’œufs
- 1$ pour une chambre d’hôtel à Atlanta
- 40 sous pour 1 oz de parfum
- 2,76$ pour une montre de poche
- 25 sous pour de la pâte dentifrice
- 25 sous pour une coupe de cheveux et un rasage chez le barbier
- 950$ pour une voiture
Au départ, Candler ne voulait pas vraiment que son produit soit embouteillé, mais il a été convaincu en 1899 par des avocats de Chattanooga. Il leur a vendu les droits de l’embouteillage pour 1$ et ç’a été un énorme succès! C’est à partir de ce moment que les gens ont pu déguster leur boisson où bon leur semblait.
Évidemment, Coca-Cola est indissociable de l’image que l’on connaît du père Noël. C’est en 1931 que la compagnie a mandaté l’illustrateur, Haddon Sundblom, pour imaginer ce personnage. Il a créé une centaine de publicités pour Coca-Cola, mais évidemment, aucune n’aura eu autant d’impact que celle-là!
On peut aussi tester notre mémoire en tentant de recréer le logo. Je pensais que j’étais pas pire…
Finalement pas pantoute!
La visite se termine avec toutes les sortes de jus ou boissons gazeuses qui appartiennent à la compagnie, que l’on peut goûter. Elles sont divisées par continent. Je me suis rappelé pas mal de souvenirs avec ça!