vendredi 15 mai 2020

Magnifiques White Sands Dunes et une pistache géante


Difficile de croire que mon voyage au Nouveau-Mexique date de deux mois à peine…

J’ai terminé mon séjour là-bas avec ce qui était le but du voyage : le parc national des White Sands Dunes. Le nom le dit, ce sont des dunes de sable blanc. À perte de vue!
J’avais vu une tonne de photos et j’avais beaucoup trop hâte de voir ça en vrai. En même temps, comme c’est le cas chaque fois que les photos sont extraordinaires, j’avais peur d’être déçue une fois sur place, sans filtre Instagram dans mes yeux…

J’ai réservé une chambre à Alamogordo, ville au nom impossible à retenir. Je l’ai déformé chaque fois que je devais la dire, même si c’était juste dans ma tête!

Le seul truc intéressant que je voulais aller voir à Alamogordo, c’est la plus grosse pistache… au monde!

Cette pistache géante, évidemment non comestible (!), mesure 35 pieds de haut et se trouve devant un domaine où ils en font pousser – ils font aussi du vin et il est plutôt sucré vu les sols arides. Le propriétaire actuel a hérité de la compagnie de son père à sa mort et c’est en son honneur qu’il a fait faire cette sculpture.

Pour la modique somme de 2$, vous pouvez faire le petit tour de ce verger à pistaches.
Fait intéressant, il y a des arbres mâles et des arbres femelles. Le ratio est de 18 pour 1. Les mâles ne produisent pas de pistaches, mais sont essentiels à la reproduction. Pas mal comme chez les humains, finalement, à part le ratio!


On peut ensuite goûter à une vingtaine de saveurs de pistaches. Ce n’est pas long, mais c’est quand même cool et différent comme visite.

L’entrée pour le parc national est à une trentaine de minutes de là. La journée où j’ai décidé d’y aller, il faisait super beau et pas trop chaud. C’était parfait… sur papier. Parce que dans le désert, le soleil, même s’il fait à peine 20 degrés Celsius, il tape en maudit!

J’ai décidé de faire la randonnée sur la Alkali Flat trail. C’est la plus difficile et fait 8 km. C’est donc accompagnée de Charlot que j'ai commencé la marche. À l’entrée, on avertit de bien se couvrir la tête, d’avoir assez d’eau et de mettre de la crème solaire. Disons que j’avais de l’eau. Le reste, je n’y avais pas pensé.
 
C’est vraiment beau. Du blanc à perte de vue et des rocheuses au loin! Pour savoir où l’on va, il faut suivre les bâtons rouges. Bon, à un moment, j’avoue que j'ai commencé à trouver ça un peu long, dur et surtout je sentais que j’étais en train de cuire. Alors quand j'ai vu que les poteaux rouges faisaient un long demi-cercle, j’ai préféré marcher sur le diamètre.
 

C’est quand même beaucoup de montées et de descentes, dans le sable, évidemment, et c’est parfois si abrupt que je devais grimper à quatre pattes!

 
Au final, ma Fitbit a calculé que j’avais monté… 100 étages!
Alors je n’étais pas juste brûlée du soleil, j’étais brûlée tout court.

Je l’ai trouvée moins drôle une fois à l’hôtel, où j’ai passé une partie de la nuit à me mettre de la crème hydratante dans le visage et sur les épaules. Je n’apprendrai donc jamais!
White Sands est aussi un endroit où ils testent des missiles. Donc il est possible d’être pris dans un embouteillage sur l’autoroute pour cette raison.
Heureusement, ça n’a pas été mon cas. Mais je voulais aller voir le Missile range museum. J’avais vu une photo de l’entrée et on y voit un tas de missiles plantés dans le sol et on disait qu’on pouvait aller le visiter. Sauf que… c’est au bout d’une cinquantaine de kilomètres, une fois à l’entrée, que le gardien de sécurité m’a appris que seuls les résidents américains avaient le droit de passer l’entrée, même si c’était juste pour aller prendre une photo! Et il m’a bien avertie qu’en tant que Canadienne, j’étais beaucoup mieux de ne pas essayer d’en prendre une en faisant demi-tour.

Je cherche encore l’explication à ça…
Le pire, c’est que je n’avais vraiment plus beaucoup d’essence, mais qu’il n’y a absolument rien autour. La ville la plus proche était en sens contraire de mon hôtel, à une vingtaine de kilomètres. Je n’avais pas le choix, je ne me rendais pas à ma véritable destination. Vous dire comment j’ai eu peur de manquer d’essence… J’ai fait tous les bouts d’autoroute en pente descente en nulle – et c’était une transmission automatique!

Je l’ai fait, mais d’après moi, je suis arrivée à la station-service sur des vapeurs d’essence…

Tout ça pour me taper l’heure de route pour retourner à Alamogordo.

En rafale :


Toujours utile un casque de moto… attaché au siège.

Il y a une ville qui s’appelle Truth or Consequences. Sans blague!
J’ai bien aimé les affiches pour les stationnements, personnalisées pour l’endroit. Comme celle-ci au restaurant Chili’s.
Et elle, au verger de pistaches.
Comme c’est près du Mexique, l’espagnol est très présent. Mais j’ai quand même été surprise de voir un rayon des marques hispaniques dans une pharmacie!
Et il y a cette statue un peu bizarre pour laquelle j’ai fait un petit détour!
On a trouvé la rue parfaite pour Charlot. Elle est minuscule et je suis tombée dessus par hasard à El Paso, au Texas, mais j’étais beaucoup trop contente. Le voici donc avec la rue Chihuahua! 
Toujours à El Paso, la palme de la maison la plus bizarre revient à la «Casa del azucar», ou la maison du sucre :
  
 
Le propriétaire avait promis à sa femme de lui bâtir quelque chose de beau. Il a commencé en 1973 et a travaillé pendant 25 ans à sculpter et peindre toutes les petites pièces qui ont formé cette grande œuvre d’art, un peu clinquante.

Plusieurs pièces ont une connotation religieuse. D’ailleurs, il a travaillé pendant 300 heures pour le sanctuaire de l’entrée. On y retrouve des fleurs, des feuilles et autres motifs de la nature, de même que des ananas. Au Mexique, d’où vient le propriétaire-artiste, ce fruit est un symbole d’hospitalité.

Mettons qu’elle sort du lot dans le quartier.

mardi 28 avril 2020

De Théodore le remorqueur à la bière d'Alexander Keith


Quand j’étais jeune, mon idole était le gardien de but José Théodore. Il l’a été dès la première fois où je l’ai vu jouer. Il venait de se faire échanger des Lynx de St-Jean aux Olympiques (de Hull, à l’époque) et il avait blanchi les Saguenéens de Chicoutimi 5 à 0. C'était en 1994. Mon père, qui a bien vu à quel point j’étais impressionnée, m’a dit « Il appartient aux Canadiens, un jour il va faire la Ligue nationale ». Un vrai devin! J’ai par la suite suivi sa carrière jusqu’à la toute fin. Quand j’ai une idole, je ne la lâche pas.

Pourquoi je vous raconte ça? Parce que c’est à cause de lui que j’ai absolument voulu aller voir… Theodore Tugboat à Halifax. Lien boiteux, vous me direz, mais c’est souvent ce qui se passe dans ma tête!

Donc, j’ai vu le véritable Théodore remorqueur pour la première fois en 2003, quand j’avais fait l’interminable voyage en autobus avec une amie pour aller voir deux matchs de la finale de la Coupe du Président entre les Olympiques et les Mooseheads. Puis, récemment, grâce à ma nouvelle vie d’agente de bord, j’ai pu y retourner le temps d’une journée. Je devais donc refaire mon pèlerinage à la Théodore!

C’est que je suis un peu trop vieille pour avoir regardé l’émission à Canal Famille dans le temps. Pour vrai, si ça n’avait pas été de son nom, je n’aurais jamais appris l’existence de ce bateau. Il semblerait qu’il y ait une vingtaine de petites répliques des personnages de la série télévisée au Musée maritime de la Nouvelle-Écosse, mais Théodore est le seul qui a eu droit à une réplique grandeur nature.

D’abord, quelques spécifications sur ce bateau – on peut en faire des tours, mais ce n’était pas possible la journée où j’y étais.

Il s’appelle Theodore Too et a été bâti à Dayspring, en Nouvelle-Écosse. Dessiné par Fred Allan et Maruis Lengkeek, il a été mis à l’eau le 19 avril 2000. Après quelques visites marquées de succès dans différents ports nord-américains, il habite maintenant à Halifax où il fait le bonheur des touristes.

Theodore Too mesure 65 pieds de long et 22 pieds de large. Je vais vous épargner les données sur son moteur, parce que ça ne me dit rien haha.

 
À Halifax, j’ai aussi fait la visite de la brasserie Alexander Keith’s. Je ne bois pas de bière, mais c’était tout de même intéressant.


D’abord, j’ai appris qu’Alexander Keith avait été élu maire d’Halifax en 1843, 1853 et 1854. Pas certaine, mais je pense qu’à cette époque, une élection était valable pour une année seulement. Il a également été président du président du conseil législatif de la Nouvelle-Écosse pendant 30 ans  Il a été super important pour le développement de la ville, si bien qu’il y a eu foule dans les rues lors de son décès, pour l’honorer.


Alexander Keith, un Écossais, a immigré en Nouvelle-Écosse (pour pas trop perdre ses repères, j’imagine!) en 1819. Trois ans plus tard, il commençait à brasser une IPA, soit une Indian Pale Ale, une bière plutôt forte (ça, c’est la barmaid en moi qui tenait à vous l'expliquer!)

Un des trucs intéressants de la visite – et un peu répugnant, quand même –, c’est l’histoire d’une bouteille datant de 125 ans retrouvée en mer par un plongeur de la Nouvelle-Écosse. Découverte en 2015, la bouteille renfermait, après analyses, la IPA originale de Keith, fabriquée plus d'une centaine d'années ans plus tôt.

 Sinon, bien avant la pandémie, j’ai vu ça dans une boutique souvenir et j’ai bien aimé!


Comme vous le savez sûrement maintenant, j’adore les murales et j’ai été bien servie à Halifax!


 

 
J’ai aussi bien aimé cette sculpture.

En terminant, mention spéciale à cette note à mon hôtel. Puisque chaque petit pas pour l’environnement est important…


mercredi 22 avril 2020

Au pays des trolls

J’ai visité le Troll Hole, un genre de musée de trolls (à Alliance, en Ohio) où on retrouve la plus grande collection de ces petites figurines, soit 2990, selon les Records Guinness qui ont été de passage en 2012. Je sais qu’un autre musée tente de battre le record, ce qui fait que depuis, le nombre de trolls dans celui-ci a beaucoup augmenté, compétition oblige.
 
Moi qui pensais bien naïvement que trolls n’étaient que les petits bonshommes nus avec les cheveux fluo dans les airs, j’ai fait le saut en voyant les horreurs de trolls originaux.

Commençons par les cutes.
Bon, je n’ai rien à dire sur eux, mais je voulais commencer avec une belle photo avant d’en montrer des laids.
C'est vraiment hideux, hein?

Passons aux plus mythiques. Ils sont nés dans le folklore scandinave et il y a plusieurs siècles, les gens croyaient dur comme fer à leur existence. Il y a différents trolls; les voici.
Le Norvégien est le plus grand de tous. Il a un très long et gros nez, peut sentir les chrétiens (qu’il a en aversion), mange les humains, a généralement une très longue barbe, se transforme en pierre à la lumière du soleil, n’est pas un grand fan de bijoux, mais aime quand même les boucles d’oreille et vit seul la plupart du temps, sauf quand il a des enfants. Bref, pas le plus sympathique du lot.

Le Suédois a les cheveux très longs – genre qui touchent le sol, peut manger des humains, mais il est également possible de le convaincre de ne pas le faire, parfois. Il aime les perles et les bijoux, il est gros, mais pas énorme comme le Norvégien, se transforme parfois en pierre à la lumière du jour et vit en grand nombre, en famille.

L’Islandais, contrairement aux deux précédents, n’a pas de queue. Il a l’air très épeurant, même quand il est gentil, n’aime pas le soleil, mange les humains, mais préfère les enfants et vit en groupe avec sa famille.

Le Danois est très petit comparé aux trois autres. Il a parfois des cornes, ne mange pas du tout les humains, a tendance à ne pas porter trop de vêtements, n’a pas de problème avec le soleil et il vit en groupe, avec quelques adultes et de nombreux enfants.

Dans la mythologie, les trolls originaux avaient horreur des chrétiens et pouvaient même sentir leur sang à des kilomètres. Ils étaient très dangereux, mais attaquaient rarement s’ils n’avaient pas été provoqués. Les trolls sont aussi effrayés que fascinés par les humains. Ils ont aussi une fascination pour les enfants, qu’ils volent parfois, soit en échange d’une bûche de bois, soit en échange d’un de leurs propres enfants.

Les trolls peuvent vivre jusqu’à des centaines d’années et leur état de santé est lié à celui de leurs dents. Mais on ne sait pas combien de rangées de dents ils ont, puisqu’on ne peut les examiner quand ils meurent, leur corps se changeant automatiquement en bois, en eau ou en pierre. Pas d’autopsie possible! 

En terminant, quelques trucs pour les identifier : ils ont généralement quatre doigts et quatre orteils, parfois une queue, des fois des crocs ou des griffes et peuvent avoir des déformations, comme un très gros nez ou d’énormes oreilles. Comme ce sont des mammifères, ils ont aussi une petite fourrure, plus épaisse en hiver.

Quand ils naissent, ils mesurent environ la même chose qu’un humain de deux ou trois ans. Ils ne cessent jamais de grandir, si bien qu’ils peuvent atteindre la grandeur d’un chimpanzé ou… d’une montagne!

Alors, maintenant que vous savez tout, vous pouvez vous organiser une chasse aux trolls! Mais rassurez vos enfants, je ne pense pas que ce soit eux dans les films d'animation!

mardi 21 avril 2020

La petite histoire des chats porte-bonheur (ou Maneki-Neko)

Eh oui, il me reste encore des trucs à raconter sur mon road trip aux États-Unis, même s’il s’est terminé il y a maintenant un an et demi. Ça tire à sa fin par contre!

Lors de la 72e journée sur 74, j’ai passé par Cincinnati, en route vers Cleveland où j’allais voir un match des Cavaliers le lendemain. La raison est simple : je voulais aller voir le Lucky Cat Museum. Vous savez, ces petits chats qu’on retrouve dans tous les restos asiatiques et qui bougent la patte sans arrêt? Oui, un musée sur ça. Ç’avait l’air weird, alors je voulais y aller absolument!
C’était tout petit, mais il y avait des centaines et des centaines de petits chats.

Tout d’abord, leur vrai nom est « Maneki-Neko », qui se traduit par « chat qui fait signe de s’approcher ». Mais « lucky cat » sonnait probablement mieux que « beckoning cat » en anglais. Ils sont nés au Japon et ils dateraient de quelque part entre 1615 et 1865, et la plus ancienne preuve de leur utilisation comme talisman remonte à 1852.
À l’époque, ils étaient beaucoup plus réalistes et les couleurs se limitaient pas mal au blanc et noir. C’est quand le Feng Shui s’en est mêlé que les couleurs sont apparues avec différentes significations.

Les chats ne sont pas vraiment en train de nous saluer. Au Japon, le geste de descendre la main vers le sol signifie qu’on veut que quelqu’un s’approche. La patte droite du chat qui bouge apporte chance et prospérité, tandis que la patte gauche cherche les clients et c’est pour ça que c’est la plus répandue dans les commerces!

Il semblerait qu’il y a quelques origines possibles à cette tradition de chat porte-bonheur. La légende qui fait le plus l’unanimité est celle du temple Gotokuji de Setagaya (en banlieue de Tokyo, qui s’appelait Edo à l’époque) et aurait eu lieu au 17e siècle.
Selon la légende, le temple était très pauvre et donc le prête qui l’habitait aussi. Il avait à peine de quoi manger, mais il a tout de même adopté un chat blanc, qu’il a prénommé Tama. La situation du temple s’est empirée et un jour, le prêtre a dit à Tama qu’il serait probablement mieux de partir et de se débrouiller seul. Le chat n’est pas allé bien loin et s’est installé dans la rue tout près pour faire sa toilette. C’est alors qu’un orage a éclaté.
Un maître samouraï et ses hommes passaient par là et se sont réfugiés sous un arbre. Quand le maître a vu Tama qui bougeait la patte un peu comme s’il lui disait de s’approcher de lui, il a quitté l’arbre, accompagné de ses hommes. Aussitôt, la foudre s’est abattue sur l’arbre, ce qui fait que le chat leur a tous sauvé la vie. Le samouraï et ses hommes ont ensuite suivi le chat jusqu’au temple, où le prêtre les a accueillis.
Reconnaissant et impressionné par le prêtre, Lord Ii est devenu patron de ce temple et ce dernier a prospéré. Quand Tama est mort, il a été enterré dans le cimetière du temple, dans un lieu de choix, et la première statuette de Maneki-Neko a été fabriquée en son honneur.

Le mot s’est passé et les gens ont commencé à placer des figurines comme celle-ci dans les maisons, les boutiques, les temples, croyant qu’elles leur apportaient chance et argent.

En terminant, les chats blancs apportent la chance, les noirs la sécurité, ceux de couleur or ou jaune la richesse, les rouges la santé et les roses l’affection.