dimanche 22 janvier 2017

Trésors cachés (des dumplings!) à New York

Deuxième petit voyage éclair cette semaine. On aime ça!

Direction : Jersey City. Ce n’est pas ma première visite au New Jersey pour un match de hockey. J’étais déjà allée voir les Devils deux fois, lors de deux voyages de hockey/football/musique précédents.

Contrairement à mes derniers séjours, j’ai logé dans un beau quartier. Loin de Newark, Jersey City est vraiment belle. Mais c’est surtout la vue qu’on a de New York qui est sublime!
On a découvert un bon petit resto à déjeuner, le Sam A.M. Dans un coin plutôt résidentiel, un peu en retrait, ce petit resto a vraiment beaucoup de cachet. On a opté pour l’omelette du jour. Même si c’était clairement cuit dans le beurre, on s’est régalés!
Puis on a utilisé un Uber (ça ne coûte rien!!!) pour se rendre au fameux Carlo’s Bake Shop. OUI, celui qui est dans Cake Boss. Bon, je vais être honnête ici, je n’ai jamais vu un seul de ces épisodes. Mais j’en ai vraiment beaucoup entendu parler et je me souviens qu’on avait cherché cet endroit il y a quelques années, dans le temps où les recherches Google étaient plus difficiles en chemin parce qu’on n’avait pas de forfait de données à l’étranger sur nos cellulaires!

J’aurais léché la vitrine et je me serais roulée dans les pâtisseries tellement ç’avait l’air bon. Ça me faisait un peu penser au Mike’s Pastry à Boston, un incontournable.
 
J’ai finalement choisi un cupcake au chocolat avec glaçage au beurre d’arachide et un «lobster tail» fourré au Oreo. Oui, je vais aller au gym à mon retour, promis!
 
Le cupcake était bon, mais pas à s’en pitcher sur les murs. Mais l’autre pâtisserie. OMG. Divine.
La veille, nous avons passé la soirée de l’autre côté de la rivière Hudson. J’aime tellement le transport en commun à New York, il est pratique, rapide, efficace et vraiment pas cher. Ceux qui me connaissent savent pourtant à quel point je déteste utiliser ce service à Montréal…

On s’est promenés un peu pour le travail et on est notamment allés devant la Trump Tower. Il y avait ridiculement trop de sécurité pour un coin de rue… Je suis certaine qu’il y avait des tireurs d’élite cachés partout et que le SWAT était en stand-by. 
 
Tout ça et Trump n’était même pas là. Ça va être le fun, les quatre prochaines années… Fin de mon commentaire politique! Mais voici quand même une photo de ce qui était écrit partout sur les trottoirs près de l'hôtel et une autre d'un vendeur de macarons devant la tour!
 
Je savais qu’on allait marcher beaucoup, mais je ne pensais pas que ce serait si pire. J’avais donc mes petits bottillons à talons hauts. Ça allait bien pour les premiers kilomètres, mais après quatre,  je voulais mourir. Je me suis donc dirigée vers l’extraordinaire Forever 21 de Time Square – quatre étages de pur plaisir – pour m’acheter des souliers confortables en deux minutes. Les 12,90$ les mieux investis de tout le voyage. Une maudite chance que j’ai acheté ça, parce que j’avais 10 km à mon compteur une fois de retour à l’hôtel! 
Après tout ça, on était AFFAMÉS. On ne voulait pas aller dans une chaîne de restaurants, on cherchait un petit endroit méconnu. Mon collègue a googlé «best dumplings in New York» une fois qu’on a décidé d’aller dans Chinatown. Direction : Lam Zhou Handmade Noodle. Une fois devant l’édifice, quelle surprise, ç’a l’air sketch en maudit! Le genre de place où on ne serait jamais – au grand jamais! – entrés si on ne l’avait pas trouvé sur Google, où les avis étaient tous excellents.

Ça n’a pas l’air si propre, les employés parlent une langue étrangère entre eux, les sourires semblent facultatifs et les tables sont sales. Le menu est écrit en mandarin et en anglais sur un tableau au mur. Les prix sont si bas, c’est presque impossible qu’ils fassent du profit!
 
C’est le genre de place où tu dois partager ta table ronde avec des inconnus (on a dû faire tasser quelqu’un pour pouvoir s’asseoir un à côté de l’autre!), où tu es assis sur un petit tabouret pas super confortable, où il n’y a que des gens du quartier, des habitués, où la serveuse t’accueille avec un «Ready?» et où elle dépose les assiettes dès qu’elles sont prêtes, sans attendre le reste de la commande et surtout, sans souhaiter «Bon appétit» ou sans faire de suivi pour s’assurer que tout est bon.

Ils n’ont qu’une seule sorte de dumplings et je ne pourrais même pas dire ce qu’il y avait dedans exactement. Mais dès que j’ai pris ma première bouchée, c’est clair que mon visage a changé. C’est que mes papilles gustatives étaient en train de virer folles. Succulent, savoureux… parfait seraient les mots les mieux choisi pour décrire le goût. On a chacun pris une soupe aux nouilles et c’était tout aussi excellent.  Vraiment, c’est un extraordinaire trésor caché!
J’ai dit tantôt que la serveuse ne faisait pas de suivi (ni de sourire!), mais à sa défense, elle ne doit pas avoir souvent de plaintes, alors à quoi bon faire un suivi? C’est donc le genre d’endroit qu’on aurait complètement raté si on ne l’avait pas trouvé sur le web. Et on serait passés à côté d’un succulent repas! C’est déjà décidé qu’on y retourne à notre prochaine visite à New York!

On était pleins comme ça ne se peut pas après avoir mangé tout ça. Et ça ne nous a coûté que 20$ au total! Une vraie blague! La serveuse n’était pas super contente de devoir nous donner une facture par contre. Trop d’efforts, sûrement! Quand ladite facture est arrivée, on a compris qu’elle ne devait pas en faire souvent, vu qu’ils doivent sûrement utiliser le même bloc de papier depuis 1982.
Ah oui et on voit (et on entend!) le cuisinier faire la pâte à l’entrée de la cuisine. Il la fouettait à grands coups, mais chaque fois que je sortais ma caméra pour filmer, il arrêtait!
J’ai déjà hâte d’y retourner!

mardi 17 janvier 2017

Detroit, c'est triste

Je suis à Detroit pour la troisième fois. La première, c’était lorsque je suis allée voir la finale de la Coupe Stanley en 2013. J’étais seulement arrêtée pour voir la ville, en route pour Chicago, le temps d’être prise dans une marche en l’honneur de Martin Luther King. Disons que si on avait joué à «Trouver l’intrus», ça n’aurait pas duré très longtemps. La deuxième, c’est lorsque je suis venue voir les Lions contre les Dolphins de Miami il y a deux ans. C’est l’épisode, pour ceux qui s’en souviennent, où on était habillées aussi chaudement que ceux qui explorent le Grand Nord… pour réaliser que c’était un stade couvert. Bref, mes deux premiers séjours avaient été mémorables, côté anecdotes.

Cette fois, j’y suis pour le travail. Je dois d’abord dire que ma chambre d’hôtel était géniale et que j’aurais bien dormi 1000 ans dans mon lit king. Pour vous la décrire, je ne dirais pas qu’elle était grande, mais… j’ai réussi à y perdre une banane. Oui, j’ai perdu 15 précieuses minutes de ma vie à chercher une maudite banane dans une chambre d’hôtel. Je ne l’ai JAMAIS trouvée. Mystère…
C’est vraiment un voyage éclair. On n’y sera même pas 24 heures. À notre arrivée hier soir, nous sommes allés manger une excellente pizza dans une microbrasserie près du campus universitaire, le Motor City Brewing Works.
Un peu hipster comme endroit, mais très sympathique. La pizza «fuego» quelque chose, par contre, semblait très, très épicée, si je me fie au fait que mon collègue n’a probablement plus de papilles gustatives. Sauce habanero, jalapenos et saucisse épicée, entre autres, ça donne un mélange assez explosif. J’ai passé mon tour.

Leur marque de commerce est la bière «Ghettoblaster». Je n'y ai pas goûté par contre!
Detroit est une drôle de ville. C’est très difficile à décrire. Sur la même rue – déserte, il n’y a personne – on passe de maisons qui étaient jadis magnifiques et qui sont maintenant abandonnées, les vitres cassées, les portes barricadées. Puis à peine un coin de rue plus loin, quelques commerces douteux.
Des édifices abandonnés, il y en a à la pelletée. C’est très triste. Sauf que la ville semble vouloir renaître de ses cendres. Et ce qui renaît, ce sont vraiment beaucoup d’endroits chics et d’autres hipsters. On se croirait souvent dans le Mile-End de Montréal.

Le contraste le plus frappant, c’est près de la Detroit Central Station. Cette vieille gare, qui était sûrement superbe il n’y a pas si longtemps, est abandonnée, elle aussi. Elle est immense. On n’a fait que passer devant, mais j’ai pu entrevoir l’intérieur du hall, qui avait des airs de Central Station de New York avec ses hauts plafonds en voûte. Mais il n’y a plus de vie. Il y a bien quelques lumières allumées ici et là, probablement pour faire fuir les squatteurs, mais l’imposante bâtisse est entourée de barbelés. Vue de soir, c’est d’une tristesse infinie.
Sauf qu’on n’a qu’à se retourner pour apercevoir quelques restaurants qui ont l’air flambant neufs. Le temps d’un pâté de maisons, sur Michigan Avenue, restos haut de gamme se succèdent. Il y a même le Gold Cash Gold, qui a gardé le nom du «pawn shop» qui était auparavant sur cette rue et qui est maintenant un restaurant plutôt «class». Tout ça dans le même champ de vision. J’ai trouvé ça dérangeant un peu. C’est difficile à expliquer.

Un lecteur m'a parlé d'un vidéoclip tourné par Eminem dans la station abandonnée, le voici, on peut y voir un peu l'intérieur:
 
À ma prochaine visite, je veux absolument aller au bar UFO, où il paraît que des articles de journaux concernant les OVNIS tapissent les murs. Je ne peux pas rater ça!

J’ai eu le temps d’essayer seulement un autre restaurant, le Parks & Rec Diner, un autre endroit un peu hipster à la décoration plutôt cool.
 
L’endroit est sympathique et très achalandé, mais je ne pourrais pas vraiment dire que j’ai aimé mon déjeuner. Quand on essaie de trop réinventer les classiques, c’est parfois raté.
On a utilisé Uber pour se déplacer. Disons que ce ne sont pas les voitures les plus luxueuses. J'avais vraiment l'impression que c'était Monsieur-Madame tout le monde qui avait décidé de se lancer là-dedans. La première chauffeuse ne savait pas où était la gare et conduisait un peu dangereusement. Elle est passée sur une lumière rouge et a fait un «U-turn» en plein milieu d’un boulevard…

Pour le reste, j’ai enfin pu voir un match de hockey au Joe Louis Arena.
Il était temps, parce que c’est la dernière saison des Red Wings à cet endroit. J’ai vu de loin la construction du nouvel amphithéâtre. C’est tout de même bizarre de dépenser autant d’argent alors que la moitié de la ville est abandonnée…


Le mot qui décrirait le mieux le Joe Louis Arena est «vétuste». Le tableau indicateur en est un bon exemple :
Mais bon, il a du cachet. Pas certaine par contre que les escaliers soient si sécuritaires, sans rampe! J’ai eu peur de tomber quelques fois!
Alors voilà, j’ai maintenant 20 arénas de la LNH de cochés sur ma liste!
 

lundi 12 décembre 2016

J’ai raté (gâché) mon escale à Istanbul

Les voyages, c’est beau, c’est magique, c’est parfait. Sur Facebook, genre. Dans la réalité, ce n’est pas toujours le cas. Mon escale à Istanbul en est un bon exemple. Je l’ai ratée. Dans le sens de «fail».

Dernièrement, j’ai décidé de profiter des escales que j’ai en voyage. Au lieu de les détester en trouvant que je perds mon temps avant d’arriver à destination, je fais exprès – quand c’est possible – d'en avoir des longues, dans des villes que je n’ai jamais visitées. C’est comme ça que cette année seulement, j’ai passé du temps «gratuitement» à Doha (Qatar), Dubaï (Émirats arabes unis), Los Angeles, Séoul (Corée du Sud) (texte à venir) et… Istanbul, en Turquie.

Parenthèse ici, mon passage date de moins de deux mois avant les attentats à Istanbul. Nul besoin de dire que j’ai eu froid dans le dos en apprenant qu’il y avait eu des morts exactement là où je me trouvais si peu de temps auparavant…

J’avais près d’une dizaine d’heures, de 5h le matin à 14h. Ce n’est pas beaucoup, mais c’était suffisant pour aller visiter quelques essentiels. Je m’étais même acheté un petit livre sur la ville. J’étais prête! Je n’avais pas vraiment le temps de faire une visite avec un autobus ou autre truc de touristes du genre, alors j’allais tout faire par moi-même. L’aéroport est assez loin de la mosquée bleue, qui allait être le fait saillant de ma visite. Elle était tout près de la basilique Ste-Sophie également et si j’avais le temps, je prévoyais visiter le marché qui n’est pas très loin de là.

Tout était prévu et tout entrait dans mon horaire, bien que serré. J’ai décidé de louer une voiture à l’aéroport. Je suis arrivée un peu plus tard que prévu, mais j’avais encore le temps de faire tout ce que je voulais. C’est toutefois là que les choses ont commencé à dérailler. Il m’a d’abord fallu un temps fou avant de trouver la compagnie de location de voiture. Malheureusement pour moi, je suis tombée sur l’employé qui n’allait visiblement pas remporter le prix du plus compétent de l’année. Ç’a pris une éternité avant qu’il finisse de remplir la paperasse. J’ai expliqué que j’étais pressée, que j’avais à peine quelques heures et que je venais déjà d’en perdre presque deux. Il était très étonné d’apprendre que je reprenais l’avion à 14h. Il avait clairement la mémoire d’un poisson rouge, car il a ensuite essayé de me vendre le forfait avec l’hôtel.

*soupir*

Après ce qui m’a semblé être une trois éternités, on s’est dirigés vers la voiture. J’ai loué un GPS parce que je n’ai pas pu louer de petit WiFi portatif. Google Maps n’était pas une option. Pour être gentil, l’employé m’a proposé d’inscrire le nom de la mosquée bleue dans le GPS, puisque c'était en turc. Disons que c’était long pour moi d’écrire : Sultanahmet Camii. Surtout que des mosquées, dans le coin, il y en a une et une autre.

Avant de poursuivre, je dois préciser qu’Istanbul est entouré d’eau et qu’un des ponts mène à la partie asiatique de la ville – c’est la seule au monde qui soit sur deux continents.
Le GPS m'a dit que ça va me prendre environ une heure. C’est long, mais bon, c’était peut-être plus loin que je pensais. Ç’a pris tellement de temps avant que je prenne possession que j’étais maintenant en pleine heure de pointe matinale. Ce n’était pas du tout prévu. Mon avion s’était posé au sol il y avait déjà près de quatre heures. Que de temps gaspillé! Je me suis arrêtée dans une station-service pour m’acheter de quoi manger, parce que je n’avais encore rien englouti en sol turc. Bien évidemment, je ne comprenais rien aux pancartes, autant sur la route que dans le magasin. J’ai «spotté» quelque chose qui avait l’air d’une chocolatine. C’est sur ça que mon choix s’est arrêté.

J’aurais dû attendre par contre parce qu’il y avait des vendeurs itinérants… sur l’autoroute! Preuve que l’heure de pointe est quelque chose! On y vend des espèces de gros bretzels, des bananes et des bouteilles d’eau. Les gens ont l’air habitués, ils baissent leur vitre et sortent les billets tout partout!
Je dis que j’aurais dû attendre parce que ma pâtisserie goûtait bizarre. À priori, je me suis dit que le chocolat turc goûtait juste vraiment différent de celui du reste du monde. Puis plus ça va, plus je me disais qu’il était sûrement juste périmé.

Jusqu’à ce que je comprenne… que c’était un pain avec une tapenade d’olives.

Je déteste la tapenade d’olive. Je trouve que ça sent la couche de bébé. Disons que j’ai mis sur le compte de la fatigue le fait que ça m’a pris la moitié de la «pas chocolatine» avant de m’en rendre compte!

Je roulais depuis trop longtemps, dans une ville complètement ensevelie par un épais brouillard quand j’arrive sur un pont. J’aime les ponts, c’est le fun! Mais je ne me souvenais pas que j’en avais un sur ma route…
L’heure d’arrivée sur le GPS ne fait que retarder encore et encore. Quand j’arrive à ma destination, je réalise que… ce n’est pas là du tout. Mais genre, vraiment pas. Je vérifie le GPS et comme tout est en turc, je suis embêtée. Parce que bien évidemment, pour me rendre service, le désormais très imbécile employé de l’aéroport n’a pas modifié la langue pour le français… Je réussis à le faire et entre «mosquée bleue». Ça me donne ça :
QUOI!?!  Ça n’a pas de sens! Le con m’a non seulement envoyé là où il n’y a même pas de mosquée, mais il m’a fait traverser du côté asiatique! Le trafic était MONSTRE de l’autre côté et c’est vers là que je me dirigeais!

Je devais arriver vers 12h... Mais advienne que pourra, je devais y aller. Je savais bien que je n’avais plus le temps pour la basilique Sainte-Sophie ni le marché, mais bon… Disons que la nervosité s’est emparée de moi.

J’ai fini par arriver. Vraiment tard. Et je n’avais plus de manucure. C’est l’unique fois dans ma vie que je me suis rongé les ongles de la sorte… Seule chance de la journée, j’ai trouvé un stationnement tout près. Le problème, c’est que j’avais aussi l’envie du siècle. Le petit monsieur responsable de faire payer le stationnement – des parcomètres vivants, bref – me courrait après. Alors, imaginez la scène. Moi qui mime une envie de pipi à un Turc. 

De toute beauté.

Il a fini par comprendre, j’ai couru dans un café et je suis revenue le payer. 

J’ai photographié tous les noms de rues pour être certaine d’être capable de retrouver ma voiture sur le chemin du retour.

Je courais et je suis finalement arrivée à la mosquée. Bon, je ne sais pas si c’est la pluie, mais j’ai été un peu déçue. Mais c’est vrai que tout est plus laid sous la pluie, alors…
Tant qu’à être rendue, je voulais aller à l’intérieur. Mais pour ça, je devais me couvrir les cheveux et mettre une fausse jupe par-dessus mes pantalons. Ils nous fournissaient tout ça. Un beau voile et une jupe en tissus de jaquette d’hôpital.

LE. RÊVE.
 
À l’intérieur, je devais faire vite. C’est tout juste si je ne courais pas – sans mes souliers, évidemment.

 
Je suis donc sortie aussi vite que j’y suis entrée, c’est-à-dire à la vitesse de l’éclair.

En sortant, j’ai vu basilique Sainte-Sophie au loin. C’était chien! Elle était magnifique! Mais tellement trop loin pour le temps qu’il me restait! J’aurais déjà dû être en route pour l’aéroport. En fait, j’aurais déjà dû être à l’aéroport. Il était près de 13h.
En panique, j’ai tourné les talons pour retourner à ma voiture. Mais j’ai quand même fait un mini détour pour voir le petit marché qu’ils annonçaient derrière l’église. C’était plus fort que moi. Pas brillant, mais l’adrénaline n’a clairement pas de jugement.
 
Nul besoin de dire que je n’ai pas du tout eu le temps de dépenser l’argent turc que j’avais pris en échange de tous les rands qu’il me restait à l’aéroport de Cape Town…

S’en est suivie une course contre la montre.

Et un GPS qui refusait de collaborer. J’aurais eu besoin de Google Maps. Le problème, c’est que quelques heures auparavant, quand je me suis retrouvée en Asie sans le savoir, je n’avais pas eu le choix d’ouvrir mes données à l’étranger. Mais comme ça faisait trois mois que j’étais partie, j’ai reçu quelques instants plus tard un super message de mon fournisseur disant «Pour votre bien, puisque vous avez atteint 1000$ en frais d’itinérance ce mois-ci, nous bloquons vos données». Non, mais parlez-moi d’un timing de MARDE! (Je nie encore la réalité quant au montant de la facture, soit dit en passant)

Je me suis un peu perdue, les rues étaient compliquées, tout était écrit dans une langue que je n’arrivais pas à déchiffrer et la circulation était tout aussi dense en pleine ville que sur l’autoroute, où on roulait à la même vitesse qu’un ver de terre. J’ai tenté la tactique «avançons en changeant de voie dès que ça avance dans une ou dans l’autre», mais ce n’était pas très concluant. Et il ne me restait plus d’ongles à ronger (je vous épargne la photo que j’ai prise sur le coup!). En plus, je devais aller mener la voiture un peu à l’extérieur de l’aéroport. Et faire le plein. J’ai abandonné le projet de la remettre pleine d’essence. Je savais qu’ils allaient simplement l’ajouter à ma carte de crédit. M’obstiner en turc et risque de rater l’avion pour une vingtaine de dollars, très peu pour moi, merci.
J’ai finalement trouvé l’endroit environ une demi-heure avant le décollage. J’étais certaine de rater mon vol puisqu’ils ferment les portes environ à ce moment.

Je ne suis pas arrêtée devant la bonne compagnie, mais mon visage paniqué et mes explications boiteuses en anglais avec les meilleures explications possible en mimes ont fait comprendre à l’homme derrière le comptoir qu’il devait venir me mener rapidement à l’aéroport.

Le temps filait. J’avais envie de pleurer. J’avais gâché mon escale et en plus, j’allais rater l’avion. Tout ça pour ça! J’ai couru – je suis rendue une pro de la course dans l’aéroport – et j’ai supplié les gens de me laisser passer à la sécurité. J’ai ensuite couru à nouveau jusqu’à la porte d’embarquement, qui était évidemment loin.

Arrivée à la porte, à peine quelques minutes avant que l’avion recule, je n’en crois pas mes yeux. Les préposées me laissent entrer. Ce n’est qu’une fois assise à mon siège que j’ai recommencé à respirer. Je l’ai fait.

Et je pense que j’ai été essoufflée jusqu’à ce que j’arrive à Dorval.

Tout ce que je souhaite, c’est que le climat se calme en Turquie pour avoir une deuxième chance de découvrir cette ville. En m’y arrêtant beaucoup plus longtemps la prochaine fois.

Voici quelques photos que j’ai réussi à prendre dans tout ce brouhaha – vous remarquerez que le soleil s'est pointé le bout du nez au moment où je partais, évidemment.
 


  Oh et une petite dernière, qui résume bien mon passage éclair!

mardi 6 décembre 2016

À la rencontre de Tom à Burlington

À force d’aller aux États-Unis plusieurs fois par année, j’ai découvert quelques produits qui sont maintenant indispensables à ma vie, dont – ne me jugez pas – du shampoing sec d’une marque et d’une variété bien spécifique.

De son côté, mon amie Mel est intolérante à pas mal tout – gluten, produits laitiers et tous ses dérivés et œufs (oui, sa vie doit être un enfer!) – et les Américains ont beaucoup plus de choix que nous à l’épicerie.

Additionnez ça à une journée de congé commune et qu’est-ce que ça donne? Un beau petit road trip à Burlington! Yeah!

C’est donc ce que nous avons fait, dimanche dernier. Le plan était assez simple : on va visiter le petit centre-ville qui a l’air cute, on arrête chercher mes trucs à la pharmacie, on va à l’épicerie, on arrête souper quelque part et on est rentrées vers les 21h max.

Mais bon, ceux qui me suivent savent bien qu’il est impossible pour moi que les choses se passent comme prévu!

Notre journée commence donc vers 9h30. Jusque-là, tout est beau. Un peu en retard sur notre planning, mais ça va. Une fois chez Mel, à quelques coins de rues de chez moi, on sort mes boîtes de livres (les miens, j’écris ça aussi) du véhicule pour les laisser chez elle, car je suis déjà tombée sur un douanier vraiment zélé qui m’avait fait payer les taxes sur mes propres livres en pensant que j’allais les vendre à des Américains. Parenthèse ici, il m’a demandé pourquoi c’était «impossible de vendre ces livres-là aux États-Unis», ce à quoi j’ai répondu «parce qu’ils sont en français». Toujours aussi allumé tel une deux watts, le douanier m’avait répondu «Quoi? Es-tu en train de dire que les Américains ne lisent pas le français?» *soupir* Fin de la parenthèse. Mais vous comprenez pourquoi je les ai laissés derrière cette fois!

Habituellement, je fais toujours une vérification avant de partir. Du type : passeport? Argent? Cellulaire? Caméra? Mais je ne sais pas pourquoi, je ne l’ai pas fait. Je me souvenais très bien d’avoir pris mon passeport dans sa cachette chez moi et j’ai vu celui de Mel. On était donc correctes.

En chemin, je demande à Mel de sortir quelque chose dans ma sacoche et de trouver mon permis de conduire en même temps. Je suis allée chercher un colis au bureau de poste la veille et j’ai dû le montrer à la préposée. J’ai vu avant de partir que je ne l’avais pas remis dans mon portefeuille. Il était donc porté disparu. Mel échappe un tas de trucs entre le siège et l’accoudoir, aussi connu sous le nom de «Triangle des Bermudes» dans ma voiture. Merde. Pas grave, on se dit qu’on cherchera ça plus tard.

À une dizaine de kilomètres de la frontière, je lui demande de sortir les passeports.

«Je ne trouve pas le tien», me dit-elle, déclenchant une certaine panique chez moi.

Je m’arrête sur le bord du chemin – un chemin de campagne au beau milieu d’un champ – pour qu’on puisse le chercher. Rien à faire, il n’est pas dans la voiture. Pas même dans le Triangle des Bermudes. Pas le choix, on doit retourner à la maison.

On refait donc le chemin inverse. Mais où avais-je la tête? Perdre son permis de conduire et son passeport en moins de 24 heures, ce n’est pas fort! En arrivant à la maison, près d’une heure plus tard, quel soulagement, il est… sur le lavabo de ma salle de bain! (Vraiment, fille!?) Toujours pas de trace du permis par contre. Mais bon, je n’ai qu’à être prudente et souhaiter ne pas me faire arrêter! #YOLO (Ne pas essayer ça à la maison les amis)

Le douanier qu’on a est super sympathique, mais nous garde là plusieurs minutes. Je suis même certaine de l’avoir déjà eu. Il pose plein de questions sur nous, nos jobs, etc. Je suis convaincu que c’est le même qui avait demandé à mon amie Parmélie son meilleur drink quand il a su qu’elle était barmaid. Vous voyez le genre?

Bref, on arrive à Burlington beaucoup, beaucoup plus tard que prévu.

On se dirige tout de suite vers le bord du lac Champlain. C’est très beau! À l’automne, ça doit être magique!

Ensuite, direction Church St., une superbe rue piétonne où on trouve autant de petites boutiques indépendantes que d’autres chaînes connues.

Le temps des fêtes approche, alors un peu comme nous à la Place des festivals, les gens de Burlington ont leur sapin. Il est quand même un peu plus touffu que le nôtre, il faut l’admettre. 
On tombe sur une boutique style «chalet», où on vend beaucoup de trucs à carreaux : le Common Deer – je me demande encore si c’est un jeu de mots pour que ça sonne comme «comment dire» en français. Il y a aussi un tas de cartes hilarantes. Mes préférées? Celles-ci :
 

On entre dans un Urban Outfitters pour le fun – je sais, on en a ici! – et j’y trouve un tas de petits trucs cool. Et quelle n’est pas ma surprise quand j’aperçois cet étalage complet de shampoing sec, avec mon préféré! (celui pour les blondes, au cas où ça intéresse quelqu’un…) Mais comme on est à côté d’une pharmacie, je décide d’attendre de l’avoir à un bien meilleur prix.
Malheureusement pour moi, il n’y en a pas à la pharmacie. Pas grave, j’irai à la prochaine. Sauf que la prochaine est loin, mais elle est à côté de l’épicerie. Je garde espoir.

Après trois autres, j’avoue que mon espoir diminue UN PEU.

(Ne me jugez pas sur le nombre d’endroits qu’on a faits pour en trouver, c’était quand même un but du voyage!)

Après avoir rempli mon véhicule de produits sans gluten, sans produits laitiers (et probablement sans saveur, selon moi!), il est temps d’aller souper. On repart à la recherche de mon fameux shampoing une fois qu’on a abusé du wifi du resto pour inonder nos fils Instagram
Direction : Walmart, dans South Burlington.

Il est loin et au bout d’un chemin pas très illuminé ce Walmart! On entre, on se garroche sur l’allée des shampoings et j’avertis Mel que je vais sûrement danser si j’en trouve.

JE. DANSE. Littéralement. Et comme si je n’avais pas encore eu l’air assez ridicule de m’extasier devant des shampoings, je les prends TOUS. Bon. Ça se peut que j’aie l’air d’une pas propre à la caisse, mais moi, je le sais que j’en ai pour un an, minimum! (Et une des bouteilles est pour une amie, quand même!)

Une fois à la caisse, c’est là qu’il se passe quelque chose de… magique. Le bon Tom, préposé qui n’avait personne à sa caisse, nous accueille et se met à nous jaser ça comme s’il n’y avait pas de lendemain. Dans la soixantaine, probablement dû pour la retraite depuis plusieurs années, Tom nous raconte les débuts de Walmart. Pour les intéressés, tout ça a commencé avec un seul produit : des collants pour dames. Il nous raconte les débuts de deux autres grands magasins en nous suggérant fortement de trouver un produit et de nous lancer en affaires!

C’est intéressant, mais j’ai un peu envie de m’en aller, car je pense aux presque deux heures de route qu’il nous reste à faire. Mais Tom nous dit qu’il est aussi professeur de musique. Mel, trop intéressée, lui dit qu’elle joue du saxophone. L’encyclopédique Tom se met à lui raconter… les débuts de cet instrument, avec des anecdotes sur l’inventeur et tout! Je le soupçonne d’être un associé du père Noël, le genre qui sait tout sur tout, et qui travaille incognito dans un Walmart pour venir en aide aux lutins en leur refilant du stock. Il n’y a aucune autre explication.

Les douanes, prise 2


On pensait revenir à la maison rapidement. Nope! Not gonna happen.

C’est que c’est la première fois que je reviens la même journée après avoir magasiné. La règle du «pas d’exemption avec une absence de moins de 24 heures»… nous a échappé, disons.

Le gentil douanier nous demande donc d’aller à l’intérieur payer nos taxes. Pas de problème, je n’ai pas tant dépensé. Ça va se régler rapidement.

«Avez-vous une pièce d’identité avec preuve de résidence?»

Ah shit. Je sors donc mes pas de talents dignes d’un cours de théâtre de secondaire 4 pour sortir un «Ben voyons, je n’ai pas mon permis!»

Ça passe. Il n’en fait pas de cas. Je me dis que dans le pire des cas, il peut croire que c’est mon amie qui conduit. Ce que je ne sais pas, c’est qu’au même moment, elle est en train de lui énumérer un par un les produits qu’elle a achetés. Mais comme il y en avait plusieurs pour des bas de Noël, disons simplement qu’elle a passé pour une fille qui aime beaucoup trop les barres de chocolat… 

Ce n’est qu’en sortant qu’elle me dit : «Je lui ai montré mon permis, mais je lui ai dit qu’il est expiré! Mais il s’en foutait.»

Bref, une maudite chance qu’on ne s’est pas fait arrêter par la police!

Mais bon, c’était ben beau Burlington. Ah et le lendemain, je suis allée chercher mon permis au bureau de poste. Dès que j’aurai retrouvé le reste de ma tête, je devrais être correcte.