lundi 16 mai 2016

Tokyo : métro, sumo, robots

Ça fait que, me v’là rendue au Japon.

Bon, ça fait déjà quelques jours que j’y suis, mais je suis tellement épuisée à la fin de mes journées que lorsque j’ai eu un peu de temps pour écrire le soir, je me suis retrouvée endormie, la face sur le laptop. Autant dans l'avion, dans mon lit, que dans le train... 

Je vais donc vous raconter notre voyage pas mal dans le désordre. Sachez que notre escale à Los Angeles vaudra son texte à elle toute seule, mais que vous devrez patienter encore un peu pour connaître nos péripéties à Hollywood. Un indice d’ici là : mon corps en gardera des marques à tout jamais!

La première ville que nous avons visitée est Tokyo. C’est vraiment super beau. Ce qu’il y a de fabuleux, c’est que chaque fois qu’on sort du métro, on a l’impression d’avoir été parachutées (même si techniquement, les métro sont dans le sol, je sais) dans une autre ville tellement les paysages, l’ambiance, tout est différent. Voici la vue que l'on a du haut de la Skytree:

On a été vraiment chanceuses, car on est tombées sur un championnat de sumo. On se devait d’y aller! Les billets étaient quand même assez chers, mais quand tu as la chance d’aller voir du sumo «live» à Tokyo, tu paies le prix!

Les estrades n’en étaient pas vraiment. On partageait un «box» à quatre, sauf qu’en fait, c’était un petit carré avec quatre minuscules tapis. Oui, on était assis par terre! Pas super confortable pour rester là quelques heures disons! La bouffe était aussi dégueulasse et hors de prix, mais l’essentiel, c’est-à-dire le spectacle, valait la peine.

Ils sont immenses ces lutteurs, c’est fou! C’était drôle de voir toute la préparation, tout le décorum entourant les combats. Ça durait une éternité. Parfois, les deux lutteurs se plaçaient, tout le monde était prêt et là, tout juste avant de s’élancer l’un vers l’autre, ils décidaient que c’était le bon moment pour faire une pause et aller se passer une serviette sous les bras. Non mais, sérieusement dude? T’as fait quoi, trois pas pour aller te placer depuis ta dernière séance «d’essuyage de sueur» et tu dois aller recommencer? Ça frôlait parfois le ridicule. Surtout parce que le combat en tant que tel pouvait ne durer qu'à peine quelques secondes!
On n’est pas restées jusqu’à la fin, parce qu’après trois heures, on en avait vu assez. Alors on est sorties en même temps qu’une gang de lutteurs de la ronde précédente. Ne reculant devant rien, on a sorti le selfie stick et on leur a demandé de prendre une photo avec nous. Disons que les gars nous ont trouvées pas mal comiques!

Dans la même journée, on a assisté à un spectacle de… robots.

Je cherche encore les mots exacts pour décrire ce qui s’est déroulé devant nos yeux. Vite de même, je dirais que les mots «psychédélique» et «surréel» pourraient faire l’affaire.

C’est dans un restaurant-bar qui s’appelle avec grande justesse «Robot», dans un quartier qui semblait être un croisement entre un Red light et un Time Square de party.

Pendant une heure et demie, la musique joue à tue-tête et des robots téléguidés défilent devant nous, suivant une histoire plus ou moins intéressante. Des méchants robots attaquent la terre – et la mer, car des sirènes qui ont visiblement raté leur cours de théâtre semblaient effrayées sur les écrans géants derrière nous – et des animaux (et des humains, tout ça n'était pas très clair!) viennent sauver la situation. C’est gros, c’est ridicule, c’est juste «trop». Mais… maudit qu’on a ri!

Il faut juste embarquer dans le jeu et accepter qu’on assiste à du gros kitsh et du gros n’importe quoi.

Ç’a donné lieu à des échanges du genre «La fille qui s’est transformée en dragon?» ou encore «Ah ben maudit, un zèbre. Ah non deux. Ok trois, il y en a un qui galope sur une vache». Je vous laisse juger par les photos.
Mais il n’y a pas que le spectacle qui est multicolore. Il n’y a pas un pouce carré dans cet édifice qui ne soit pas plaqué d’un matériau brillant, de fluo ou de motifs hallucinants. Même les planchers sont en miroir. Disons que je m’en suis rapidement rendue compte puisque je portais une jupe…

C’était «quelque chose» de mémorable. Mais ça venait aussi avec un mal de tête!

mercredi 11 mai 2016

Un singe craquant, une autruche conne (et délicieuse) et un pingouin «facile»

Je suis loin d’être une animal lover – je suis allergique à trop de bêtes – mais on ne peut aller en Afrique sans côtoyer un tas d’animaux, que ce soit dans un safari ou dans une activité comme la nage avec les requins.

Voici donc ma tournée des animaux. Le billet sur mes deux safaris suivra dans quelques jours.

1. Singes


Je suis tombée follement amoureuse… d’un bébé singe. Il devait mesurer à peine trois pouces. Ça m’a tout pris pour ne pas le voler et le mettre dans ma sacoche! Non mais avouez qu’il est impossible de résister à cette petite face! C’est sans aucun doute ma photo préférée du voyage!
Parlant de singes, au même endroit, soit le World of birds, on peut entrer dans une cage où il y a un tas de singes qui n’ont qu’une mission dans la vie : vous sauter dessus.

Ça faisait longtemps que je rêvais d’avoir une photo avec un singe. La voici!
J’ai aussi réussi à prendre un selfie avec un singe qui regardait la caméra. C’était super cute. Jusqu’à ce qu’il prenne mon jeans pour une toilette et qu’il me fasse pipi dessus!

2. Pingouins


J’ai eu deux activités avec les pingouins. La première, c’est dans leur état naturel, à Boulder's beach. C’est un endroit magnifique où une colonie de petits pingouins uniques à l’Afrique sont établis.
Puis, à l’aquarium, on peut faire l’expérience «penguins encounter». Ces pingouins, avec une crête jaune, sont tous des rescapés de maltraitance. Certains pêcheurs les attrapent et comme ils sont super mignons, ils décident de les garder à bord de leur bateau par la suite, par exemple.

Les pingouins ont tous leur nom et les employés les reconnaissent facilement, grâce à leur ventre, qui est différent d’un à l’autre, comme une empreinte digitale. Le jeune garçon qui était avec nous était génial. Ça paraissait qu’il les adorait ses petits pingouins. Ils peuvent donc venir nous voir après leur heure de lunch, en prenant une pause de leur activité de «natation».

Les avoir sur ses cuisses et pouvoir les cajoler, c’est vraiment une expérience unique!
On a aussi appris que les pingouins sont fidèles en amour. Dès qu’ils trouvent leur compagnon, c’est pour la vie. Et quand notre guide nous a dit que Nick et Alex formaient un couple, on a tout bonnement demandé si c’était un couple homosexuel. Sa réponse? Oui! Ça arrive chez les pingouins. Même qu’ils adoptent les enfants qui sont parfois rejetés par une autre famille. Déjà qu’on était étonnées de sa réponse, il en ajoute : des études ont même prouvé que les couples composés de deux pingouins mâles élèvent mieux leurs petits!

Il y avait juste une célibataire dans le groupe. Mais elle était un peu la «slutty penguin» de la gang. «Elle est encore jeune et elle essaie pas mal tous les mâles célibataires. Un matin, on la retrouve dans le nid de l’un et le lendemain, c’est dans un autre!» nous a dit le jeune guide en riant.

Ah et les pingouins de cette sorte ne sont pas effrayés par les humains parce qu’ils pensent tout simplement qu’on est des pingouins nous aussi!

Ce qui est triste avec les pingouins, c’est qu’il ne reste que 2% de la population d’antan. Et d’ici sept ans, on estime qu’il ne restera plus de pingouins africains en liberté. La raison, c’est la surpêche. Ils n’ont plus rien à manger. :(

3. Éléphants


Je suis allée visiter un centre de rééducation des éléphants. Ils prennent en charge les éléphants qui arrivent des cirques, par exemple.

J’ai fait une courte randonnée à dos d’éléphant. On m’a par la suite reproché d’ignorer que cela est néfaste pour eux et je m’en excuse. Mais j’avais osé croire qu’un endroit qui les soigne aurait assez de jugeotte pour ne pas leur faire faire des activités douloureuses…

Cela dit, l’expérience en soi est magique. J’ai rarement vécu un moment de tranquillité d’esprit et de pur bonheur que lors de cette randonnée.

Le fait que les éléphants ne fassent pas du tout de bruit en marchant y est probablement pour beaucoup.

4. Autruches


J’ai fait deux safaris – dont un premier que je n’ai pas vraiment aimé puisqu’il faisait super froid et qu’on n’a presque pas vu d’animaux à part des springboks et des zèbres. Mais dans chacun d’eux, on nous a parlé des autruches comme étant… des connes.

D’ailleurs, si je vous traite d’autruche dans un avenir rapproché, ça ne sera pas un compliment. C’est notre nouvelle expression pour ne pas dire «conne» ou «con» ;)

Leur cerveau est plus petit qu’un œil, alors disons que leur réputation en prend pour leur rhume.
 
Mais on est allées visiter une ferme d’autruches en banlieue de Cape Town et on en a beaucoup appris sur elles. C’était vraiment intéressant, je vous suggère de le faire si vous passez devant un élevage d’autruche! Je vous suggère aussi d’en manger. (Désolée pour les végétariens) C’est succulent. C’est une viande rouge hyper santé. D’ailleurs, c’est la plus santé au monde, tellement elle est faible en gras.

- Donc voici ce qu’on a appris sur le plus gros oiseau au monde.
- Ça peut tuer avec un seul coup de patte, car la pression générée équivaut à une tonne.
- Ça peut trancher un estomac avec une griffe.
- Les autruches australiennes ont trois doigts, celles d’Afrique en ont deux.
- Chaque mâle est en «couple» avec deux femelles.
- Les femelles sont brunes pour pouvoir couver les œufs de jour, sous la chaleur. Les mâles sont noir pour faire de même durant la nuit.
- Les autruches mangent ce qui est brillant. Elles ont donc beaucoup été chassées pour les diamants que l’on trouvait dans leur estomac. On a même déjà trouvé 53 dans une seule autruche!
- Ça mange aussi leur coquille d’œufs pour le calcium et des roches, parce que c’est leur seul moyen de digérer ce qu’il y a dans leur estomac.
- Ça peut courir à 70 km/h.
- Si ça court après toi, tu n’as qu’à te coucher, car elles ne peuvent donner des coups de patte que par devant et sont donc incapables de piétiner.
- On a rencontré une autruche naine. Elle était super cute et aussi très docile, parce qu’elle est isolée. - En fait, c’est un gars, qui s’appelle Tom Thumb. Il est dans le livre des records Guiness comme étant la plus petite autruche adulte au monde. La raison pour laquelle Tom est isolée, c’est qu’il est victime d’intimidation par les autres autruches en raison de sa grandeur.

Bref, une autruche, c’est con et bitch!

On a fini notre tournée en embarquant sur une autruche. C’est haut en maudit et la sensation est assez bizarre quand elle retourne sa tête pour nous regarder!

5. Crocodiles


Je voulais aller nager avec les crocodiles, dans une cage, mais les horaires ne concordaient pas. Je suis donc allée simplement visiter une ferme d’élevage, qui en avait un millier.

J’ai pu tenir un bébé dans mes bras. C’est assez bizarre ça aussi! Je dis bébé, mais il avait trois ans. Ça prend une éternité avant de devenir gros ces bêtes-là.

Parmi les informations intéressantes que j’ai retenues, il y a le fait qu’ils ne mangent que durant quatre mois. Les huit autres mois, ils utilisent les réserves dans leur queue.

La pression de leur mâchoire qui ferme est de trois tonnes. Le bruit que ça fait est assez impressionnant.

Les crocodiles n’ont pas de langue. Non mais on en apprend des affaires utiles ici!

vendredi 6 mai 2016

Malaise dans les townships et poursuite dans la rue

Je vous ai parlé ici de la pauvreté que l’on côtoie sans cesse à Cape Town. J’en ai eu un autre exemple tout juste avant de partir, mais qui a été franchement désagréable.

En entrant dans un dépanneur, une dame m’a demandé, en se lamentant, de lui acheter de la nourriture. En fait, elle a crié «fooooood, foooooood». Mais je l’ai ignorée. Parce qu’à un moment donné, je ne peux pas nourrir la ville au grand complet.

Je complète donc mes achats et en ressortant, je réalise qu’elle m’attendait. Elle refait sa demande. Je l’ignore à nouveau et je poursuis mon chemin. Je marche sur Long Street, mais j’entends constamment ses «fooooood, fooooood». Je me dis qu’elle harcèle aussi tous les gens qui me suivent. Eh bien non. C’est elle qui me suit, car il n’y a personne d’autre dans la rue. Je continue à l’ignorer. Elle ne m’inspirait ni confiance ni générosité.

Je change de rue, m’éloigne de l’artère principale et elle me suit toujours. Après un bon 500 mètres – c’est long, à pied – je me suis tannée. Je me suis retournée et j’ai crié. J’ai vraiment perdu patience. Elle le méritait, parce qu’elle était vraiment achalante, mais elle a aussi sûrement payé pour tous les autres qui m’ont apostrophée dans les derniers mois.

Le problème, c’est qu’elle ne comprenait rien. Et elle a continué à me pourchasser!

Alors là, j’ai vraiment éclaté. Je lui ai hurlé d’arrêter de me suivre, car je ne lui achèterais rien et je lui ai ordonné d’aller suivre quelqu’un d’autre. C’est surtout que je commençais à moins aimer ça puisque les rues étaient désormais désertes.

Je l’ai semée en entrant dans un Subway. Subway qui, soit dit en passant, a du ketchup. (Ceux qui ont vu le numéro de l’humoriste Étienne Dano sur ça, vous aurez compris que je suis partie à rire comme une idiote en voyant ça!)

Sentiment indescriptible dans les townships


Pour en revenir à la pauvreté, je voulais quand même en apprendre un peu sur les townships. Ce sont ces quartiers plus que défavorisés avec des «maisons» minuscules et entassées, un peu à l’extérieur de la ville, sur le long des autoroutes.

Il y a plusieurs de mes collègues au resto qui habitent dans des townships et pour les avoir côtoyés régulièrement, j’imagine bien qu’ils n’habitent pas dans une «soue à cochon». Mais ça m’intriguait et je ne voulais pas vraiment aller fouiner chez eux. Je cherchais à faire comme j’avais fait à Rio de Janeiro en visitant les favelas. J’avais trouvé ça super intéressant et le tour avait été fait de façon à ne pas être «voyeur». J’avais le choix entre deux visites guidées des townships à Cape Town.

D’après, moi, j’ai choisi la mauvaise. C’est que l’expérience n’a pas été super, disons.

D’abord, puisque l’hiver arrive dans ce coin du globe, la saison touristique tire à sa fin. Pour ma visite, on était donc… trois. Et ça compte le guide et le chauffeur. Bref, j’avais une visite en solo. Ça peut être bien quand c’est comme ce que j’ai eu en Égypte, alors qu’on en apprend sur l’histoire, mais dans des townships, je dirais que c’est juste malaisant.

Les deux habitent dans ces quartiers et m’expliquent que parfois, les gens qui réussissent y retournent volontairement pour y élever leurs enfants dans le but d’être un exemple et d’en inspirer d’autres. Ils me parlent des gens qui ne reçoivent absolument aucun argent du gouvernement et qui survivent comme ils le peuvent, comme avec des petits commerces. Je m’attendais donc à voir une communauté du type battante, qui a envie de travailler, dans tous les sens du terme, pour avoir une vie meilleure.
Lorsqu’on est arrivés, on m’a pointé des petites affiches sur les maisons. Ce sont les noms des personnalités sportives ou des artistes qui ont brillé, qui sont inscrits sur le devant de la maison où ils ont grandi.
Jusque-là, tout allait bien. J’hésitais à prendre des photos, de peur de violer l’intimité des habitants. Et aussi parce qu’on m’a dit qu’ils me demanderaient sûrement de l’argent s’ils s’en rendaient compte.


C’est lorsque la visite à pied a commencé que j’ai moins tripé.

Le chauffeur nous a déposés dans un «musée», minuscule bâtisse où on explique l’apartheid et les «dompas«, ou littéralement les «dumb passes». C’était un genre de passeport que les Noirs devaient avoir sur eux en tout temps pour contrôler leurs allées et venues. Cette partie était très intéressante, puisque j’en avais entendu parler déjà dans quelques visites. C’est vraiment un objet criant de racisme et d’injustice.
Puis on entre dans les rues. Je m’attendais à ce que ce soit sale et un peu dégoûtant. Mais c’était encore pire.


De plus, je me sentais vraiment mal, moi la seule Blanche avec mon gros sac à main et ma caméra – que je cachais le plus possible – à passer devant ces dizaines de gens qui ne faisaient rien d’autre que de jaser, assis par terre.
Il y avait des déchets partout. Je vous laisse imaginer l’odeur. Même si c’est la dernière chose que je voulais faire, je suis passée en monde légèrement princesse. Parce que tout me dégoûtait, parce que je n’étais pas à l’aise, parce que je regrettais amèrement d’être toute seule dans cette visite. Ça devait être très différent de se déplacer en groupe.


J’essayais d’être gentille, de faire des sourires, de saluer les gens. On me le rendait peu. J’avais peur de déranger et de passer pour la riche qui vient cracher sur les pauvres en les regardant de haut.

Dans un recoin d’une ruelle malpropre, le guide m’explique qu’ils fabriquent leur propre bière. Déjà que je ne bois pas de bière, c’était impossible que je goûte à celle-là. Je crois qu’il l’a un peu mal pris et a carrément sauté les étapes des explications du procédé de fabrication.

Ensuite, on a marché devant des commerces. On vend des têtes d’agneaux, les restants de ce que les bouchers ne prennent pas. On m’a expliqué ce qu’on faisait avec ça, mais mon cerveau n’a rien enregistré, trop occupé à essayer de ne pas vomir en voyant les mouches tourner autour de ces têtes. Il y avait aussi des coiffeurs dans des containers et des vendeurs de toutes sortes de gugusses, de la nourriture aux pneus.
Puis on arrive devant des édifices à deux étages. Les gens y habitent en attendant d’avoir un logement social, en quelque sorte. Le guide me dit qu’on peut y entrer, mais qu’il doit juste aller demander aux résidents si c’est correct à ce moment. Pendant ce temps, il me laisse devant un étalage de souvenirs où je peux «magasiner». Le problème, c’est que j’étais seule. Et que je n’avais aucune envie d’acheter quoi que ce soit. C’était les mêmes bracelets, les mêmes girafes en bois, les mêmes pots que partout en ville. Je ne suis pas du genre à me ramener des souvenirs de mes voyages, pour la simple raison que je n’ai pas de place pour les mettre. Et mes achats pour mes proches étaient déjà faits. Qui plus est, je n’avais même pas amené plus que l’argent que j’allais donner en pourboire.


Le vendeur, au début souriant, s’est fait de plus en plus cinglant en voyant que je n’achetais rien. Et on n’était juste tous les deux, puisque le guide a mis une éternité à revenir. En fait, quand il est réapparu, je lui ai lancé un «ne me laisse plus JAMAIS toute seule», alors que l’homme s’est mis à crier que «Elle n’a même pas d’argent! Elle vient ici et n’a pas d’argent! Personne ne lui a dit qu’il fallait qu’elle en apporte?»

Super agréable.

La visite des maisons, c’était répugnant. Je sais, ce n’est pas tout le monde qui a la chance d’avoir un certain confort, ou juste un toit. Mais le voir ne m’a que fait sentir encore plus mal à l’aise. Le guide m’a dit que je pouvais prendre des photos de la chambre, partagée par une famille au grand complet. Je l’ai fait, un peu à contre-cœur, pas mal juste dans le but d’appuyer mes propos ici.
   
Je vous épargne la salle de bain et la cuisine, partagées par cinq ou six familles.

Normalement, la visite se termine là dans ce township, le chauffeur nous reprend et nous mène à l’autre arrêt. Sauf que notre chauffeur, ça ne lui tentait pas trop de travailler alors il ne s’est jamais pointé. Mon guide s’est donc lancé dans un monologue de «c’est difficile d’avoir une job ici, alors je ne peux pas chialer contre mes collègues, sinon on va tous les perdre», ce qui s’est poursuivi en longue tirade sur la vie dans les townships, de ceux qui ne font rien pour s’en sortir à ceux qui, comme lui, doivent dépenser presque tout leur salaire en transport pour aller en ville.

Je ne savais pas trop quoi répondre…

Le chauffeur est arrivé une bonne heure plus tard. J’avais hâte en maudit. Les derniers arrêts, je ne suis même pas débarquée. Je n’en avais pas trop envie. Puis il m’amène dans un restaurant, qui est tout de même nommé dans mon guide sur la ville. Il m’offre d’arrêter pour y manger et de prendre un bus plus tard. Mais après avoir visité les cuisines – mais pourquoi m’a-t-il fait passer par là!? – il était hors de question que je mange là. J’avais même le goût de crier à tous les touristes et locaux assis dehors que la cuisine était dans un état lamentable.

Je n’avais qu’une envie : que la visite se termine et que je puisse rentrer chez moi. Mais alors qu’on sortait d’un autre townships et qu’on se trouvait devant plein de «commerces» plus douteux les uns que les autres, dont un tas de services de mécanique, le chauffeur s’est arrêté pour aller faire ce qui ressemblait à un deal. Deal de quoi? J’avoue que j’ai eu peur que ce soit de la drogue. Comme j’étais dans un genre de minibus, j’ai revu la scène des Boys II lorsqu’ils sont à Chamonix et que le même véhicule s’arrête, leur volant tout et les laissant sur le bord de la route.

Il nous a fait attendre une bonne dizaine de minutes. J’ai eu droit pendant ce temps à un autre monologue sur je ne sais quoi du guide.

Finalement, il s’est acheté un genre d’adaptateur pour je ne sais trop quoi. Me semble que ç’aurait pu attendre.

Bref, si jamais vous voulez faire la visite des townships, je ne vous propose pas du tout celle appelée «LaGuGu», proposée par les bus rouges de City Sightseeing…

mercredi 4 mai 2016

Le côté sombre (sale) de l’Égypte

Quand on pense à l’Égypte, on voit tout de suite les pyramides. C’est la seule des sept merveilles du monde encore debout aujourd’hui (la pyramide de Khéops).

Une merveille, c’est magnifique, magique. Et les pyramides le sont, comme je vous l’ai raconté ici.

Mais cette merveille se situe au beau milieu d’une ville qui a des apparences de… dépotoir.

Je n’ai jamais vu un endroit aussi sale de toute ma vie. Le premier mot qui me vient à l’esprit quand je pense à Giza – ville où sont les pyramides – c’est «poussière». Suivi de près par «déchets».

C’est qu’il y a du sable, de la brique, du ciment et des poussières PARTOUT.

Même sur l’autoroute.
On trouve peut-être qu’à Montréal, ils sortent les camions pour balayer la ville un peu trop souvent, mais croyez-moi, on ne voudrait pas du contraire.

D’après moi, ils n’ont pas balayé les rues depuis la construction des pyramides, il y a près de 5000 ans.

Vous croyez que j’exagère? Comme une image vaut mille mots, en voici une prise tout près d'une entrée sur l'autoroute : 
Les déchets… ils sont partout. C’est traumatisant. J’avais mal à ma planète. Si je trouve qu’il n’y a pas assez de recyclage en Afrique du Sud, il est totalement inexistant dans les rues de Cairo et de Giza.

Certes, il y a quelques poubelles ici et là, mais la plupart sont vides. Et tous les déchets sont par terre. Souvent, les enfants jouent avec.
 
On pourrait croire qu’ils nettoient au moins les endroits touristiques, mais non. Voici ce qui m’attendait à l’entrée des pyramides, là où on y accède en chameau :
Il y a un canal qui passe dans Giza et il est tellement pollué que j’ai vu un endroit où il y a une digue et on n’y voit même plus l’eau. Qu’une mer de déchets. C’est franchement dégoûtant et surtout décourageant.

Au centre-ville de Cairo, par contre, c’est plus propre. Je n’ai pas vu de tas de déchets. Mais dès qu’on s’en éloigne, c’est le dépotoir à ciel ouvert.

Je ressentais un mal indescriptible en voyant ça. Un genre de frustration pour l’environnement, mais aussi un sentiment d’impuissance. C’est tellement grave que je ne vois pas comment ils pourraient tout nettoyer.

Une autre chose qui frappe, ce sont les édifices. Tous les bâtiments sont pareils, en brique rouge ou beige. C’est beige longtemps comme paysage, mettons. Le sable, la pollution, la chaleur, font aussi en sorte qu’il y a un énorme smog au-dessus de la ville.
J’ai remarqué un tas de constructions inachevées. Mais habitées dans les premiers étages. J’ai même demandé à mon guide s’il y avait eu un bombardement ou quelque chose du genre. Il m’a répondu qu’à la suite de la révolution de 2011, alors que le peuple a chassé le président Moubarak, il y a eu une énorme crise économique et que plusieurs constructions avaient juste été arrêtées, par manque de fonds.

Ça donne un paysage assez particulier et triste. Je ne savais jamais si c’était en construction, abandonné ou juste détruit.
 

Il y a aussi des vendeurs de pierres dans la rue, sous les autoroutes, dans des petites rues. Un genre de Réno-Dépôt itinérant, mettons.
 
Comme je le mentionnais plus haut, les autoroutes ne sont pas épargnées par le sable. En fait, autoroute est un grand mot. Le «Ring», qui contourne Cairo, est chaotique. C’est l’anarchie routière comme jamais.

Il n’y a pas de ligne au sol, parce que de toute façon, personne ne les suivrait. Là où il y aurait normalement de l’espace pour trois voitures, par exemple, eh bien ça devient un cinq voies, tout croche. Le klaxon est aussi surutilisé. Je n’ai pas encore trop compris ses utilités, mais je dirais que ça se résume à klaxonner quand : on veut dépasser, on veut inventer une voie, la personne devant nous nous énerve, ou juste, parce que ça nous tente de participer à cette cacophonie.

Sur le bord de la route, également, il n’est pas rare de voir des gens marcher, des kiosques de style «dépanneur», des vendeurs de pneus (!!!)… Mais on doit aussi parfois dépasser des ânes, des 
chameaux et des chevaux et leur cargaison.
 
Le casque à moto semble être une option – rarement utilisée – et les dames vêtues traditionnellement font comme dans le temps de Marguerite Volant, c’est-à-dire qu’elles chevauchent la moto d’un seul côté.
J’ai aussi vu des gens parler au téléphone à moto et aussi… texter en moto. Pas le passager là, le conducteur.

Parlant de passagers, le plus de personnes que j’ai vues sur un scooter, c’est quatre (pas les mêmes que la photo ci-dessous). Dire que je capote quand on est deux sur ma Vespa!
Il y a aussi des policiers armés partout. La première fois qu’on suit ce genre de voiture :
J’avoue qu’on fait le saut.

Et ces policiers avec ces presque AK-47 (c’est le seul nom d’arme que je connaisse!) sont très présents dans la ville. J’en ai même vu un, en version «sniper», sur le toit d’une station-service.

Je sais que c'est fait dans le but de nous faire sentir en sécurité et je l’étais, mais c’est quand même un choc. 

Ils sont sept millions à habiter au Caire. C'est donc bondé de monde, bondé de voitures. Les rues ont l'air de ça en permanence:
 C’est donc tout ça qui se trouve à peine à quelques pas des magnifiques pyramides…

lundi 2 mai 2016

La magie des pyramides et autres trésors

Voir les pyramides d’Égypte a toujours été un rêve pour moi. Mais le genre de rêve lointain, qui semblait inaccessible. Je voyais difficilement quand allait s’offrir une telle opportunité. C’est le genre de voyage qui m’apparaissait cher. Que je devais probablement faire dans le cadre d’un voyage organisé, par exemple.

C’est finalement une décision un peu sur un coup de tête qui a mené à la concrétisation de ce rêve. J’étais déjà en Afrique et j’ai déniché un billet d’avion relativement pas cher pour aller y passer quelques jours. Je sais, on peut rester beaucoup plus longtemps en Égypte et voir de nombreuses villes, mais comme c’est une petite escapade à l’intérieur de mon long voyage en Afrique du Sud et qu’en plus, j’ai un petit boulot dans un restaurant ici, je ne pouvais pas partir si longtemps. Quatre jours, ça allait donc être ça.

Ce que j’allais voir, c’était donc les villes de Cairo et de Giza (j’utiliserai dans ce texte les noms originaux des villes). Mon but? Voir les pyramides.

Je n’ai su que récemment, en cliquant sur un truc du genre «des photos qui vous surprendront!» que les pyramides étaient en fait à quelques centaines de mètres de la ville. Je n’étais donc pas très surprise de trouver un hôtel à 1,2 km des pyramides.

Comme je l’ai mentionné dans mon blogue précédent, j’ai été accompagnée d’un guide et d’un chauffeur personnels tout au long de mon voyage. Non pas que je voulais voyager en princesse, mais disons que j’ai privilégié ma sécurité.

La première journée, je suis allée voir la plus ancienne pyramide d’Égypte, construite en escaliers, à Sakkarah. En fait, c’est la première construite en pierre. Une révolution! L’architecte de cette pyramide est plus connu – et reconnu – que celui qui a fait les plus célèbres pyramides. Il se nomme Imhotep et je crois que mon guide a prononcé son nom 142 fois tellement il le vénérait. Il y avait une statue de Imhotep de cachée dans la pierre près de l’entrée de la pyramide et depuis, elle a été transférée au musée. On peut donc admirer… un beau trou dans le mur.
Ah et avant de poursuivre, pour ceux qui ne s’en souviennent pas (les cours d’histoire de secondaire II sont loin, je sais), la raison d’être des pyramides, ce sont des tombeaux de pharaons. Bref, de beaux gros cercueils.


Celle de Sakkarah était pour le roi Djoser, de la troisième dynastie. Ça date donc de -2600 ans avant J.C. C’est vieux.

Les plus célèbres, celles qui font partie des sept merveilles du monde, étaient pour trois membres de la même famille. Le père, Khéops, le fils, Khephren, et le petit-fils, Mykérinos. Elles sont en ordre de grosseur. Même si on pourrait croire que la deuxième est plus haute, ce n’est pas le cas. C’est juste qu’elle a été construite sur une mini montagne.

Voilà pour la partie éducative. Je pourrais vous en parler en long et en large, mais je ne vous apprendrais rien de plus que les livres d’histoire.

Par contre, les livres d’histoire ne peuvent pas vous raconter ce qu’on ressent quand on embarque sur un chameau – le mien se prénommait Mickey Mouse! –, qu’on emprunte un chemin de sable et que l’on aperçoit, de l’autre côté de la montagne, les trois immenses pyramides, ce qui reste des trois petites qui sont à leurs côtés (les tombeaux des femmes) et le fameux sphinx.
En fait, il n’y a pas de mot qui sort de notre bouche. Juste des onomatopées. Du genre «wouah».

Bien évidemment, ce «wouah» vient avec un prix. Il faut prévoir environ 180$ pour la promenade en chameau seulement. Ça ne comprend pas l’entrée du site ni le pourboire. Mais il y a des forfaits un peu moins longs. C’est juste que celui-ci comprend une vue du haut de la montagne (ils disent montagne, mais je dirais plus grosse bute), d’où l’on voit ceci :
De plus, le guide, du moins le mien, est super sympathique. Et comme il fait ça tous les jours, il sait quelles photos prendre de nous pour qu’on en garde un souvenir intarissable.

Je ne suis pas entrée dans les pyramides. En fait, mon guide ne me l’a pas proposé et je n’y ai honnêtement pas pensé. J’étais probablement trop obnubilée par la beauté de la scène. Mais je peux dire que j’ai touché à la pyramide de Khephren, c’est au moins ça!

On finit ensuite par le sphinx, qui a l’air tout petit devant l’immensité des pyramides.

Le soir, il y a aussi un spectacle de son et lumière. C’est impressionnant également.
 
Le lendemain, je suis allée visiter le Musée égyptien du Caire, où on retrouve la statue dont je parlais plus haut, mais aussi les trésors de Toutankhamon, qui est mort vraiment jeune, à 21 ou 22 ans, et qui n’a à peu près rien fait pour l’Égypte, à part se faire enterrer avec une tonne de trésors dans un tombeau en or. 
 Avec lui, il y avait des milliers d’objets, dont le fameux masque funèbre que voici :
J’avoue que c’est ce qui m’a le plus marquée de ma visite. On ne pouvait toutefois pas le photographier. Il était magnifique. Le trésor de ce pharaon laisse croire qu’il y en a probablement d’autres d’enfouis quelque part en Égypte. C’est donc pourquoi les recherches se poursuivent encore aujourd’hui.

J’ai aussi visité l’exposition des momies royales. Là aussi, les photographies étaient interdites, mais honnêtement, c’était dégueulasse. Elles sont bien conservées et tout, mais ça reste que, mon petit cœur sensible et moi n’avons pas particulièrement aimé. Mais je suis tout de même très ravie d’avoir vu ça de mes yeux.

J'ai aussi mis les pieds dans la Mosquée Mohamed Ali (tout en pensant chaque fois que mon guide me parlait du boxeur...). J'ai dû me vêtir d'une longue robe qui cachait mes bras et mes jambes pour y entrer. Mon guide m'a expliqué les bases de l'islam, tout en faisant une montée de lait contre l'État islamique. C'était intéressant, j'aime bien en apprendre sur les autres religions pour essayer de les comprendre. (On se rappelle que j'avais été légèrement traumatisée dans une cérémonie religieuse au Brésil...). Mais je me serais passée de la tonne de pamphlets que l'on m'a remis à ma sortie!
 
Puis finalement, j’ai visité le marché Khan el-Khalili, au Caire. Je cherchais une petite réplique du sphinx pour offrir en cadeau à mon père.


Eh bien croyez-le ou non, ça n’existe juste pas. Oui, il y a un tas de sphinx. Mais des identiques à celui que l’on voit aujourd’hui, soit sans barbe, sans nez (rappelez-vous, Obélix l’a arraché dans le film!) et en pierre beige, impossible à trouver!

Ils sont soit noirs (!?!), soit en marbre avec plein de lignes brun foncé (!?!) ou soit peinturés comme ça :
Alors c’est finalement lui que j’ai acheté. J’ai abandonné ma première idée après avoir dû endurer une quarantaine de marchands qui voulaient me vendre plein de trucs. Et aussi sûrement me marier. 

*soupir*