lundi 2 mai 2016

La magie des pyramides et autres trésors

Voir les pyramides d’Égypte a toujours été un rêve pour moi. Mais le genre de rêve lointain, qui semblait inaccessible. Je voyais difficilement quand allait s’offrir une telle opportunité. C’est le genre de voyage qui m’apparaissait cher. Que je devais probablement faire dans le cadre d’un voyage organisé, par exemple.

C’est finalement une décision un peu sur un coup de tête qui a mené à la concrétisation de ce rêve. J’étais déjà en Afrique et j’ai déniché un billet d’avion relativement pas cher pour aller y passer quelques jours. Je sais, on peut rester beaucoup plus longtemps en Égypte et voir de nombreuses villes, mais comme c’est une petite escapade à l’intérieur de mon long voyage en Afrique du Sud et qu’en plus, j’ai un petit boulot dans un restaurant ici, je ne pouvais pas partir si longtemps. Quatre jours, ça allait donc être ça.

Ce que j’allais voir, c’était donc les villes de Cairo et de Giza (j’utiliserai dans ce texte les noms originaux des villes). Mon but? Voir les pyramides.

Je n’ai su que récemment, en cliquant sur un truc du genre «des photos qui vous surprendront!» que les pyramides étaient en fait à quelques centaines de mètres de la ville. Je n’étais donc pas très surprise de trouver un hôtel à 1,2 km des pyramides.

Comme je l’ai mentionné dans mon blogue précédent, j’ai été accompagnée d’un guide et d’un chauffeur personnels tout au long de mon voyage. Non pas que je voulais voyager en princesse, mais disons que j’ai privilégié ma sécurité.

La première journée, je suis allée voir la plus ancienne pyramide d’Égypte, construite en escaliers, à Sakkarah. En fait, c’est la première construite en pierre. Une révolution! L’architecte de cette pyramide est plus connu – et reconnu – que celui qui a fait les plus célèbres pyramides. Il se nomme Imhotep et je crois que mon guide a prononcé son nom 142 fois tellement il le vénérait. Il y avait une statue de Imhotep de cachée dans la pierre près de l’entrée de la pyramide et depuis, elle a été transférée au musée. On peut donc admirer… un beau trou dans le mur.
Ah et avant de poursuivre, pour ceux qui ne s’en souviennent pas (les cours d’histoire de secondaire II sont loin, je sais), la raison d’être des pyramides, ce sont des tombeaux de pharaons. Bref, de beaux gros cercueils.


Celle de Sakkarah était pour le roi Djoser, de la troisième dynastie. Ça date donc de -2600 ans avant J.C. C’est vieux.

Les plus célèbres, celles qui font partie des sept merveilles du monde, étaient pour trois membres de la même famille. Le père, Khéops, le fils, Khephren, et le petit-fils, Mykérinos. Elles sont en ordre de grosseur. Même si on pourrait croire que la deuxième est plus haute, ce n’est pas le cas. C’est juste qu’elle a été construite sur une mini montagne.

Voilà pour la partie éducative. Je pourrais vous en parler en long et en large, mais je ne vous apprendrais rien de plus que les livres d’histoire.

Par contre, les livres d’histoire ne peuvent pas vous raconter ce qu’on ressent quand on embarque sur un chameau – le mien se prénommait Mickey Mouse! –, qu’on emprunte un chemin de sable et que l’on aperçoit, de l’autre côté de la montagne, les trois immenses pyramides, ce qui reste des trois petites qui sont à leurs côtés (les tombeaux des femmes) et le fameux sphinx.
En fait, il n’y a pas de mot qui sort de notre bouche. Juste des onomatopées. Du genre «wouah».

Bien évidemment, ce «wouah» vient avec un prix. Il faut prévoir environ 180$ pour la promenade en chameau seulement. Ça ne comprend pas l’entrée du site ni le pourboire. Mais il y a des forfaits un peu moins longs. C’est juste que celui-ci comprend une vue du haut de la montagne (ils disent montagne, mais je dirais plus grosse bute), d’où l’on voit ceci :
De plus, le guide, du moins le mien, est super sympathique. Et comme il fait ça tous les jours, il sait quelles photos prendre de nous pour qu’on en garde un souvenir intarissable.

Je ne suis pas entrée dans les pyramides. En fait, mon guide ne me l’a pas proposé et je n’y ai honnêtement pas pensé. J’étais probablement trop obnubilée par la beauté de la scène. Mais je peux dire que j’ai touché à la pyramide de Khephren, c’est au moins ça!

On finit ensuite par le sphinx, qui a l’air tout petit devant l’immensité des pyramides.

Le soir, il y a aussi un spectacle de son et lumière. C’est impressionnant également.
 
Le lendemain, je suis allée visiter le Musée égyptien du Caire, où on retrouve la statue dont je parlais plus haut, mais aussi les trésors de Toutankhamon, qui est mort vraiment jeune, à 21 ou 22 ans, et qui n’a à peu près rien fait pour l’Égypte, à part se faire enterrer avec une tonne de trésors dans un tombeau en or. 
 Avec lui, il y avait des milliers d’objets, dont le fameux masque funèbre que voici :
J’avoue que c’est ce qui m’a le plus marquée de ma visite. On ne pouvait toutefois pas le photographier. Il était magnifique. Le trésor de ce pharaon laisse croire qu’il y en a probablement d’autres d’enfouis quelque part en Égypte. C’est donc pourquoi les recherches se poursuivent encore aujourd’hui.

J’ai aussi visité l’exposition des momies royales. Là aussi, les photographies étaient interdites, mais honnêtement, c’était dégueulasse. Elles sont bien conservées et tout, mais ça reste que, mon petit cœur sensible et moi n’avons pas particulièrement aimé. Mais je suis tout de même très ravie d’avoir vu ça de mes yeux.

J'ai aussi mis les pieds dans la Mosquée Mohamed Ali (tout en pensant chaque fois que mon guide me parlait du boxeur...). J'ai dû me vêtir d'une longue robe qui cachait mes bras et mes jambes pour y entrer. Mon guide m'a expliqué les bases de l'islam, tout en faisant une montée de lait contre l'État islamique. C'était intéressant, j'aime bien en apprendre sur les autres religions pour essayer de les comprendre. (On se rappelle que j'avais été légèrement traumatisée dans une cérémonie religieuse au Brésil...). Mais je me serais passée de la tonne de pamphlets que l'on m'a remis à ma sortie!
 
Puis finalement, j’ai visité le marché Khan el-Khalili, au Caire. Je cherchais une petite réplique du sphinx pour offrir en cadeau à mon père.


Eh bien croyez-le ou non, ça n’existe juste pas. Oui, il y a un tas de sphinx. Mais des identiques à celui que l’on voit aujourd’hui, soit sans barbe, sans nez (rappelez-vous, Obélix l’a arraché dans le film!) et en pierre beige, impossible à trouver!

Ils sont soit noirs (!?!), soit en marbre avec plein de lignes brun foncé (!?!) ou soit peinturés comme ça :
Alors c’est finalement lui que j’ai acheté. J’ai abandonné ma première idée après avoir dû endurer une quarantaine de marchands qui voulaient me vendre plein de trucs. Et aussi sûrement me marier. 

*soupir*

jeudi 28 avril 2016

Voyager seule en Égypte, ça rend... paranoïaque

Partir pour aller voir les mystiques pyramides d'Égypte, c'est s'attendre à réaliser un rêve, à vivre des instants magiques.

Mais ça vient aussi avec un bémol. C'est qu'un certain stress planait autour de mon périple au Caire. Avec tout ce qui se passe présentement dans le monde, avec les frontières qui sont dangereuses dans tout ce qui est «près» de la Syrie, ce ne sont pas nécessairement les endroits les plus attrayants pour un voyage. Surtout pour une fille, surtout si elle voyage en solo.

Le tourisme étant en très forte baisse là-bas, j’ai trouvé un hôtel cinq étoiles à deux pas des pyramides pour un prix ridicule. Je me suis même permis de payer un petit extra pour avoir une vue sur les pyramides de mon balcon. Tant qu’à y être! Je me demandais bien ce que ça allait donner une fois sur place puisque le prix n’allait pas du tout avec le nombre d’étoiles, mais je n’ai pas été déçue, car voici la vue que j’avais : 
Mais avant d’arriver dans cette magnifique chambre, j’ai vécu quelques périodes d’angoisse. Et je ne parle même pas de toutes les personnes qui m’ont lancé des «Ouf, tu es courageuse» avant de partir.

Commençons par l’arrivée à l’aéroport.

Bon, je dis aéroport, mais je ne suis pas certaine que ça mérite ce mot. C’était plutôt comme un vieux gymnase d’école primaire avec des petites cabines pour les douaniers. Je me mets en ligne et j’attends. Longtemps.

Une fois que c’est à mon tour, il fouille dans les pages de mon passeport et me dit «tu n’as pas de visa?» Merde. J’ai complètement oublié de vérifier ça – oui, ça m’arrive de ne pas être à la hauteur côté planification et ce voyage est mon top 1 dans cette catégorie. Pas grave, je dois juste aller en acheter un à l’autre bout de la pièce, là où derrière une vitre sale sous l’écriteau «Travelers' choice» se trouve un bureau de change. À noter ici que «visa» veut tout simplement dire «payer 25 USD pour entrer dans le pays».

Je sors ma carte de crédit, ne sachant pas que puisque c’est un bureau de change et que ma carte ne fait aucune différence, j’allais avoir des frais supplémentaires de 5$, cela étant considéré comme une avance de fonds.

Bref, je reviens, fais étamper mon passeport et me dirige vers la sortie. Au loin, je vois des kiosques de compagnies cellulaires. N’imaginez pas des installations du genre «boutique au milieu d’une allée au Carrefour Laval», non. Plus un genre de comptoir devant un genre de banderole…

Bonne nouvelle, je peux acheter une carte SIM juste pour avoir Internet sur mon cell africain (j’ai découvert après six semaines ici que je pouvais aussi partager ma connexion en wifi avec celui-ci, même s’il est «cheap» et donc avoir le wifi sur mon iPhone en tout temps). Génial!

Le gars me demande mon passeport pour compléter le contrat. Une fois la carte installée dans mon téléphone, je sors ma carte de crédit.

«Cash only», me dit-il.

Shit. Bon, alors où est le guichet? Évidemment, il était AVANT de passer les douanes. Je pars donc en courant pour y retourner. Un homme m’accoste. Je dois d’abord dire que je me méfie de tout le monde là-bas, parce qu’on m’avait un peu traumatisée avec plein d’histoires quand je suis allée au Brésil il y a trois ans. Il avait toutefois l’air «legit». Il m’a montré sa carte d’identification, me disant qu’il travaillait pour le ministère du tourisme. Il était aussi dans la zone sécurisée de l’aéroport. Il m’explique rapidement qu’il peut m’organiser un transport pour l’hôtel. Moi, j’avais l’intention de prendre Uber. La discussion se fait pendant que je marche vers le guichet. Lorsque j’arrive aux douanes – qui se trouvent ici à être un tourniquet avec un gardien qui surveille les allées et venues – je me souviens que j’ai laissé mon passeport au comptoir de cellulaires. Quelle. Conne. Erreur de débutante. Je me mets à paniquer et à m’imaginer en train d’appeler le consulat pour pouvoir me sortir de cette merde si le gars avait déjà disparu et revendu mon passeport…

L’homme du ministère du tourisme me fait remarquer que ce n’était pas prudent. Merci, pas besoin d’un sermon. Je réussis à repasser le tourniquet sans passeport et à courir vers les deux guichets ATM. Oh, quelle surprise, ils sont hors-service. Seule autre option? Retourner au Travelers’ choice. Et on est maintenant rendus à 10$ de frais surprises.

Heureusement, tout s’est bien déroulé et j’ai pu récupérer argent, cellulaire égyptien et passeport.

Le transport maintenant. L’homme me fait un discours expliquant que le ministère du tourisme a mis ce système en place pour assurer la sécurité des touristes qui se font de moins en moins nombreux et bla-bla-bla.

J’accepte de lui faire confiance. Je le suis jusqu’à son bureau. Et vous l’imaginez sûrement, par «bureau», j’entends table et chaise dans un cubicule avec aucune enseigne, rien qui pourrait me rassurer de la légitimité de toute cette affaire. Mais dans ma tête, j’hésite me sauver en courant en me disant que je me fais arnaquer et que je suis idiote, ou lui faire confiance parce que si tout cela était «stagé» pour me piéger, ça faisait pas mal de figurants et de complices dans l’histoire.

Il me demande en même temps si j’ai des visites d’organisées. Comme ce voyage était zéro planifié et que je n’avais absolument rien trouvé sur Internet pour les visites (ne cherchez pas de bus du genre hop on hop off, ça n’existe pas là!), ma réponse était non.

Il me propose donc qu’on vienne me chercher à l’hôtel le lendemain matin pour m’emmener visiter les pyramides, avec un guide et un chauffeur privés. Les prix étaient raisonnables et je ne devais pas tout payer tout de suite. Et si j’aimais l’expérience, on pourrait alors prévoir autre chose pour ma deuxième journée.

J’accepte, mais je reste tout de même craintive.

Il me mène à la voiture, me présente le chauffeur. Dans ma petite tête de paranoïaque, tout ce beau monde a l’air louche. Et s’ils étaient tous de connivence?  Et si la voiture servait tout simplement à kidnapper une jeune fille naïve qui aura été la plus facile des proies?

Je m’assois à l’arrière de la voiture et je cherche sur Google la compagnie qui se trouve sur la carte d’affaires que l’homme m’a remise. Je ne trouve rien. C’est la panique. J’en prends même une photo, que j’envoie, accompagnée d’une description (inutile) de la voiture dans laquelle je me trouve, à une amie. Au cas.

Lorsqu’on arrive à la barrière pour sortir du stationnement, on s’arrête. De longues minutes. Je n’aime pas ça. Je demande pourquoi et on me répond que les rues sont toutes bloquées parce qu’un président en visite diplomatique doit arriver sous peu à l’aéroport.

Est-ce que tout ça peut faire partie d’un «set up» pour nous prendre tous, les autres touristes éparpillés dans les voitures et moi? Je regarde trop de films, c’est clair.

Cette attente, elle a duré plus d’une heure. Une heure à me demander si j'étais en sécurité ou pas. Et pendant ce temps, la nuit est tombée. Je comptais sur la lumière du jour pour me conforter. Elle n’y était plus.

Lorsqu’on est enfin partis, j’ai entré dans le GPS de mon téléphone l’adresse de mon hôtel, pour savoir si c’est bien là où on allait.

Quel soulagement quand je suis enfin arrivée à l’hôtel, près de quatre heures après que mon avion eut touché le sol! J’ai paniqué pour rien, comme ça m’arrive souvent.

Reste que je craignais quand même le lendemain matin. Et si personne ne se pointait? Et si tout ça était juste pour me mettre en confiance afin de là, me kidnapper? Je me tapais moi-même sur les nerfs avec ma paranoïa.

Finalement, tout était ben correct.

J’ai eu droit à une visite guidée personnalisée, car j’avais un guide à moi toute seule. Et mon chauffeur m’a suivie partout tout au long du voyage.

Et une fois que j’ai compris que je pouvais avoir confiance en eux, je ne me suis plus inquiétée pour ma sécurité. Et je me suis trouvée un peu nouille d’avoir eu si peur au début. Il y a aussi la «police du tourisme» qui est partout dans les lieux touristiques. On vérifie les véhicules, on prend en note la nationalité des touristes à bord et on prend la matricule du guide. Et on nous demande même si tout va bien, tout en étant prêt à intervenir si la réponse est non!

Et puis, on oublie tout ça quand on se retrouve, sur le dos d’un chameau, devant ça :
Pour ce qui est des pyramides, eh bien ce sera pour un prochain blogue!

mardi 26 avril 2016

Si tu veux te sentir cassé, va à Dubaï!

Tant qu’à être déjà en Afrique, je me suis dit que je pourrais en profiter pour faire un autre voyage à l’intérieur de mon voyage.

J’ai donc choisi de quoi de proche là… soit ’Égypte. Un petit voyage éclair de quatre jours. On s’entend que ça revient à peu près au même que d’aller passer quatre jours à Salvador, au Brésil. Avec mon escale – voulue – à Dubaï, ça me fait un gros 28 heures d’avion pour cette petite escapade. Amenez-en des heures de vol, faut croire que j’aime ça!

De plus, je tenais vraiment à voyager avec Emirates pour pouvoir les comparer avec Qatar Airways, puisque ce sont deux compagnies avec cinq étoiles.

Mon but premier était de passer deux jours à Dubaï et deux autres au Caire. Sauf que le prix du billet d’avion m’a rapidement fait changer d’avis. Je me suis donc rabattue sur l’Égypte seulement. Sauf qu’en «perdant» une soirée complète à fouiller sur les différents sites de billets d’avion, j’ai trouvé un pas pire compromis. Une escale de 14 heures à Dubaï, incluant une nuit, pour la moitié du prix du billet original. J’allais donc me contenter de ça.

Dans l’avion – qui avait du wifi à 1$ pour 500 Mo! – j’ai effectué rapidement mes recherches pour les activités que j’aurais le temps de faire à Dubaï. Comme la plus haute tour au monde s’y trouve, c’était un incontournable. Question d’ajouter à ma collection de «vues à couper le souffle». J'ai donc navigué sur le site de la Burj Khalifa (je dois avouer qu’au début, je pensais que les chauffeurs de taxi parlaient un peu trop de Wiz Khalifa…) pour me rendre compte que le forfait pour aller au 148e étage coûte… 173$! Non mais, ils sont cinglés ou quoi!?

À ce prix-là, on a un «complimentary drink». Euh non les amis. On le paye plusieurs fois ce verre à presque 200$! On promet aussi une expérience interactive et bla-bla-bla. Mais mon budget a quand même des limites. Pas question de payer ça! La deuxième et seule autre option, c’est d’aller à l’observatoire des 124e et 125e étages. Pour 45$. C’est encore ridiculement cher, mais c’était ça ou je ratais la chance d’y monter.
Faut dire qu’elle est impressionnante cette tour. Déjà que la ville est remplie de gratte-ciel, elle les fait tous paraître comme des petits édifices. Wiz Khalifa, euh, pardon, Burj Khalifa mesure 828 mètres. Outre le fait d’être la plus haute structure humaine jamais construite, la tour détient trois records mondiaux : la tour avec le plus d’étages au monde (163), l’étage «occupé» le plus haut et le plus haut observatoire extérieur.

C’est donc à cet observatoire que je suis allée. C’est haut.

Seule déception, même si la tour est vraiment haute, on n’y voit pas la forme de palmier dans l’eau, celle qui a été créée et qui fait la renommée de la ville. D’ailleurs, dans la visite guidée, on fait preuve de grande modestie en disant que le palmier a donné à Dubaï une «renommée stratosphérique». On ne voit que ça :
Et si vous pensez que l’entrée était chère, attendez de connaître le prix des photos qu’on y prend de vous! Vous savez, les photos sur écran vert où l’on vous fait des montages avec la tour? Eh bien pour avoir le lot, c’était… 90$.

Non merci.

Il y a aussi de splendides fontaines en bas. Mais moi, j’ai eu droit à ce spectacle :
Bouhhh. En plus, j’ai marché je ne sais pas combien de kilomètres pour aller les voir et comme mon Uber ne me trouvait pas – je suis tombée sur le plus incompétent de la ville – j’ai failli rater mon vol. Pour un «pas de fontaine».

Dubaï, c’est une ville riche. Très riche. Je me sentais vraiment pauvre à regarder toutes les boutiques, voitures de luxe et appartements hors de prix! 
Si jamais ça vous intéresse d’investir dans l’immobilier là-bas, sachez que chaque propriété vient avec une voiture. Les condos avec une Mini Cooper ou une BMW et les maisons dans le palmier, avec… une Lamborghini d’une valeur de 445 000$. Je ne sais pas en quelle devise, mais peu importe, ça fait beaucoup de sous.


Même les Uber sont luxueux. Ce sont tous des Lexus. Mais le prix est aussi très élevé. Disons que je m’ennuyais de mes longues courses à 4$ de Cape Town…

En rafale, voici d’autres observations à Dubaï :

Il fait tellement chaud que le métro est non seulement climatisé, mais on a construit des stations super près les unes des autres pour que les gens n’aient pas à marcher à la grosse chaleur.

On est en train de construire le plus grand centre d’achats intérieur au monde. Il y aura une allée de boutique de… 7km! Avec le plus grand parc thématique intérieur qui soit. Bref, ça devrait être juste un peu plus gros que les Galeries de la Capitale.

L’adresse de mon hôtel était «Al Wasal Area, Opposite Iranian Hospital». C’est tout. En d’autres mots, à Dubaï, on donne les adresses comme le font les fermiers dans un rang en campagne.

Tu sais que t’es loin de la maison quand les restaurants que tu connais ont l’air de ça :
Durant la visite en autobus (qui coûte 85$! Mais qui aurait valu la peine si j’avais eu le temps de faire tous les trajets), on fait encore une fois preuve de modestie en disant que «même les gens les plus blasés ne pourront se retenir de pousser des exclamations dignes d’un enfant en voyant la ville».

Je ne lis évidemment pas l’arabe, alors à première vue, je pensais qu’il y avait un dessin de deux personnes en canot au-dessus du mot «stop».
Les centre d’achats – parce qu’il y a pas mal juste ça – sont franchement impressionnants. On y trouve patinoire, aquarium géant et… pente de ski et piste de bobsleigh. C'est d'ailleurs le troisième centre de ski intérieur le plus grand au monde. Il y fait toujours -2 degrés Celcius.

L’aéroport est sans contredit un des plus beaux sur la planète, sinon LE plus beau.
 
 Un jour, j’y retournerai. Question de rentabiliser cette fois mon billet pour le bus hop on hop off!

mardi 19 avril 2016

Côtoyer la misère, la malhonnêteté... et la bonté

Pas toujours facile de côtoyer la misère. Il est aussi difficile de savoir à qui on peut faire confiance ou pas. Voici deux situations qui m'ont secouée quelque peu, toujours en direct de Cape Town, en Afrique du Sud.

On nous répète de faire preuve de grande prudence en tout temps. C’est que les pick pockets sont très actifs ici. Si ma sacoche est légèrement ouverte, il y a toujours un inconnu qui va me le souligner. On me le dit toujours, parce que j’ai la très mauvaise habitude de ne jamais la refermer.

Je suis un peu «Thomas». Je ne crois pas à ces vols jusqu’à ce que j’en sois témoin. Eh bien c’est arrivé la semaine passée au restaurant où je travaille et même si je n’y pouvais rien, je m’en veux.

C’est que trois personnes sont entrées dans le restaurant, un peu après 22h. Déjà là, je trouvais ça un peu louche. C'est difficile d'expliquer sans avoir l'air bourrée de jugements, mais les trois dames n’avaient pas l’air vraiment de notre clientèle typique, disons. Mais j'ai justement mis de côté mes préjugés pour les accueillir comme il se doit. L’une d’elles s’est avancée vers moi – je suis derrière le bar – et m’a demandé si elle pouvait faire une réservation ou si j’avais une carte d’affaires avec le numéro. Je lui donne, mais en même temps, j’ai un mauvais feeling que je ne saurais expliquer. Les deux autres sont là, mais je leur fais dos. Dès que je donne la carte à la dame et que je lui montre le numéro, je sens qu’elle se fout carrément des informations que je suis en train de lui donner. Mais bon, ça se peut. Et elles sortent rapidement.

Je n’en fais pas cas, mais quelques minutes plus tard, un homme au bar est revenu de l’extérieur où il était allé fumer et il a lancé, en panique : «Euh… mon cell était juste là il y a une minute à peine!»

Shit.

Les autres employées et clients ont tout de suite fait le lien. Pas moi, je suis trop novice à ce jeu.
«Les trois %?&*! Je le savais qu’elles étaient louches!» s’est écriée ma collègue en courant dehors pour voir si on les apercevait encore. Mais en vain.

Je me sentais responsable, mais en même temps, je vois difficilement ce que j’aurais pu faire.
Alors maintenant j’en ai la preuve. Je ne laisse rien à portée de main. Ce sont de vrais ninjas! Mais des méchants ninjas…

Rester de marbre... ou pas


On se fait sans cesse achaler ici. On nous demande de l'argent, de la bouffe, une job... Il faut se créer une carapace et devenir insensible, car sinon on n'y arriverait juste pas. Mais un jour, j'ai dérogé à ma règle. Un petit garçon de 7-8 ans m'a accostée devant un PFK. Et je dois dire qu'il était assez persévérant. Je lui ai demandé ce qu'il avait mangé dans la journée (il était 15h) et où étaient ses parents. Sa réponse? «Ma mère est à la maison avec mon frère et je n'ai rien mangé». Bon. Ça se peut qu'il dise ça à tout le monde, mais j'ai bien voulu le croire. Il voulait un trio quelconque au PFK. Je lui ai dit que je refusais de lui acheter ça, mais que je voulais bien lui offrir un fruit. Il m'a alors demandé du pain et du lait. Bon négociateur le petit. Je l'ai donc emmené à l'épicerie tout en lui faisant promettre à peu près 100 fois qu'il irait directement à la maison avec ça. Une fois sur place, il a ajouté du beurre d'arachide pour son «petit frère qui doit manger mou». J'ai dit oui, mais pas plus. Bon négociateur, je disais. Je lui ai dit que c'était mon cadeau de Pâques. Alors on est passés à la caisse où le caissier lui a aussi fait promettre de ne plus quêter de la journée (on est rendus là, c'est triste).
J'espère qu'il a tenu promesse. Et maintenant, je dois malheureusement remettre ma carapace...

Quelques semaines plus tard, je me suis encore fait accoster tout près de Shortmarket. J’ai encore fait ma face de bitch, mais le gars a eu une réaction désespérée comme j’en ai rarement vue. Il se prenait la tête et semblait se détester de devoir me parler. Après deux ou trois de mes refus, il a dit qu’il ne voulait pas me vendre quelque chose, mais qu’il était un sans-abri et qu’il voulait que je lui achète des trucs pour son bébé et sa femme,.

Faut croire qu’il m’a eue au mot «bébé» même si dans ma tête, je me suis juste dit que c’est inhumain de mettre au monde un enfant qui n’a rien demandé si c’est pour qu’il vive dans de telles conditions. Je sais, c’est un jugement gratuit, mais à force de côtoyer tous ces enfants sans toit et visiblement sans avenir, on devient frustrés.

J’ai donc accepté d’aller au magasin avec lui pour acheter du lait pour enfants et des céréales. Malheureusement, j’ai changé d’idée quand j’ai vu le prix de ce qu’il me demandait. C’était, en dollars canadiens, 20$ pour le lait seulement. J’ai beau vouloir être généreuse, ça, c’est trop. Surtout qu’on ne sait jamais vraiment à quel point on peut faire confiance aux gens à qui on offre ces achats.
Un guide m’a expliqué plus tard dans la journée que souvent, ils retournaient au magasin échanger ce qu’ils viennent d’avoir, mais pour la moitié du prix et repartent avec l’argent. Ça m’a fâchée. J’espère que le gars n’a pas fait ça.

J’ai eu droit à un «Merci beaucoup, passez une belle journée», mais sans grande chaleur. Je crois qu’il était fâché que je ne lui achète pas le lait désiré. Mais j’ai quand même déboursé 105 rands pour lui, ce qui équivaut environ à 10$. Pour un inconnu, on s’entend. Je n’ai même pas eu droit à l’esquisse d’un sourire. Mais bon, si je me mets à sa place, je n’aurais sûrement pas vraiment envie de sourire moi non plus.

Sauf que là, c’est vrai, je dois remettre ma carapace. Je ne veux pas donner d’argent ou de choses qui visiblement peuvent être échangées contre de l’argent. Le seul don que je fais désormais, ce sont mes restants de table au restaurant. Ça, je suis certaine que ça va directement dans le ventre de quelqu’un qui en a besoin, car ils ne peuvent pas faire grand-chose d’autre avec ça.

D’ailleurs, mon amie, avec qui je travaille, a pris l’habitude de faire des «doggy bags» des repas des clients qui ne finissent pas leur assiette, mais qui ne veulent pas rapporter les restes. Et elle les distribue le soir aux itinérants qui passent près du resto. Un d’eux est venu lui remettre une fleur le lendemain avec une magnifique note écrite à la main, dans un anglais parfait. Pour vrai, sa classe m’a marquée. En fait, je me sentais surtout mal parce qu’il était venu cogner à la fenêtre du resto, une fois qu’on était fermés et que je l’ai ignoré. J’ai bien vu qu’il avait quelque chose dans les mains, mais je ne pouvais pas savoir que c’était une fleur. Et il était 2h du matin. La règle est de les ignorer… Mais mon patron l’a reconnu et est allé le voir. J’aurais voulu courir dehors m’excuser quand j’ai vu la note, mais il n’était plus là...

Je vous laisse sur cette photo, que j'ai prise sans même le savoir. 

Je voulais photographier un village et sa tonne de déchets, car je le trouvais «typique». C'est drôle à dire, mais il était à la fois beau et triste. Comme on était sur la route, j'ai juste pris quelques clichés en rafale, sans regarder le résultat.

C'est en les téléchargeant sur mon ordinateur que j'ai eu la surprise de découvrir cette photo, que j'adore. Elle ne pouvait pas mieux décrire ce village!



jeudi 7 avril 2016

Avoir un requin à deux pouces de la face

Après avoir nagé avec les gentils dauphins au Mexique l’an passé, j’ai nagé avec… les méchants requins.
Bon. Nager avec, c’est vite dit. Pour ne pas me retrouver en manchettes du Téléjournal découpée en morceaux, j’ai plutôt plongé dans une cage.

Cette activité ultra touristique a lieu à Gansbaai, à un peu plus de deux heures de Cape Town. Je vous conseille fortement de réserver à l’avance, car c’est souvent plein. D’ailleurs, on a eu un peu de difficultés à confirmer la nôtre. La première compagnie nous a envoyé un courriel deux jours avant notre date pour nous dire que toutes les activités de la semaine suivante seraient annulées en raison de la mauvaise condition de l’océan.

Le problème, c’est que c’est vraiment la seule date où on pouvait y aller puisque notre amie, qui tenait vraiment à cette activité, n’est pas ici très longtemps.

Je me suis donc lancée sur Google et, armée de mon cellulaire africain, j’ai fait une tonne d’appels un samedi après-midi… à peine une heure avant le mariage de ma meilleure amie. Bref, assise dans mon lit, toute coiffée et maquillée et vêtue de ma robe de fille d’honneur!

La première compagnie n’avait plus de place, mais m’a assuré qu’ils allaient en mer durant la semaine, comme prévu. Je trouvais ça un peu bizarre considérant le fait que toutes les compagnies vont au même endroit.

Mais j’en ai finalement trouvé un qui avait cinq places pour nous. Yeah!

Lundi matin, on est donc partis pour Gansbaai. C’est quand même assez cher, soit 1700 rands, ce qui équivaut à environ 150 CAD. Mais au moins, ça inclut tout, dont la bouffe avant, pendant et après.

On ne nous promet pas qu’on va voir des requins, car ils sont en liberté. Si ça ne leur tente pas ce jour-là, eh bien tant pis pour nous.

On s’est proposés pour aller dans la cage en premier. Après la dure épreuve qu’est de mettre un foutu wetsuit – on avait tous l’air de personnages méchants d’une mauvaise émission pour enfants! – et mis notre masque, on a sauté dans la cage. J’avoue que c’est un peu compliqué de comprendre le principe au début. Il y a plein de barreaux, mais on ne peut pas y toucher. Parce qu’on pourrait alors devenir de la bouffe pour les requins. Il faut donc seulement s’agripper aux jaunes. Mais la visibilité n’était pas super, si bien que j’avais peur de me tromper!

Ils attirent les requins avec des grosses têtes de poissons morts qu’ils jettent à l’eau avant de les ramener vers le bateau. C’est dégueulasse. Ah et parlant de dégueulasse, mon conseil le plus important est le suivant : GRAVOL.

Une de nous n’en a pas pris et a fourni une autre sorte de bouffe aux requins, si vous voyez ce que je veux dire…

Bref, une fois dans la cage, on a la tête hors de l’eau et dès qu’on nous crie «jump!» on doit prendre une grande inspiration et descendre au fond de la cage. Pas toujours évident. Parfois je me rendais au fond sans problème, sinon je flottais et c’était un peu n’importe quoi!

J’étais sur le côté et à deux reprises, un requin a décidé qu’il essayait de manger le coin de la cage. Exactement comme ça :
Je l’admets, j’ai eu une petite frousse! Mettons que j’ai vu ses dents pointues d’assez près merci. Je souhaitais très fort que les trous dans la cage ne soient pas assez petits et qu’il réussisse à se rendre à moi. Pas évident non plus de prendre des photos avec la GoPro. Je suis un peu déçue du résultat…

 
Le meilleur spectacle, je vous dirais que c’est lorsqu’on est sur le bateau. Une fois, le requin était déchainé et a complètement arraché la tête de poisson mort en sautant. Mais moi, je l’attendais sous l’eau, alors je ne l’ai pas vu!

Heureusement, j’en ai vu quelques autres après.

On aurait bien aimé que l’eau soit moins embrouillée, mais bon, on ne pouvait rien y faire!

Ça valait quand même la peine!






vendredi 25 mars 2016

La prison où était Mandela, une visite... correcte

Qui dit Afrique du Sud et Cape Town dit aussi Nelson Mandela. Normal, c’est que l’ancien président du pays y a été emprisonné pour aucune bonne raison durant 27 ans.

Pensez-y, c’est long en maudit.

Dix-huit de ces années ont été purgées à Robben Island. C’est un peu l’équivalent d’Alcatraz, mais avec des prisonniers politiques – alors ça brassait pas mal moins! En fait, la seule ressemblance avec la prison de San Francisco, c’est que c’est sur une île. Parce que je vais être honnête, Robben Island est vraiment moins intéressante.

C’est un peu un passage obligé quand on vient à Cape Town, mais je vous avertis, ce n’est pas la visite la plus palpitante. Peut-être que c’est moi qui suis blasée, après avoir visité des endroits qui nous virent à l’envers, comme Alcatraz et dans un tout autre ordre d’idées, Auschwitz. Mais même si les histoires des prisonniers brisent le cœur, je n’ai pas trop ressenti d’émotions sur place.
Je crois que c’est parce que l’histoire ne nous y est pas très bien racontée. J’avais l’impression que les guides tenaient pour acquis qu’on connaissait en détail l’Apartheid, la vie de Mandela et sa libération. J’aurais voulu en savoir beaucoup plus.

En fait, j’en ai plus appris en lisant les affiche dans la file d’attente pour le bateau! Et j’ai attendu longtemps, car mon bateau avait 30 minutes de retard. Grrrrr.

Parenthèse ici. Si vous avez le mal de mer, évitez cette visite! À moins d’être armé de Gravol, de patchs ou de peu importe ce qui peut vous aider. Car c’est un bateau pas très gros – sur lequel on gèle! – qui vous mènera à l’île. Comme elle se trouve à 11 kilomètres de la ville, ça prend environ 45 minutes. Dans les vagues. Mais genre, des immenses vagues. À l’aller, je me suis juste concentrée pour essayer de ne pas penser que j’avais l’impression d’être au Pôle Nord en bikini tellement j’avais froid. Fin de la parenthèse!

Je n’ai pas été super chanceuse pour ma journée. Il y avait un épais brouillard qui faisait en sorte qu’on ne voyait absolument pas la ville une fois sur l’île. Dommage, je suis certaine que le paysage aurait été magnifique.

Donc lorsqu’on arrive sur l’île, on embarque dans un autobus pour une visite de l’endroit. On ne sort qu’au petit restaurant où j’ai mangé un «succulente» sandwich au… fromage râpé et à la salade. Et disons qu’il était tiède. Bref, voici ce que j’ai appris :

Il y a une petite maison blanche, au beau milieu de grosses niches où logeaient les chiens de garde. Dans cette maison, qui était en fait une cellule, était emprisonné Robert Sobukwe, leader du Pan-Africanist Congress. Il y avait un règlement très particulier pour ce détenu. Personne n’avait le droit de lui parler. Il n’a donc entendu la voix d’aucun être humain sauf lui pendant… huit ans. Et lorsque sa sentence s’est terminée, le gouvernement a passé une loi spécifiquement pour lui, disant que sa sentence était automatiquement prolongée dès qu’elle se terminait.

Quand il a fini par être libéré, il avait de graves problèmes avec ses cordes vocales, qui n’avaient presque pas servi durant tout ce temps.

Les prisonniers pouvaient recevoir de la visite, mais seulement deux fois par année. Et pour y aller, on devait avoir 18 ans et plus. Impossible donc de voir ses enfants. De plus, les conversations devaient strictement se faire en anglais ou en afrikaans. Un mot parlé dans une autre langue et hop, la visite était terminée. On se revoyait dans six mois…

Les lits ne sont arrivés qu’en 1979 dans cette prison. Avant cela – Mandela est arrivé en 1964, pour vous donner une idée du temps qu’il a passé sans lit! – les prisonniers dormaient sur cette couverture :
Disons que les maux de dos devaient être fréquents.

Les prisonniers étaient exploités pour tailler des bouts de roche, sans autre outil qu’un pic. Et au final, ces roches taillées servaient à paver les rues sur l’île. Le soleil tapait beaucoup et la poussière de roches a rendu malades plusieurs prisonniers. Certains n’étaient plus capable de produire de larmes. D’autres ont été victimes de graves problèmes respiratoires.

C’est toutefois dans cette carrière que les hommes s’enseignaient toutes sortes de choses. Une espèce de grotte, au fond, était appelée l’université. Mais elle servait aussi de chiottes. C’est pourquoi les gardiens de sécurité ne s’y aventuraient pas. Les détenus pouvaient donc partager leurs connaissances. Il faut comprendre que c’était tous des prisonniers politiques. En fait, trois d’entre eux ont part la suite été élus comme président de l’Afrique du Sud!
Ah oui et s’ils préféraient aller faire leurs besoins dans les buissons, eh bien on tirait sur eux, tout simplement.

Quant à Mandela, voici sa cellule :
Je ne sais pas si c’est moi qui suis insensible ou c’est le fait de ne pas encore avoir assez lu sur l’Apartheid et tout, mais je n’ai rien ressenti, contrairement à ce à quoi je m’attendais.

On visite la prison à sécurité maximale où il était dans la deuxième partie du tour guidé. Le problème, c’est que je n’ai compris qu’à peu près 10 pourcents de ce que le guide nous a dit. Souvent, je me demandais même s’il n’était pas en train de parler en afrikaans. Je pensais que c’était moi qui étais poche, mais j’ai été «rassurée» quand j’ai entendu un couple d’Américains se plaindre qu’ils ne comprenaient rien non plus. C’est dommage, car c’est un ancien prisonnier qui nous parle. Mais il a plutôt eu un message politique – de ce que j’ai compris – sur la situation actuelle au lieu de nous parler plus longuement des conditions dans lesquelles il avait été incarcéré.

Les chiffres que l’on voit partout dans la boutique souvenir sont 466-64. C’est la matricule de Mandela. Cela signifie qu’il a été le 466e à arriver à Robben Island en 1964.

Aujourd’hui, l’île est encore habitée par quelques familles. Ce serait des descendants des gardiens de prison, qui ont gardé la maison de leurs parents. Je ne comprends pas vraiment l’intérêt d’y rester. Il n’y a aucune épicerie, aucun service. Il y avait une école, mais ils l’ont fermée puisqu’il n’y avait que 18 élèves. Les enfants doivent donc se taper le merveilleux bateau matins et soirs pour aller à l’école. Même chose pour aller magasiner, faire l’épicerie, etc. J’ai vu des voitures, mais pas de station-service. Aucune idée s’il y en avait une de cachée quelque part!

Avant d’être une prison, Robben Island était un hôpital psychiatrique, pour devenir une base militaire durant la Deuxième guerre mondiale, puis la prison.

On y trouve aussi un cimetière de lépreux. On les envoyait là-bas parce qu’on avait peur qu’ils soient contagieux, même après leur mort.

Alors voilà. Si vous passez par Cape Town, allez-y, mais n’ayez pas des attentes trop élevées!

vendredi 18 mars 2016

Autre continent, autres mœurs

La vie en Afrique ressemble parfois à celle que l’on a en Amérique du Nord... Mais pas tout le temps.

J’ai donc décidé de partager avec vous ce qui m’a frappé au plan des différences culturelles, des mœurs et des habitudes de vie depuis que je suis arrivée à Cape Town.

Les voici donc en rafale.

Ici, les souliers semblent être un accessoire plutôt optionnel. Il n’est pas rare que l’on croise des gens nus-pieds, même dans la rue. Des enfants aussi. Et même, comble de l’ironie, le vendeur au magasin de souliers! Quant à moi, c’est bien le dernier endroit où je voudrais me promener comme ça! J’ai déjà marché sur un tas de cochonneries et j’ai aussi eu la très désagréable surprise de piler sur une aiguille, qui s’est logée sous mon gros orteil. Du gros fun.

Au restaurant, la norme pour le pourboire n’est pas de 15%, mais bien de 10%. Et il ne faut pas se surprendre de recevoir du 8 ou 9%. Ou encore juste… rien.

Si je me fie seulement à mon entourage ici, je dirais que les moyens de contraception ne sont pas très utilisés. Il n’est pas rare qu’une fille ait plusieurs enfants, souvent de pères différents. Sauf que dans plusieurs cas, les enfants sont élevés par la grand-mère, qui habite parfois à des heures de route de la mère. Quant aux pères, ils en ont souvent deux ou trois illégitimes qui trainent quelque part. Je vous jure, c’est aussi difficile de suivre la vie de certaines de mes connaissances ici qu’un soap américain!

On ne se donne pas deux becs sur les joues lorsqu’on salue quelqu’un. C’est soit un bec et une caresse, soit seulement une caresse. C’est anodin, mais tout de même très déboussolant au début! Donc ne faites pas le saut si je vous enlace à mon retour au pays! Ah et pour ce qui est des amis, on s'embrasse... sur la bouche. Ça surprend quand on ne s'y attend pas!

Évidemment, on conduit à gauche ici, comme en Angleterre. Cela s’applique aussi sur la plupart des escaliers roulants, qui sont «à l’envers» des nôtres et au côté que l’on choisit quand on rencontre un passant sur le trottoir, par exemple. Là aussi, ça prend quelques jours pour s’y faire!

Il y a beaucoup d’abus de klaxon. Impatience, salutations, avertissement, on entend juste ça. Tout. Le. Temps.

Parmi les véhicules qui ne font que ça, klaxonner, il y a ces genres de «taxi-bus» cheaps. Ce sont des mini vans, toutes pareilles, qui font une ligne droite et qui coûtent à peu près rien. Dans chacune d’elles, le gars qui est assis côté passager crie, la fenêtre ouverte, la direction dans laquelle il s’en va, pendant que le chauffeur klaxonne tous les gens qu’il croise, dans l’espoir de les embarquer. Près d’où j’habite, il y a toujours plein de monde sur le trottoir. Et plein de ces bus. Le résultat est cacophonique. Ah et ils sont toujours juste trop pour la capacité normale du véhicule.
Parlant de capacité du véhicule, disons que les règles sont inexistantes. À date, j’ai fait un trajet dans le coffre d’un VUS avec une amie parce que le reste était plein et on est aussi embarqués six dans une Mini Cooper et six dans un Uber – qui conduisait l’équivalent d’une Yaris –, parce que la fille qui était avec nous «n’avait pas pensé à en commander un XL». *soupir*

Le cellulaire au volant est interdit, mais si vous vous faites prendre, ça se peut que le policier… confisque votre téléphone. Et que vous ne le revoyez jamais.

Il arrive souvent que des gens cognent à la porte de la maison pour avoir de la bouffe ou de l’argent.

Tous les écoliers ont un petit uniforme qui semble tout droit sortir des années 50. Je trouve ça super cute!
Il y a deux sortes de stationnements dans les rues. Ceux que l’on doit payer et les autres. Comme chez nous. À quelques différences près. D’abord, les parcomètres sont… humains. On doit payer la préposée qui imprime le billet et le met sur le pare-brise. Sinon, il y a ceux qui «surveillent» les voitures stationnées. Il est juste là et porte un dossard vert fluo. Il vous dit bonjour et accourt vers vous quand vous quittez pour avoir son pourboire!

Je ne compte plus les fois où on m’a demandé si j’étais mariée. Pas si j’avais un chum, non, si j’étais MARIÉE. Tout le monde demande ça. Le chauffeur de taxi, la coiffeuse, les amis des amis que tu rencontres pour la première fois. Et eux, ils le sont tous. J’en déduis que je suis plus qu’une vieille ici, ne l’étant pas à mon âge.

Presque tout le monde a des cellulaires à la carte. Je crois que les contrats sont très rares! Et on achète des datas ou du «air time» à peu près n’importe où. Vraiment. Même les vendeurs itinérants au coin des rues en vendent avec leurs girafes gossées dans du bois. L’électricité aussi se vend à la carte! On achète de l’énergie, on entre un code à la maison et voilà!

Il y a des grillages dans toutes les entrées des commerces – ou presque – et des maisons. On doit attendre qu’on nous déverrouille la porte. Je me sens presque comme dans Unité 9 chaque fois. D'ailleurs, je travaille comme barmaid ici et il y a un drink populaire qui s'appelle «Rock Shandy». Alors je me sens doublement dans Unité 9...
Ici, les feux de circulation, on appelle ça des «robots» et quand on va chercher quelqu’un quelque part, on le «fetch».

À l’épicerie, il y a un préposé qui pèse nos fruits et légumes en vrac pour les mettre dans un sac avec le prix. Sûrement pour faire gagner du temps aux caissiers. Parlant d’eux, ils ont la très désagréable manie de redonner notre monnaie en même temps que le papier. Soit dans un tas. Je n’ai pas encore trouvé la technique parfaite pour être efficace quand je prends mon change. À date, je reste juste une éternité à essayer de me libérer les mains pour ranger tout ça dans mon portefeuille. C’est un détail, mais me semble que ce n’est pas compliqué de donner l’argent en papier et ENSUITE la monnaie, non?

Les gens amènent leur chien dans les restaurants. DANS les restaurants. Et on ne parle pas de chiens-guides, là…
Je vous laisse avec quelques-unes de mes photos prises dans les derniers jours: