dimanche 21 juin 2015

Les aventures des boucles d’oreille perdues

Vous savez la maudite phrase «jamais deux sans trois»? Eh bien je m’en serais passé ce soir.

Ah oui et «chercher une aiguille dans une botte de foin»? Même affaire.

C’est que c’était notre deuxième et dernière journée à Barcelone – à un moment donné, je vais bien finir par avoir le temps de vous parler un peu de ce voyage et non pas juste des mésaventures! – et on voulait partir vers 22h, car on avait une heure et demie de route à faire pour se rendre à Tarragone, question de se rapprocher un peu de Valence, notre prochaine destination.

On adore faire les «hop on hop off», ces autobus à deux étages «décapotable», où on peut débarquer et rembarquer comme on le veut sur le circuit touristique. À Barcelone, il y en avait deux, la ligne verte et la orange. Après avoir complété la première (avec environ quatre heures de retard sur notre planning…), on a voulu faire la deuxième. Une fois embarquée dans ce bus, on se fait dire qu’il ne reste qu’un arrêt et qu’on a raté le dernier tour d’une heure. Les horaires n’étaient pas vraiment précis, mettons.

Bref, tout ça pour dire qu’on a dû prendre le métro, changer de station et marcher un peu pour voir notre toute dernière attraction : La Plaça Espanya.
Après avoir pris 1001 photos, on a rebroussé chemin pour reprendre le métro jusqu’à la voiture. Par réflexe, je touche à mes boucles d’oreille, c’est une manie que j’ai, une peur de toujours les perdre. Et je dois préciser que ce ne sont pas n’importe quelles boucles d’oreilles. Ce sont mes PRÉFÉRÉES de la vie. Je suis en amour avec elles depuis que je les ai achetées il y a quatre ans et elles valent quand même un peu cher. Mais elles sont surtout magnifiques et comme elles sont d’une designer, c’est un modèle qu’on ne peut plus retrouver en boutique. Bref, j’y tiens.

Petite touche à droite, elle est là. Même chose à gauche. Oh oh. OH NON. Mon oreille est toute nue. Rien n’y est attaché. Je capote, vérifie par terre, commence à paniquer.  Et pour préciser le «jamais deux sans trois», c’est que j’en avais perdu une que j’avais retrouvée à côté de ma voiture dans mon stationnement et je les avais aussi perdues de vue après mon retour du Mexique, pour réaliser au bout de deux mois qu’elles étaient juste encore dans ma valise.

(Pour ceux qui se disent «c’est juste du matériel, ça se remplace», eh bien sachez que non, ça ne se remplace pas, une valeur sentimentale comme ça)

Je cherche sur les photos pour voir à quel moment le bijou a disparu et je crois l’apercevoir sur une des photos qu’on vient de prendre. On retourne donc sur nos pas, pour scruter chaque parcelle de trottoir jusqu’à la Plaça. En vain. Je suis au bord des larmes, la fatigue n’aidant pas.

De retour dans le métro, j’accroche un employé et à l’aide de Google Translate, je lui demande s’ils ont des objets perdus. Au début, il comprend que j’ai «perdu quelqu’un» et me demande son numéro de téléphone. (Si j’avais perdu quelqu’un et que j’avais son numéro, on s’entend que je l’aurais appelé…) Puis il comprend que c’est un bijou. Il éclate de rire en disant que j’avais très peu de chance de retrouver ça. Mais il me donne le nom de la station où je dois me rendre pour parler à la direction. C’est ouvert juste le lendemain et de toute façon, ça n’aurait servi à rien.

Je ne peux cesser de penser à ma boucle d’oreille. Je suis même déjà en train de préparer dans ma tête le message que je vais envoyer à la designer dans l’espoir qu’il reste une paire quelque part dans les entrepôts… Puis je regarde à nouveau les photos et remarque que je ne l’avais finalement pas à la Plaça. Je décide donc de retourner là où on a changé de métro. C’est que j’ai déduit qu’elle était tombée lorsque j’avais enlevé la ganse de ma sacoche autour de mon cou. Donc, la dernière fois était à cet endroit : La Plaça de Catalunya.

Malheureusement, je n’ai pas pris de photo de moi à cet endroit, alors je ne peux vérifier si je l’avais toujours. On retourne à cette station de métro, fait le tour, observe sous les bancs de l’aire d’attente. Toujours rien.

Pendant tout ce temps, je prie très fort Saint-Antoine-de-Padoue, le patron des objets perdus, en lui promettant un tas de choses.

Je décide de sortir et de retourne à l’extérieur, sur cette place immense, pour poursuivre mes recherches. Mais juste avant de franchir les tourniquets du métro, je regarde à nouveau mes photos. En attendant le bus de la ligne orange, on a pris une photo sur un banc super original. Je remarque que je ne porte qu’une seule boucle d’oreille. Donc je l’avais déjà perdue. Puis, tout juste avant, on s’était photographiées devant cette superbe maison de Gaudi :
Les deux sont là. Déduction : c’est entre ces deux photos que je l’ai perdue. Un regain d’espoir m’envahit. Même si mes jambes étaient si lourdes que j’avais du mal à me déplacer. C’est qu’on en avait tellement fait dans la journée! Jenny aussi était découragée. Et tannée. Je peux la comprendre, on cherchait littéralement une aiguille dans une botte de foin.

On retourne ainsi en métro, pour refaire le trajet entre la maison (Casa Batllo) et le banc. C’est mon dernier espoir. Selon les heures sur mon téléphone, il s’était déjà écoulé deux heures et quart depuis qu’on avait quitté cet endroit.

Je marche, cherchant partout un petit truc scintillant. On arrive au banc, il y a deux personnes assises dessus. J’allais leur demander s’ils ont vu quelque chose quand mon regard se tourne sur la pancarte d’arrêt de bus. Je baisse les yeux et je la VOIS.

J’ai couru comme une fillette dans un magasin de bonbon et je l’ai récupérée par terre comme si c’était la huitième merveille du monde. Ne me jugez pas, une fois le stress tombé, j’en avais les larmes aux yeux. (Bon, OK, j’ai pleuré un tout petit peu)

Je n’en reviens toujours pas. Mon arrière-grand-mère Alice avait bien raison d’affectionner St-Antoine-de-Padoue, son «Saint» favori. Il est efficace!

Pour vous donner une idée, voici le chemin parcouru aller-retour pour retrouver mon bijou si cher à mes yeux.
J’ai promis de ranger ma paire dans un endroit sécuritaire et de ne plus les porter du voyage. Pas sûre par contre que je vais tenir promesse. Parlant de promesse, il y en a une tonne que je dois maintenant tenir… j’en ai fait pas mal à «Tony» pour qu’il m’aide sur ce coup…

samedi 20 juin 2015

Ça ne peut jamais bien aller dans un aéroport

Je vous écris de l’avion, direction Barcelone. Et déjà, on a eu notre lot de péripéties…

Il faut dire que j’ai un karma de marde plutôt mauvais avec les aéroports. Rares sont les fois où tout se passe sans anicroche.

Quand ce n’est pas une compagnie qui oublie de payer le vol sur lequel elle m’a transférée, c’est moi qui perds mon laptop à Londres, ou qui passe près de faire une Michèle Richard de moi-même en embarquant dans le mauvais avion. Ça, c’est quand je ne le manque pas.

Cette fois, on n’avait même pas encore franchi la sécurité que ça s’était déjà gâté.

Mise en contexte : on a loué une voiture à Barcelone, car on roulera jusqu’à Séville, avec des arrêts prévus à Valence et à Madrid. Comme mon permis de conduire international est expiré, je suis allée le refaire. Et comme je suis la personne la plus à la dernière minute que je connaisse, j’y suis allée à 19h30. Ça fermait à 20h… et notre vol était à 23h10. Sauf qu’on n’avait pas besoin d’arriver super tôt. J’avais réservé notre place pour la fouille et on devait passer à 21h55. On avait donc amplement le temps.

Une chance.

Une fois que notre lift nous a déposées à la porte et qu’on s’est dit au revoir, j’ai fait emballer ma nouvelle valise. L’an dernier, mes deux (la grosse et la petite, cette fois j’ai commandé la moyenne pour compléter l’ensemble) avaient mangé la claque. Un seul tour de carrousel et elles étaient pleines de grosses marques noires. Donc cette fois, je n’ai pas pris de chance. J’ai payé les 10$ nécessaires pour faire emballer ma valise. C’est mieux que tous les cadenas du monde ce truc, car même avec beaucoup, beaucoup d’efforts, impossible d’ouvrir la fermeture éclair.

Toutes contentes d’être à l’heure – j’ai couru partout avant de partir pour trouver ma caméra GoPro, en vain… – on est dans la file pour déposer nos bagages.

C’est là que j’ai un flash.

Je n’ai PAS mon permis international. Oui, celui que je venais à peine de faire faire. C’est que dans un élan de panique parce que ma valise n’était toujours pas terminée quelques minutes avant de partir, j’ai vidé tout le contenu de mon petit sac à main qui me servirait pour les visites, pour le mettre dans la valise. Et c’est dans cette sacoche que j’avais mis mon permis. Je me souviens très bien de l’avoir simplement vidée en la virant à l’envers et en laissant tout son contenu sur la table de la cuisine. (Je vais faire du ménage à mon retour, promis)

J’appelle mon amie pour lui demander de faire un demi-tour illico et de retourner chez moi. C’est que ce permis est obligatoire en Espagne et si on se faisait arrêter par la police et qu'on n'avait pas ce document, c'était une amende de 200 euros et la saisie immédiate de la voiture. On s’entend que notre voyage aurait été à l’eau.

- Ben là! Je suis déjà rendue à Saint-Anne-de-Bellevue! me répond mon amie.
- Tu dois faire demi-tour, maintenant!
- On n’aura jamais le temps, voyons!
- Pas le choix. S’il te plaît…

Elle a accepté de rebrousser chemin, à condition que pendant ce temps, je vérifie dans ma valise que je l’avais bel et bien oublié.

Oui, ma valise cadenassée de «saran wrap».

On essaie d’abord d’enlever juste le dessus et d’entrer notre main pour y aller à tâtons. C’est peine perdue. L’espace est tellement restreint que ça prendrait presque des outils pour nous sortir le bras de là.

La préposée au comptoir de la compagnie aérienne – qui était vraiment géniale – me dit que je devrais retourner voir les gars qui l’ont recouverte, qu’ils pourraient sûrement m’arranger ça. Ouais, mais j’ai pas envie de repayer.

Oui, après avoir dépensé une fortune pour un billet de hockey, ça m’arrive d’être cheap.

- Je les connais, je vais aller les voir et t’arranger ça, me dit-elle.

Elle revient et me confirme qu’ils vont me la réemballer, mais qu’ils demandent d’essayer de ne pas tout enlever. Facile à dire.

Voilà le résultat :
Tout ça… pour confirmer que mon permis n’est pas dans mes affaires. Mon amie poursuit donc sa route et le trouve, comme je l’avais dit, sur la table.

Pendant ce temps, je retourne voir le «préposé à la pellicule plastique», qui regarde ma valise avec une légère frustration.

Heille. Ne me juge pas, je n’avais pas le choix, dude.

- Tu veux la faire refaire au complet?
- Ben, juste la partie qu’on a dû couper.
- Et tu ne veux pas payer, c’est ça?
- Pas vraiment, non. La fille m’a dit que c’était correct.

Il ne dit rien, mais je sens qu’il est contrarié. Comme je n’ai pas envie de «dealer» avec une telle attitude, je lance :

- Ben là. C’est pas comme si vous alliez être short en «saran wrap».
- Oui, je vais l’être de 8$.
- Quoi? Voyons, t’as refait deux petits tours avec.
- Oui, sauf que c’est 8$ de moins dans mes poches. C’est moi qui vais le payer.
- T’as juste à pas me le charger…
- Je ne peux pas, c’est numéroté.

Ça, je déteste ça. Demande-moi le 8$, explique-moi avant de commencer la manœuvre que je n’aurai pas le choix de payer. Fais n’importe quoi. SAUF me faire sentir cheap parce que tu paies à ma place.
Euh, non. Tu paieras pas ça de ta poche, je vais aller te chercher le 8$.

En passant, j’ai raté le mémo qui disait que ça passait de 10$ à 8$?

- Non, c’est beau. Je vais le payer.
- Heille. C’est pas vrai que tu vas me laisser partir en voyage en me sentant coupable de te faire payer 8$ de ta poche. Je VAIS payer.

Obstination ridicule. Il ne veut rien entendre. Je prends ma valise, tourne les talons et reviens aussitôt avec un billet de 20$. Après, évidemment, avoir dit des choses pas très gentilles à son sujet à mon amie et à la préposée d’Air Transat.

Il n’a rien voulu savoir de mon argent.

- Non, garde-le. Et tu feras une bonne action pour quelqu’un d’autre une autre fois.

Bon, il se prend pour Chantal Lacroix maintenant! Ah pis de la merde, je repars avec mon billet vert. Il n’y avait rien à faire avec lui.

Il est 22h15 environ quand je rappelle mon amie pour savoir où elle est. On commence à paniquer un peu, car il reste moins d’une heure avant le décollage et on n’est toujours dans l’entrée de l’aéroport. J’ai bondi sur sa voiture comme un lion sur un morceau de viande.

Évidemment, Parmelie a pris soin de me traiter de «retardée» à tue-tête jusqu’à ce que j’entre à nouveau dans l’aéroport. En courant. Avec des gougounes qui glissent. On aurait dit une catastrophe assurée.

Course dans les corridors déserts jusqu’à la sécurité, où on est heureusement passées en moins de deux minutes. Puis, autre course jusqu’à la porte numéro 15, qui était évidemment la plus loin. Deux vraies folles qui courent – ou essaient de courir sans tomber et sans mourir pour cause de manque d’air – jusqu’à la porte, où on arrive en sueurs, les cheveux en bataille.

Ce n’était même pas notre tour à embarquer. Finalement, on avait… une bonne vingtaine de minutes d’avance!

Un problème de scanneur plus tard, qui a fait en sorte que Jenny n’a pu passer tout de suite après moi et qu’elle a dû refaire l’interminable file pour passer (pendant ce temps, je faisais la circulation parce que les gens avaient beaucoup de difficultés à comprendre le principe qu’une porte fermée et verrouillée où c’est écrit «personnel autorisé seulement», à côté d’une porte OUVERTE où vont tous les gens, ça porte à confusion..

Il semblerait que le scanneur n’avait pas fonctionné avec moi, car on a crié mon nom une fois dans le petit autobus où il y avait trop de couleurs à mon goût.
Bref, si on avait voulu passer incognito, on aurait vraiment manqué notre coup.

Donc c’est ça, on est maintenant rendues.

Viva Espaṅa! (Et surtout les tapas et les beaux Espagnols)

mercredi 17 juin 2015

La coupe Stanley : frissons, émotions... magie

Je rêvais de voir la coupe Stanley. Je l’ai maintenant vue deux fois en deux ans (trois, en saisons de hockey).
Le feeling que l’on vit quand on est dans les estrades est difficile à décrire. La dernière fois, j’étais à Boston. Il devait y avoir deux ou trois milliers de partisans des Blackhawks dans les estrades. Cette fois, pour la première fois depuis 1938, c’est à domicile que les Hawks ont soulevé la coupe. Faut le faire, trois championnats en six saisons, avec la parité, le talent et surtout le plafond salarial de la ligue. Chapeau aux Hawks, vraiment.

Mais au-delà de toutes ces raisons «hockey», cette victoire est d’autant plus spéciale parce que l’atmosphère qui règne au United Center est de loin la meilleure que j’ai vue de ma vie. Chaque fois que j’y suis allée, j’ai été renversée. Que ce soit un match de saison qui ne veut rien dire contre les Hurricanes de la Caroline ou encore le match pour la coupe, c’est pareil. Les partisans sont juste en feu.
 
 J’en ai déjà parlé, mais ça commence avec l’hymne national. On ne l’entend même pas tellement les gens crient. Ensuite, les «Let’s go Hawks!» donnent la chair de poule. Et les «We want the cup!»? C’est juste fou.
Tout le monde porte un chandail des Hawks. Tout. Le. Monde. Pas de partisans en complet-cravate ici, oh non! C’est à croire qu’il y a un code vestimentaire où le magnifique chandail rouge est obligatoire.

Lundi, je n’ai vu aucun chandail du Lightning. À part ceux sur la glace, c’est tout dire! Et ce n’est pas parce que les Hawks les interdisaient, comme le Lightning l’a fait en séries. Leur truc n’a pas marché, et j’espère qu’ils ne répéteront pas l’expérience dans les années à venir!

Revenons au match.

J’ai passé les deux journées précédentes à ne pas y penser, sachant que j’allais être nerveuse! Je suis déjà passée par là et en 2013, ce qu’ils avaient joué avec mes nerfs! Je rappelle qu’ils tiraient de l’arrière avec moins de 90 secondes à jouer dans le match no 6 et qu’ils avaient marqué deux buts en 17 secondes, dont le dernier avec 58,3 secondes au cadran. Imaginez l’onde de choc que cela avait causé à Boston…

Cette fois, il a fallu attendre en fin de deuxième période avant d’avoir un but. Merci, Duncan Keith. Les partisans, jusque-là quand même assez nerveux, ont explosé. Un méga soulagement collectif. Pendant tout ce temps où c’est 0-0 et qu’on sait que le pointage peut basculer d’un côté ou de l’autre, les questions qui viennent en tête, ce sont : «Mais pourquoi j’aime le hockey? Pourquoi est-ce que je m’inflige tout ce stress inutile? Je n’ai même pas de plaisir en ce moment.» Sauf que quand les Hawks marquent, on oublie tout ça, car c’est tout simplement magique ce qui se passe dans leur amphithéâtre. La chanson Chelsea Dagger résonne à tue-tête et les 22 000 personnes la chantent en chœur en tapant des mains. Puis le stress revient tranquillement. Un seul but d’avance, c’est très peu. Surtout contre le Lightning.

La deuxième se termine et cette fois, ils ont réussi à garder leur avance. Ce qu’on pouvait lire sur le visage des gens? Vingt minutes. Vingt petites minutes. C’est tout ce qui restait avant d’être témoin d’un moment qui resterait gravé dans la mémoire de tous les gens sur place à tout jamais.

Vingt minutes, c’est court dans une vie. Mais une période de hockey quand la coupe Stanley est en jeu… Dieu que ça peut être long!

Chaque fois qu’une minute était retranchée au cadran, on sentait un soupir – encore une fois collectif, la foule n’était qu’un! – et il y avait toujours queiqu’un pour crier le nombre de minutes restantes. Dix-huit… Quinze… Ouf, Dix. La moitié de faite.

Chaque fois que la rondelle se trouvait sur la palette d’un joueur en blanc et bleu, il y avait sûrement 22 000 âmes qui priaient en même temps.

Les arrêts de Corey Crawford mettaient fin à ces prières et permettaient de respirer encore quelques secondes.

C’est vraiment long une période.

Personne ne veut dire que «ça sent la coupe». Faudrait surtout pas «jynxer». Les sourires commencent à s’agrandir sur les visages des fans.

Moins de six minutes. Les Hawks s’en viennent attaquer le filet juste devant moi. Et sur une passe parfaite, Patrick Kane fait 2-0. Je ne trouve pas les mots pour décrire la joie. On saute, on crie, on donne des «high five» à des inconnus. Le visage de Kane, dont le sens du spectacle est inné, apparaît sur l’écran géant. On voit dans ses yeux qu’il le sait. Il sait qu’il va soulever la coupe à la fin la soirée. Mais il reste 5:16 à jouer. Et le Lightning joue pour sa vie, pour ses chances de gagner la coupe lui aussi. Il ne faut surtout pas les compter pour battus, car on se souvient tous de leur but avec une seconde à jouer contre le CH…

Pour ajouter à l’angoisse de tous ces partisans dont les palpitations cardiaques s’accélèrent au fur et à mesure que les secondes au tableau s’égrènent, les Hawks écopent de leur première pénalité et le Lightning en profite pour retirer son gardien. Six joueurs contre quatre. Mais un filet désert. La situation est presque insupportable et chaque dégagement procure un soulagement intense, car il nous rapproche de ce moment où l’on entendra enfin la sirène finale.

Un poteau touché, des cris dispersés, les secondes qui filent. Le petit garçon devant moi qui répète «The cup is OURS!» Les derniers instants étaient presque irréels. Et le décompte des 10 dernières secondes a été entonné par chaque individu sur place.

BOOM. Une autre coupe.
Et moi, pendant ce temps? Eh bien je retiens mes larmes. Si la première coupe a été une surprise et que j’ai à peine eu le temps de réaliser ce qui se passait vu l’issue rocambolesque du match, celle-ci, j’ai pu la voir venir. Et je vais la savourer encore longtemps.

Jamais deux sans trois dit le dicton. Est-ce qu’on se donne rendez-vous dans deux ans, Lord Stanley et moi?


D’ici là, je vais essayer de rembourser la carte de crédit que je viens de remplir… 

lundi 15 juin 2015

Une autre folie : Chicago, prise 5

Eh oui, je suis à Chicago. Encore.

Pour résumer ce que je fais ici, voici la discussion qui a eu lieu entre ma conscience… et moi, lorsque les deux équipes finalistes pour la coupe Stanley ont été connues.

«Ce serait pas super raisonnable d'aller voir le match no 6 de la finale de la Coupe Stanley. T'es allée il y a deux ans» - ma conscience.

«Raisonnable? C'est quoi ça? Come on. C'est la finale» - moi.

Ma carte de crédit 1 - Ma conscience 0

J’ai donc acheté mon billet pour le match no 6 de la finale de la Coupe Stanley, à Chicago, quelques jours avant le début de cet affrontement ultime. Seule certitude : si ce match avait lieu, une des deux équipes mènerait 3-2 et aurait la chance de soulever la coupe devant moi.

Cette équipe, ce sera finalement les Hawks. Je vous laisse deviner si ça fait mon affaire ou non!
Ne me demandez toutefois pas combien j’ai payé pour mon billet. Comme ç’avait été le cas en 2013, je ne le divulguerai pas. Mais une petite recherche rapide sur Stubhub m’a permis de constater la veille de la rencontre que les billets dans ma section se vendaient maintenant entre 1570 et 2100 USD… Mais rassurez-vous, les prix ont explosé après la victoire des Hawks dans le match no 5. J’aurais pu le revendre et faire du profit, mais, euh, comment dire… JAMAIS j’aurais fait ça?!

Tout ça pour dire que je serai dans les estrades lundi soir pour ma deuxième finale de la Coupe Stanley en trois saisons. C’est d’ailleurs lors de ce premier voyage un peu fou qu’était né «Rondelles et sacoches». Deux ans déjà, le temps passe vite!

Cette fois, je n’avais pas vraiment envie de faire toute cette route toute seule. J’ai donc obligé proposé à ma mère de m’accompagner. Elle est retraitée et a donc un peu de temps libre et elle n’avait également jamais visité la Ville de Vents, ma préférée en Amérique du Nord. J'avais hâte de la lui faire découvrir.

C’est donc en début de soirée samedi qu’on a pris la route. On a regardé les deux premières périodes du match no 5 sur mon iPhone, sur la longue et très plate 401. Le temps de la troisième, on a élu domicile sur une banquette d’un Moxie’s en banlieue de Toronto.

J’ai ensuite roulé jusqu’à London où on s'est arrêtées - tard - pour dormir. La journée avait été longue, mais rien comparé à celle qui allait suivre!

Arrivées à Chicago vers 15h dimanche, on n’a tout simplement pas arrêté. Je vous reparlerai dans un prochain blogue de notre visite éclair de tout ce qui se trouve sur Michigan Avenue entre la 8th et Chestnut St. Un petit calcul rapide sur Google Maps me permet d’estimer notre marche de la journée à environ 8 km. En touristes avec des sacs (je suis arrêtée dans une certaine boutique souvenir…), des gougounes et surtout une température dépassant les 31 degrés Celsius sans même l'indice humidex, c’est épuisant! J'ai les pieds en compote.

Ajoutez à cela un tour en bateau et l’observation du haut d’une tour, le tout couronné par une deep dish pizza et vous avez un aperçu de mes neuf dernières heures.

Bref, je suis brûlée, alors le tour de ville virtuel devra attendre encore quelques jours, désolée!

Mais pour vous faire patienter, voici tout de même un aperçu de cette magnifique ville, du haut de la terrasse de la Trump Tower & Hotel, où on a croisé un certain Jeremy Roenick!

mercredi 6 mai 2015

La «jungle» mexicaine et du hockey de feu

Notre dernier hôtel était situé tout juste à côté du parc XCaret. Nous avons eu droit à une visite guidée personnalisée de l’endroit. Il est immense. C’est un peu comme une mini jungle. Je suis certaine que c’est la même température d’ailleurs. C’était chaud (suffoquant) et humide. On était complètement trempés de sueur après trois pas. Quant à mes cheveux, ils n’ont jamais été aussi dégueulasses que lors de ce voyage! Sel, sable, sueur, humidité, crème solaire… Pas le mélange idéal pour une chevelure digne d’une publicité de shampoing, mettons.

Et je ne sais pas si la chaleur a affecté ma mémoire, mais j’ai complètement oublié l’existence de ma superbe sortie de plage achetée spécialement pour ce voyage, qui aurait été parfaite pour la visite du parc. Mais non, fallait que je mette des shorts en jeans! J’ai tellement eu chaud, je suis certaine qu’elles ont agrandi de deux points. Vous savez, le feeling désagréable quand nos vêtements sont lourds et nous collent à la peau? C’était ça.

Heureusement, notre visite s’est terminée avec une descente d’une des trois rivières à la nage. L’eau était assez froide au début. Saisissante, disons. Mais personne ne s’en est plaint! C’était quand même long comme descente et plutôt exigeant, car il n’y avait pas vraiment de courant pour nous transporter. Comme nous avons tous cru que l’usage des palmes serait inutile, on en a nagé un coup!
Au début, il y avait un couple avec un bébé derrière nous. Oui, un bébé. Dans une descente de rivière. Pas l’idée du siècle, chers nouveaux parents. Le rejeton n’a pas du tout semblé apprécier son expérience, hurlant à pleins poumons tout le long. Un peu partout dans le parc, on pouvait scanner notre bracelet et une caméra prenait une photo de nous, que nous pouvions récupérer à la fin. La petite famille derrière nous a aussi profité de ce système. Pas certaine que le petit sera super reconnaissant de ce souvenir de lui, la face crispée et rouge, en pleurs, pendant que ses parents sourient à la caméra! La bonne nouvelle, pour le bébé et aussi pour nos oreilles, c’est que ses parents ont dû se raisonner et prendre une des sorties, car on ne les a pas revus par la suite.

Dans ce parc, qui est un peu comme un zoo, il y a plusieurs animaux et on a bien ri en arrivant devant l’enclos des ratons laveurs. On repassera pour l’exotisme.

Parmi toutes les créatures, une de mes préférées est le singe-araignée et l’un de s’est donné en spectacle sous nos yeux et m’a permis de prendre cette photo, que j’aime bien :

Un cimetière coloré


On retrouve également dans ce parc un cimetière mexicain authentique bien particulier. C’est que ce peuple fabrique des pierres tombales à l’image du défunt, pour rendre hommage à sa vie. Il y a 365 tombes, pour chaque jour de l’année, sept étages, pour les sept jours, et 52 marches pour se rendre au sommet, pour les semaines dans une année.
 
Ainsi, il y en avait un qui aimait visiblement beaucoup sa voiture :
Un pêcheur :
Un clown :
 Et celui m’a  plutôt fait rire :
Pourquoi? Parce que sur sa pierre, il est inscrit qu’il était un excellent plombier, mais un bien mauvais électricien. Donc on en a déduit qu’il était probablement mort électrocuté. Cruel, je sais.

Du hockey ancestral!


Le soir, il y avait un spectacle de grande envergure, avec plus d’une centaine de participants. Danse, musique, chants, rituels, on passait à travers les époques et les régions du Mexique.
Après ce qui semble avoir été une partie de dodge-basketball – je ne saurais malheureusement pas vous expliquer les règlements! – ils ont joué au hockey. Mais au lieu d’une rondelle, c’était… une boule de feu!

En rafale


Preuve no 1394 que je n'ai aucun talent pour étendre de la crème solaire, voici un de mes coups de soleil:
Une des piscines au dernier bar avait un bar vraiment cool, caché derrière cette chute:
 
En terminant, le gagnant dans la catégorie du passager le plus désagréable de mon vol de retour est le monsieur assis derrière moi de biais, qui a carrément pété sa coche à mon voisin de siège en criant «Je suis en train de manger, ARRÊTE DE BOUGER!»

Vraiment sympa. Sa femme, qui faisait un bruit insupportable avec sa gomme, lui a d’ailleurs demandé un peu plus tard, assez fort pour que tout l’avion l’entende : «Mais qu’est-ce que tu as?» Elle semblait tellement paniquée que je croyais que l’homme avait un malaise. Mais non, il était juste désagréable.

Elle m’a aussi fait rire lorsqu’elle a parlé de quelqu’un qui était atteint d’une «maladie dégénératrice»! C'est dégénérative madame. Pas tout à fait pareil!

Mention honorable aussi au bébé qui a littéralement hurlé durant les trois quarts du trajet…

À une prochaine, Mexico!

mercredi 29 avril 2015

Mon amie Kux

Plus jeune, j’avais une fascination pour les dauphins. J’ai d’ailleurs encore quelque part chez mes parents une boîte remplie de bibelots de ce cétacé. Et oui, même si c’est extrêmement quétaine, j’ai aussi un tatouage de dauphins. Mais hé, j’avais dix-huit ans quand je l’ai fait faire. On ne prend pas toujours des décisions judicieuses à cet âge! Je sais que je vais éventuellement le faire couvrir, mais en attendant, il est toujours là. Bref, j’aime les dauphins et je ne sais même pas pourquoi.
Et j’ai évidemment toujours voulu nager avec eux. Chose qu’à trente ans (ou vingt-huit, quand je mens!), je n’avais toujours pas faite. Lorsque j’ai vu sur mon itinéraire de voyage qu’on allait prendre part à cette activité, j’étais super contente. Mais en même temps, je ne me faisais pas trop d’attentes puisque je sais qu’à certains endroits, ça dure à peine dix minutes et que ça ne vaut pas tellement la peine. J’ai aussi vu passer sur mon fil Facebook un article qui racontait que ces animaux étaient souvent maltraités, alors j’avais mes réserves. Et on avait aussi sur notre voyage un plongeur professionnel qui avait, la veille, raconté qu’il refusait de nager avec les requins, les dauphins ou tout autre animal qui vit en captivité.

À notre arrivée, on a eu droit au tour VIP. On nous a expliqué l’horaire des dauphins, leur régime, l’entraînement et tout. Honnêtement, je sais qu’ils nous montraient le beau côté de tout ça et j’ose croire que ce n’est pas par naïveté, mais j’avais vraiment l’impression qu’ils étaient super bien traités. Plusieurs sont nés sur place et ils comptent sur un laboratoire, une équipe de vétérinaires et même une machine pour faire des rayons X et des échographies des dauphins s’ils croient que quelque chose cloche chez eux.
 
J’ai également appris qu’un dauphin ne dort jamais vraiment. Ça fait des mini «power naps» de quelques minutes durant lesquels la moitié de son cerveau continue à fonctionner. Ils ne ferment alors que l’œil de la partie du cerveau qui «dort». Pour deux raisons : parce qu’ils doivent penser à respirer et aussi pour être aux aguets face aux prédateurs. Et lors de leur sieste suivante, ils vont reposer l’autre moitié du cerveau! C’est fou comme ce sont des animaux brillants.

Donc, une fois la veste de flottaison enfilée et ma GoPro fixée sur mon front – me donnant des airs d’une «Minion» sur la majorité de nos photos – on saute dans le bassin où nous attendait Kux. Elle a seize ans et est née dans ce delphinarium. Son nom signifie «sensible» en langage maya.

Je ne sais pas exactement combien de temps on a passé avec elle, mais je dirais facilement 35-40 minutes. C’était tellement plaisant! Son entraîneur nous a montré à peu près tous les trucs qu’elle sait faire et elle s’est fait flatter le dos et le ventre amplement! C’est difficile à décrire le feeling de sa peau. Mais c’est doux et lisse. Elle a donc zigzagué entre nous, nous a arrosés, a sauté par-dessus nos têtes, nous a applaudis et a chanté. J'ai aussi dansé avec elle.
Puis, deux autres dauphins sont arrivés pour sauter devant nous et ensuite nous pousser chacun notre tour en se plaçant chacun sous nos pieds. J’avais un peu peur de cette activité. Peur de tomber, de fléchir les jambes (et donc tomber), mais SURTOUT : peur de perdre mon bas de maillot. J’avais cette crainte avant même d’arriver et tout cela a été confirmé lorsque l’entraîneur nous a fortement suggéré de mettre une main dans les airs et l’autre sur notre maillot, sinon on était presque assurées de faire un «show». Et comme tout est filmé… ça ne fait pas de très beaux souvenirs. Tout se passe super vite. On se place en étoile dans l’eau, les deux dauphins arrivent en même temps et voilà! En une fraction de seconde, on est propulsés hors de l’eau.  Si vite en fait que j’ai vraiment failli perdre mon maillot. Ils m’ont crié «n’oublie pas ton maillot!» juste avant que je porte ma main sur mon bas. Une. Chance. Parce que de l’autre côté, ça commençait déjà dangereusement à baisser. Il s’en est vraiment fallu de peu. En fait, j’ai un peu peur de regarder la vidéo!

Avant de partir, on a eu droit au traditionnel baiser du dauphin. J’avais secrètement rêvé à ce moment si souvent! (J’assume complètement mon côté quétaine) et avant de partir, je lui ai donné à manger pour la remercier. Il fallait que je sois sous son charme en maudit pour tenir un poisson mort dans mes mains. Ceux qui me connaissent savent à quel point j’ai HORREUR des poissons et de tous les fruits de mer. Surtout morts. Beurk.
Mais Kux le méritait. Parce qu’elle m’a aidé à réaliser un vieux rêve. Et petite confidence, je suis devenue super émotive en sortant de l’eau :)

lundi 27 avril 2015

5th Avenue et Elvis, versions mexicaines

À Playa del Carmen, mon hôtel – le Royal Hideway Playacar, qui était tellement luxueux que c’était presque insensé! – se trouvait près de la 5th Avenue, une rue remplie de boutiques. Mon côté shopaholic voulait absolument y aller.

On m’avait dit que c’était environ 45 minutes de marche. Comme il faisait un gros 30 degrés Celsius avec un tôt d’humidité s’approchant d’un aquarium, je n’avais pas envie de m’infliger ça. On pouvait emprunter des vélos à l’hôtel, alors c’est ce que j’ai fait. Le seul problème, ils n’avaient que deux cadenas, les autres avaient été forcés ou volés la journée précédente. Évidemment, les deux seuls existants étaient déjà prêtés. Elvis – le G.O.-homme-à-tout-faire-calleur-de-bingo-prof-d'aquaforme dont je vais vous parler plus bas – m’a dit que je pourrais le laisser à l’entrée de la sécurité de la communauté de Playacar, qui est à quelques pas de la 5th Avenue.

J’enfourche donc mon vélo assez rustique avec une seule vitesse et en une quinzaine de minutes, je suis rendue. J’ai croisé un club de golf du Hard Rock Café et leur slogan m’a bien fait rire : «Hit me with your best shot». Mais la chanson m’est restée en tête durant toute la journée!

Une fois à la sécurité, je tente de demander au jeune garçon si je peux laisser mon vélo là. Il ne parle pas un mot anglais. J’ai un espagnol de base, mais il n’y avait absolument rien à faire. Il croyait que je demandais des indications. J’ai donc abandonné et décidé de faire les boutiques avec mon vélo.

J’avais regardé sur le web avant de partir et j’avais lu qu’il y avait un Forever 21 et autres magasins américains. Je ne voulais pas aller magasiner là, mais je les cherchais, question de savoir si j’étais au bon endroit. Ne voyant rien de tel, mais étant entourée de petites boutiques mexicaines et plusieurs magasins haut de gamme, j’ai décidé de rester là. Au diable la 5th Avenue, tout ça était suffisant.
Sauf que… Avez-vous déjà essayé de magasiner avec un vélo? Disons que c’est bon pour le budget, puisque c’est impossible d’entrer où que ce soit. Une seule fois, je l’ai laissé à l’extérieur pour rapidement entrer dans un magasin de montres, mais j’étais tellement stressée de me le faire voler que je suis ressortie presque aussitôt. Non pas que j’avais peur pour le vélo, mais plutôt parce que je n’avais aucune envie de faire le trajet du retour à pied!

Lorsque nous y sommes retournés le lendemain matin pour prendre le traversier, j’ai finalement compris que j’étais en plein sur la 5th Avenue. J’avais donc bien fait de ne pas trop poursuivre ma route, car le reste était très résidentiel!

Des souvenirs de… la NFL!?


Mes parents m’avaient rapporté un poncho des Colts lors d’un de leurs récents voyages au Mexique. Je trouvais ça bien comique. Mais je ne m’attendais pas à voir autant de souvenirs d’équipes professionnelles nord-américaines! Des tas de trucs comme des masques, des planches de surf, des crânes (!), mais aux couleurs des Cowboys, des Oilers, même des équipes de la LCF comme les Lions ou les Roughriders! Je n’ai rien vu des Alouettes par contre. Et je ne crois pas en avoir vu des Canadiens. Et je n’ai rien acheté! J

 
   
La seule chose que j’ai achetée en fait, c’est du gelato. Je le trouvais super original, puisqu’il venait en popsicle. Entre vous et moi, c’était… un popsicle. Ça ne goûtait pas du tout le gelato, mais ça faisait grandement la job pour me rafraîchir un peu!
 
Au retour, j’ai cru que ma chaîne de vélo allait dérailler. Pas manuelle pour un sou, je ne saurais comment la remettre à sa place. Je priais très fort pour qu’elle «tough» jusqu’à mon retour à l’hôtel! J’ai pédalé dans le beurre durant près de la moitié du trajet, mais j’ai pu me rendre et remettre le vélo à Elvis.

Parlons-en, du fameux Elvis. C’est le nom qui était écrit sur sa chemise et non un surnom que je lui aurais donné parce qu’il lui ressemblait. Chaque resort a son Don Juan, son homme sexy dont toutes les «p’tites madames» vont parler toute la semaine. À cet hôtel, c’était lui.

Je ne suis généralement pas attirée par les Latinos, mais je dois admettre qu’il était vraiment hot! Mais pas d’histoire de romance ici, ne vous inquiétez pas, j’étais trop occupée à cuire sur la plage.

Pendant que je lisais tranquillement sur la plage, j’ai entendu au loin des «Uno, dos, tres, quatro! Come on!», mais me retourner demandait un trop gros effort. Ma paresse l’a emporté sur ma curiosité. Mais au bout de plusieurs décomptes, je me suis retournée pour comprendre que c’était un cours d’aquaforme dans la piscine. Avoir su avant, je serais allée juste parce que je sais que ç’aurait été drôle et que j’aurais pu vous raconter ça!

C’est là que je vois notre beau Elvis mexicain debout sur le bord de la piscine, arborant son «six pack» de muscles et… son minuscule Speedo. Je riais sur ma chaise. Maudit que j’aurais dû aller voir ça! Et il se donnait à fond, la trentaine de participants a dû en suer un coup!
 
J’ai su par la suite que mes amies y avaient participé et qu’une d’entre elles avait été choisie pour démontrer un exercice. Évidemment, Elvis y est allé de quelques pointes disant à quel point «il aimait son travail» lorsque les femmes se sont retrouvées les jambes écartées pour un exercice!

Dix ans après le désastre


Au cours de notre souper, le gérant de l’hôtel nous a raconté l’enfer qu’ils avaient vécu en 2005 lors du passage des ouragans Emily et Wilma (qui sont passés à peine quelques semaines après mon premier voyage dans cette même région). L’hôtel avait presque été détruit. Vous voyez la piscine sur la photo d’Elvis et de l’aquaforme? Eh bien la mer l’avait engloutie. Il n’y avait plus de plage et croyez-moi, elle est vraiment très, très large à cet endroit. Ils ont donc fait venir des bateaux d’un peu partout, dont d’Europe, pour venir siphonner le sable afin de la reconstruire.

Difficile de croire que cela fait à peine dix ans en voyant la beauté des lieux aujourd’hui!