mercredi 29 janvier 2020

La belle Miss Piggy de Churchill


En octobre dernier, durant la saison des ours polaires, j’ai eu la chance d’aller travailler à Churchill, dans le nord du Manitoba. Une des choses que je voulais absolument voir, c’est la carcasse d’avion surnommée Miss Piggy qui se trouve tout près de l’eau.

Voici la photo et vous allez comprendre :
Et la petite histoire, qui, heureusement, n’a pas fait de mort.

Le 13 novembre 1979, le Curtiss C-46 « Commando » bimoteur cargo de la compagnie Lamb Airways Ltd s’est envolé de Churchill en direction de Chesterfield inlet, au Nunavut. L’avion cargo a rapidement eu un problème mécanique, alors que la température de l’huile du moteur gauche a monté et que la pression de l’huile a diminué. L’équipage a donc tenté de faire demi-tour. Selon les versions, l’avion n’a pu maintenir l’altitude et le capitaine a atterri sur un terrain accidenté à un quart de mille de la piste. D’autres disent que l’avion aurait accroché un poteau électrique avec une aile avant de s’écraser sur la roche.

L’appareil a été grandement endommagé et les trois membres d’équipage s’en sont sortis avec des blessures, certaines mineures, d’autres un peu plus graves, mais aucune fatale.

Le cargo contenait des motoneiges et des caisses de soda pour la compagnie Arctic Co-op. On croit qu’il était trop lourd. En fait, les avions-cargo de l’époque étaient généralement trop lourds, d’où son surnom de Miss Piggy – ça et le fait qu’elle a déjà transporté des cochons.

Au moment de l’accident, elle était peinte en blanc et rouge et on pouvait y lire Lamb Air, mais elle a été peinte d’abord en gris pour un film, puis ornée d’œuvres d’art dans le cadre d’un projet spécial il y a quelques années.


De l'autre côté, on voit encore bien de quoi elle avait l'air.

Au départ, quelques résidents étaient inquiets à l’idée que la fameuse Miss Piggy change de look. Mais une fois le travail complété, ils s’y sont identifiés.

C’est l’artiste engagé Pat Perry, originaire de Detroit, qui a peint une fresque intitulée « Emergency Transmission: Churchill, Manitoba », avec laquelle il a voulu partager des histoires difficiles de génocides culturels et de dégradations environnementales.

Il a donc peint du lichen et des fleurs qui poussent à travers un crâne, ce qui se veut être une vision positive alors que l’avenir des ressources naturelles est plus incertain que jamais et qu’elles sont exploitées par des pipelines.

Puis, 117 traits (kill marks, en anglais) ont été peints sous les fenêtres du poste de pilotage pour représenter la relocalisation du peuple Sayisi Dene, qui a été forcé de quitter sa communauté pour être déplacé à Churchill par le gouvernement fédéral, ce qui a entraîné pauvreté, pénurie de logements et décès.

Elle est belle, cette carlingue abandonnée, surtout parce qu’elle n’a pas été meurtrière. On peut s’en approcher et même aller à l’intérieur. Mais je me suis contentée de l’admirer de tous les côtés. Il faut toutefois être prudents, j’ai failli tomber sur l’aile abîmée et j’aurais pu me blesser ou me couper!

jeudi 16 janvier 2020

Malaises au lac Titicaca


En septembre dernier, j’ai passé deux semaines au Pérou. La première dans le cadre de mon défi de la Société de recherche sur le cancer, alors que j’ai fait la très difficile Inca Trail au Machu Picchu. Lors de la deuxième, j’ai entre autres vu la Rainbow mountain, Lima et le fameux lac Titicaca.

C’est de cette dernière portion que je vais vous parler cette fois. Parce que… je n’ai pas tant trippé, honnêtement.

Ce lac est surtout connu pour son nom, c’est certain. Mais là-bas, il s’écrit Titikaka et se prononce « Titihaha ». Moins drôle, quand même.

Mon plan était donc le suivant : bateau à partir de Puno en bateau pour me rendre à la Isla de Los Uros – des îles flottantes. Puis sur des îles plus loin, où il n’y a pas de réseau, pas d’hôtel, pas de restaurant et pas vraiment de technologie, pour une nuit chez l’habitant.

Commençons par les îles.

Ça prend une éternité pour se rendre sur les îles puisque les bateaux vont à la vitesse de l’escargot. Une fois qu’on y est, on est accueillis par des femmes aux tenues multicolores. Mais déjà, j’ai un doute.

Je vais être honnête, j’ai tout de suite eu l’impression que tout ça était une mise en scène.
On nous attend pour nous montrer comment sont construites les îles. En gros, les îles sont bâties avec un genre de paille, qu’ils remettent sans cesse sur le sol pour remplacer celle qui est imbibée d’eau en dessous.

Jusque-là, ça va. Mais je commence à me douter de quelque chose une fois la présentation des œuvres d’art que les femmes font durant le jour. Puis on nous invite à aller visiter les « maisons » de l’île. Première question qui me vient en tête : Mais où vont-ils aux toilettes? Je ne vois rien sur l’île! Puis dans les maisons, juste des vêtements accrochés, à peine assez d’espace pour les enfants et tout. Pas de cuisine, même pas d’endroit où mettre les poissons pêchés, par exemple. C’est bien beau les faire cuire sur un feu pour le lunch, mais me semble que ça prend plus que ça.

 
 
On essaie donc de nous vendre l’artisanat fait par les femmes de l’île. On nous dit que les enfants vont à l’école sur une autre île et blablabla.

 
J’ai tout de même l’impression de me faire mentir en pleine face, peu importe ce que les guides disent. Et mes doutes s’amplifient lorsque les femmes se mettent à chanter Frère Jacques en français quand on quitte. C’est bizarre, c’est louche, j’ai juste un drôle de feeling.

J’ai ensuite fait des recherches sur le web et de nombreux sites questionnent aussi la légitimité de ces habitants. Ils en viennent à la même conclusion que moi, soit que ce sont des gens qui viennent sur les îles pour les touristes, mais qui retournent à Puno pour la soirée et la nuit…

On peut aussi faire un tour de bateau vraiment très touristique, mais bon, on est aussi là pour ça! Sauf qu’ils se font pousser par un autre bateau…
 
Ensuite, on part pour une interminable promenade en bateau dans des vagues qui donnent mal au cœur. On arrive sur l’île Amantani, plus loin sur le lac.

Quand le bateau accoste, je suis découragée par la grande côte que j’ai à monter. Il faut dire que j’ai commencé à être malade à la dernière journée de mon trekking et donc que j’en étais à ma quatrième journée avec ce qui ressemble à un empoisonnement alimentaire. Je n’ai presque pas de force, mais the show must go on, comme on dit.

Il n’y a pas de voiture sur l’île. Nos familles d’accueil nous attendent sur le quai et évidemment, il fallait que je tombe sur une des maisons les plus loin de la rive! Il faut aussi ajouter à mon mal l’altitude beaucoup plus élevée du lac par rapport à mes autres visites. Pas besoin de vous faire un dessin, j’étais pas mal malade.

On suit un homme qui nous emmène chez lui. C’était quand même un peu malaisant. Il ne parle qu’espagnol et quechua. On nous a montré quelques mots, mais impossible de s’en souvenir.
L’espagnol, je le comprends, le parle un peu, mais c’est tout. Heureusement, je suis avec un couple de la Grande-Bretagne qui est au cœur d’un voyage de sept mois à travers l’Amérique du Sud, et donc, qui se débrouille très bien dans cette langue. Ce sont eux qui meublent la conversation durant le dîner. 

La maison est rustique, sur deux étages, mais le milieu est sans toit. Des grosses chaudières se retrouvent là pour récupérer l’eau de pluie. C’est en allant aux toilettes – aux bécosses – que j’ai compris à quoi elles servaient. La toilette ne flushait qu’avec de l’eau qu’on prenait de cette grosse chaudière.
On avait l’option de marcher pour aller voir le coucher du soleil et ça impliquait une montée d’environ 500 m. Mais comme je revenais de mon trekking (50 km en 3 jours et demi avec des montées à n’en plus finir) et que j’avais aussi fait la Rainbow Mountain deux jours plus tôt, j’ai préféré aller dormir, d’autant plus que j’étais de plus en plus faible et mal en point.

Évidemment, il n’y a pas de chauffage. J’ai donc dormi avec tous les vêtements que j’avais. Pas de prise de courant non plus, donc pas moyen de charger le téléphone, la caméra et le laptop.

Je me suis réveillée pour le souper, préparé par la fille du monsieur. Elle ne nous a pas adressé la parole. Sa mère était absente, mais l’homme nous a montré l’artisanat qu’elle faisait, pour nous le vendre, évidemment. Il avait aussi des bouteilles d'eau à vendre.

L’ancienne moi, un peu plus princesse, n’aurait jamais survécu à cette nuit chez l’habitant. Pour vous donner une idée, voici de quoi avait l’air la cuisine :
Et les repas qui nous ont été servis :
 
Après, la fille est allée chercher des habits traditionnels pour nous déguiser en vue de la fête au centre communautaire. C’est là que se réunissent tous les touristes de l’île, pour une soirée dansante. Dans mon état, toutefois, danser en tournant était une très mauvaise idée, alors je n’ai participé au genre de train que quelques instants, avant de m’asseoir sur le petit banc pour observer la scène.
Le gars qui était dans la même maison que moi commençait aussi à être malade, alors on n’a pas veillé tard. On devait aussi se lever très tôt le lendemain matin, alors c’était parfait comme ça.

J’ai donc pu retrouver mon lit :
J’étais tout de même contente de n’avoir qu’une seule nuit chez l’habitant au programme. C’est suffisant!

Et pour la petite histoire, j'ai été malade si longtemps que j'ai dû faire plein de tests à l'hôpital à mon retour et qu'on n'a jamais pu trouver de quoi j'avais souffert. Mais cela a déclenché une anémie. Un souvenir de voyage dont je me serais passée!

dimanche 15 décembre 2019

Avoir une toune de Carrie Underwood en permanence à Louisville


Vous savez, je suis une grande fan de Carrie Underwood. Alors quand je suis allée à Louisville, au Kentucky, j’ai eu ce passage de « Before he cheats » dans la tête.

Tout. Le. Long.

« I dug my key into the side
Of his pretty little souped-up four-wheel drive
Carved my name into his leather seats
I took a Louisville slugger to both head lights
I slashed a hole in all four tires
Maybe next time he'll think before he cheats »

Alors oui, tout ça pour dire que je suis passée par la capitale du bâton de baseball. Bon, ça ne porte pas officiellement ce titre, mais avec le méga bâton devant l’usine, c’est tout comme!
Je voulais absolument aller visiter l’usine où on fabrique ces fameux bâtons et je n’ai pas été déçue!

Voici les infos que j’ai apprises durant la visite guidée :

Chaque année, ce sont plus de 40 000 chênes blancs et érables qui servent de bûches pour les bâtons Louisville Slugger. Les arbres idéaux ont au moins… 80 ans!

Du lot, seulement 10% des bûches sont d’assez bonne qualité pour devenir des bâtons du baseball majeur. Le reste sert pour les ligues mineures, les ligues récréatives et les mini bâtons.

Les billots de bois faits à partir des chênes blancs du nord passent cinq semaines à sécher dans un four à céramique jusqu’à ce que le taux d’humidité atteigne 10 à 12%.
Au total, 1,8 million de bâtons de bois quittent l’usine chaque année, mais cela compte les mini bâtons (qu’on a d’ailleurs eu en souvenir à la fin de la visite!).

Les billots sont envoyés à coup de 5000 à 8000 à l’usine de Louisville.

Chaque jour, entre 2000 et 5000 bâtons sortent de l’usine pour le baseball professionnel et amateur et on ajoute 4000 à 5000 mini bâtons!
Les joueurs des grosses ligues commandent entre 100 et 120 bâtons par année!

Le bâton à l’extérieur est impressionnant. C’est une réplique d’un bâton commandé par nul autre que Babe Ruth dans les années 1920. Il mesure 120 pieds de haut, neuf pieds de diamètre et pèse 68 000 livres!
À Louisville, j’ai aussi assisté à une course de chevaux dans l’enceinte où se déroule le mythique Kentucky Derby!
 
 
J’ai misé, mais sur les chevaux avec des noms cool. Je n’ai pas gagné un sou!

Je suis aussi allée faire quelque chose qui me tentait depuis longtemps, soit aller garrocher des haches sur une cible!

J’ai même atteint le milieu quelques fois!
Il y a un David doré sur la rue principale. Il fait environ deux fois la taille de l’original de Michel-Ange et il est fait de styromousse! Il a simplement été peint en doré. Disons que c’est surprenant!

Pour la petite histoire, la statue originale (la copie originale en fait) a été fabriquée pour célébrer un anniversaire de la ville d’Istanbul, en Turquie. Six personnes avaient travaillé pendant six mois sur la statue et, trop lourde, elle s’est effondrée pendant son installation.

L’artiste a refait le moule et a coulé deux statues. L’une est en Turquie et l’autre, après avoir fait un détour par New York, est bien installée à Louisville!
 J’étais là pendant le Black Friday 2018. Regardez la file pour entrer au Target! C’était fou!
 
Puis je suis allée voir les installations de Jim Beam. Je n’ai pas fait la visite par manque de temps et aussi parce que ça devait beaucoup ressembler à celle des installations Jack Daniel’s, visitées au Tennessee il y a quelques années!
 
J’ai aussi fait un tour au cimetière pour voir les tombes de personnes célèbres, comme le Colonel Sanders du Poulet Frit Kentucky et Mohamed Ali!

 

mercredi 6 novembre 2019

La femme qui a vu l’ours (et Winnie the Pooh)

Ma thématique pour les deux semaines passées à Winnipeg et à Churchill? Les ours! C’est que Churchill est la capitale mondiale des ours polaires. Des gens viennent de partout dans le monde pour observer ces magnifiques bêtes dans leur habitat naturel.


Tout d’abord, saviez-vous que l’ours sur nos 2$ s’appelle Churchill? Et que ces pièces sont faites à Winnipeg? Comme quoi, toute est dans toute, comme on dit.

J’avais déjà raconté sur ce blogue – il y a genre cinq ans, alors c’est fort possible que vous ayez oublié! – que Winnie l’ourson s’appelait ainsi en l’honneur de Winnipeg. Mais comme j’ai visité une petite exposition en son honneur, voici sa véritable histoire.

Winnie est un vrai petit ours qui venait du nord de l’Ontario. Il a été l’animal de compagnie de Harry Colebourn (né en 1887, décédé en 1947) et son régiment à la fin de la Première Guerre mondiale.

L’histoire de Winnie le vrai ours commence en 1914, soit l’année du déclenchement de la guerre. Colebourn part de Winnipeg pour aller combattre en Europe. En chemin, il achète une ourse noire orpheline d’un chasseur à White River. Il la nomme Winnie en l’honneur de sa ville d’adoption, où il s’est installé en immigrant d’Angleterre.

Winnie et Harry ont traversé l’Atlantique ensemble et l’ourse est devenue la mascotte non officielle de Fort Garry Horse, un régiment cavalier de la milice canadienne, pendant le voyage.

Avant d’aller au front, Harry a offert Winnie au Zoo de Londres. Après la guerre, Colebourn a continué à rendre fréquemment visite à Winnie au zoo alors qu’il étudiait pour devenir vétérinaire. Ces visites l’ont aidé à surmonter son stress et son choc post-traumatique causés par la guerre. Il est revenu au Canada en 1920, où il est resté jusqu’à la fin de ses jours. Quant à Winnie, elle a été la coqueluche du zoo de Londres jusqu’à son décès le 12 mai 1934.
 
Pour ce qui est de la fiction et du Winnie the Pooh que l’on connaît tous, c’est le personnage de l’auteur anglais Alan Alexander Milne, qui allait souvent visiter Winnie au zoo avec son garçon, Christopher Robin Milne.

Le petit aimait tellement Winnie qu’il a renommé son ourson en peluche en son honneur et c’est ce qui a donné l’idée à son père d’inventer l’ours le plus célèbre du monde! C’est d’ailleurs en l’honneur de son fils Christopher Robin (Jean-Christophe en français) qu’il a aussi créé le personnage du même nom. Les autres ont aussi été inspirés par les jouets du petit Christopher, soit Piglet (Porcinet), Eeyore (Bourriquet), Kanga (Grand Gourou), Roo (Petit Gourou) et Tigger (Tigrou). Owl (Maître Hibou) et Rabbit (Coco Lapin) sortent de son imagination.

Aujourd’hui, une statue du vrai Winnie et son maître est exposée dans un parc pour enfants de Winnipeg!
À noter que le soldat donne le biberon à Winnie sur la statue!
Quant aux vrais ours, ma véritable raison d’être à Winnipeg – on transporte des passagers à Churchill pour leur expédition au pays des ours polaires – j’avais bien peur de ne pas en voir. J’ai fait quelques allers-retours Winnipeg-Churchill durant les deux dernières semaines d’octobre, mais contrairement aux années précédentes, on ne voyait pas d’ours dans la ville!

J’étais si découragée que j’avais réservé un vol d’une heure en hélicoptère pour ma dernière journée à Churchill. Je voulais tant voir un ours! Sauf qu'un blizzard a cloué au sol tous les hélicoptères. Merde!

J’ai tout de même pu aller au Centre d’interprétation des ours polaires pour en apprendre un peu plus sur eux, de même qu’à Cape Merry, où on peut parfois les voir. En gros, voici ce que j’ai appris sur ces magnifiques bêtes :

- Sur la terre ferme, ils perdent 2 lb par jour.

- Ils sont 30% moins qu’il y a 40 ans.

- On estime la population à 23 000 ours polaires.

- De 2005 à 2015, on estimait à 130 jours la durée du jeûne des ours. C'est de plus en plus long en raison des changements climatiques. Et après 180 jours, ça devient dangereux pour leur survie.

- La peau de l’ours polaire est noire.

- Pour aider la recherche, ils font soit un tatouage à l’intérieur de la lèvre ou encore ils mettent un genre de GPS dans leur oreille quand ils sont endormis.

- En moyenne, une ourse a de deux à trois oursons, mais le taux de mortalité est malheureusement élevé. Elle est fécondée au printemps, mais l’embryon reste en suspens et s’implante juste lorsqu’il sait que la mère est dans une tanière et qu’elle est prête à tomber enceinte. Ça peut prendre des mois!

Après deux ans, les oursons sont prêts à devenir autonomes et peuvent vivre de 25 à 30 ans.

J’ai finalement vu des ours dans leur habitat naturel à ma dernière tentative. J’étais tellement prête! Caméra, lentille 300 mm, tout! On en a aperçu au loin et j’ai tenté de les photographier… pour réaliser que j’avais oublié ma foutue carte mémoire dans l’ordinateur. Quelle conne!!!

Je m’en veux encore.

Mais bon, la maman et ses deux oursons sont venus jusqu’à nous, comme pour nous saluer. Et avec mon cell, j’ai réussi à prendre ça :

Je me reprendrai l’an prochain, peut-être!

samedi 2 novembre 2019

Mésaventure aérienne no 2693

Ça devait faire des mois que j’avais acheté mes billets pour aller voir Carrie Underwood à Ottawa, en mai. La veille, je revenais de Paris. Je serais fatiguée, mais bon, j’étais prête à me sacrifier pour ma chanteuse préférée.

Sauf que mes plans ont un peu changé. Je venais d’être embauchée comme agente de bord et ma formation – qui s’annonçait très exigeante – commençait la même date que le spectacle. Ça impliquait donc que je me tape un aller-retour à Ottawa en pleine nuit selon mon décalage horaire et que je sois sur les bancs d’école la journée même et le lendemain. C’était trop. J’ai pris la sage décision de donner mes billets à ma mère, qui est allée avec une amie.

J’ai décidé d’attendre de voir mon horaire des mois suivants pour aller la voir dans une ville américaine quelconque. Mon choix s’est finalement arrêté sur Chicago. Tant qu’à aller quelque part, aussi bien le faire dans une de mes villes préférées au monde!
C’est pendant une randonnée interminable en autobus au Pérou que j’ai tout réservé : avion, hôtel, billet de spectacle. Je partais le lundi matin, allais voir le spectacle le soir et revenais le mardi matin. Ça, c’était le plan. Évidemment, il a déraillé!

J’avais une escale à Toronto puisque j’ai choisi Porter, qui était le plus abordable. Mon vol était tôt le matin. Mais à mon arrivée à la porte d’embarquement, j’ai compris que je ne décollerais pas tout de suite. Un épais brouillard couvrait la ville de Toronto et aucun avion ne pouvait décoller ni atterrir. Ils repoussaient sans cesse le départ, en nous disant qu’on aurait une mise à jour une demi-heure plus tard. Mais c’était le statut quo. À un moment, on a eu une lueur d’espoir quand ils ont annoncé qu’ils essaieraient de faire poser deux avions à Toronto. Si ça fonctionnait, on pourrait commencer l’embarquement rapidement. Puis…

« Bon, mauvaise nouvelle, les deux avions n’ont pas été capables d’atterrir, alors ils reviennent vers Montréal. »

J’avais commencé à chercher un plan B parce que Toronto n’était qu’un arrêt pour moi et pas ma destination. Le problème, c’est que tous les vols de Porter passent par là. Alors je devais regarder pour une autre compagnie. À  un moment, l’agent a annoncé que Porter nous rembourserait si on voulait annuler notre voyage. Je me suis présentée au comptoir pour demander d’annuler mon vol aller, mais pas le retour, si c’était possible. La fille, qui semblait en formation, m’a dit que oui. Elle a annulé mon vol aller, m’a dit que je recevrais 308$, mais que je devais appeler Expedia pour avoir mon remboursement puisque c’est avec eux que j’ai acheté mon billet. Elle m'a confirmé avoir gardé mon vol du lendemain et tout noté à mon dossier.

J'ai donc quitté la zone d’embarquement et acheté un billet aller simple avec Air Canada. Mais comme je partais d’abord pour Toronto, je n’étais pas dans le bon terminal. Ça veut dire sortir de là, repasser la sécurité et passer par les douanes avant de prendre mon nouveau vol.

En embarquant dans l’avion, j’ai appelé Expédia pour mon remboursement. La fille n’était pas très gentille, mettons. En gros, elle me disait qu’ils devaient annuler mon vol au complet. Ce que je ne voulais évidemment pas. Alors elle refusait de me rembourser, contrairement à ce que m’avait promis la fille de Porter. J’étais à « boutte », je lui ai raccroché la ligne au nez.

Heureusement, ce vol s’est bien passé et je suis arrivée en fin d’après-midi à Chicago. Toutefois, j’arrivais à O’Hare et non Midway, ce qui est un peu plus loin du centre-ville. Comme j’en étais à ma septième visite à Chicago et que je commence à bien connaître le « loop », j’étais confiante de prendre le train pour me rendre à mon hôtel, même si c’était un looooong trajet d’une heure. Une chance que je n’avais pas réservé d'activité pour ma journée! Je voulais faire la visite à thématique des gangsters, mais ce sera pour une autre fois!

J’ai pris une passe de bus/métro 24h pour 10 USD, alors je suis allée au United Center en autobus. Ce trajet, je le connais bien! Après tout, je suis une fan des Blackhawks et c’est là qu’ils jouent!

Pour ce qui est du spectacle, il était excellent. C’était la septième fois que je voyais Carrie en show (trois à Ottawa, une en Floride, une à New York, une à Atlantic City et maintenant une à Chicago). Jamais été déçue!
 
Je repartais à 7h le lendemain matin. À ma sortie de l’hôtel, j’ai décidé de prendre le chemin un peu plus long parce que le plus rapide comprenait une marche d’environ 700 m et… il pleuvait à boire debout. Comme j’avais pris Porter et que mon billet « basic fare » ne me permettait même pas de bagage en cabine, je n’avais que mon petit sac à dos et évidemment pas de parapluie!

J’avais toutefois une petite crainte : celle que mes malchances se poursuivent et qu’il y ait un problème avec mon vol retour. Après tout, j’avais reçu un texto me disant qu’on m’avait déplacée sur un vol plus tard – après avoir eu la confirmation que c’était annulé. Bonjour les complications.

Au comptoir, la fille a passé mon passeport plus d’une fois et j’ai déduit par sa face que quelque chose clochait.

« Ils ont annulé ton vol au complet. »

Ah ben /$%?&*()

Elle m’a dit qu’elle ne pouvait pas me remettre sur le vol, mais elle a appelé à Toronto pour leur demander de le faire. Ce qui a été fait à 6h20. Mon avion décollait à 7h. C’était serré, mais possible.

Comme je n’avais presque pas dormi, je me suis couchée tout de suite dans l’avion. Je me suis fait réveiller par une annonce disant qu’on devait débarquer. Il était 7h45. Je n’avais même pas remarqué qu’on n’avait pas décollé. La raison? Le camion de dégivrage était brisé. C’était celui de Porter et ils ne pouvaient même pas en emprunter un à une autre compagnie. Celle-là, je ne l’ai pas comprise!

On a fini par partir avec deux heures de retard, j’ai raté ma correspondance à Toronto et je suis enfin arrivée chez moi à 16h au lieu de midi.
Sinon, pour ce qui est de Chicago, la ville était magnifique comme d’habitude. J’ai tout de même eu droit à un monsieur très bizarre dans le métro, qui a étalé une dizaine de photos de la Sainte Vierge et de Jésus sur le bord de la fenêtre en les embrassant avant de les placer. Il a ensuite mis une grosse croix en bois autour de son cou et a tout embrassé à nouveau en les rangeant avant de sortir…
Je suis allée souvent à Chicago, mais je n’avais jamais vu la pancarte annonçant le début de la route 66. Comme j’ai vu celle de la fin en Californie, la boucle est bouclée!