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mercredi 11 septembre 2013

La fois où on a failli ne pas se rendre à Salvador

Pour la troisième et dernière partie de mon voyage au Brésil, j’ai choisi la ville de Salvador et une petite île du nom de Morro de Sao Paulo (aucun lien avec la ville du même nom!).

Mais avant de vous en parler, je dois d’abord vous raconter qu’on a bien failli ne jamais se rendre!

On partait de Rio, en avion, à 21h. Comme c’était un vol domestique et qu’on était déjà dans la ville, on s’est dit qu’on avait suffisamment de temps si on partait un peu après 18h. Première erreur.

Un ami m’avait demandé de lui ramener une petite statue de Jésus et je n’en avais pas encore trouvé une à mon goût qui n’impliquait pas que je vide mon compte bancaire pour l’acheter. Comme je quittais la ville, ça devenait une petite urgence. Après avoir remis les clés de l’appart à la propriétaire, on a décidé de se rendre dans un genre de petit marché ambulant, qui n’existait pas dans le jour et qui apparaissait au milieu de l’Avenue Atlantica (*littéralement au milieu, entre les deux voies!) dès que le soleil se couchait (impressionnant – et bruyant – de les voir monter leurs kiosques en à peine une heure!). Deuxième erreur.
(Photo Flickr)
C’était beaucoup plus près de notre appart dans nos souvenirs. On a fini par prendre un taxi pour s’y rendre (bon, on y était presque, ça nous a coûté environ 4$). C’est là que le chauffeur nous a fait peur. «Quoi? Votre vol est à 21h? Mais vous ne le ferez jamais! Vous auriez dû partir d’ici maximum à 18h, franchement!»

Bon, merci pour le ton «paternel méchant accusateur», on s’en serait passé. Il nous dépose au coin du marché, je cours comme jamais avec l’objectif précis d’acheter un Jésus à la vitesse de l’éclair pour qu’on puisse ensuite héler un nouveau taxi. Notre but : demander au chauffeur de nous attendre quelques minutes le temps qu’on récupère nos valises laissées au gardien de sécurité de l’appartement, puis filer directement à l’aéroport. Vous l’aurez deviné, Troisième erreur.

«Non, je ne vais pas à l’aéroport, il n’en est pas question. Trop de trafic», a dit le chauffeur d’un ton assez ferme, merci.

Euh, attends… QUOI? Je ne veux pas manquer de respect, mais son boulot consiste pas mal à embarquer des gens, leur demander où ils vont, et les y mener. Alors il lui manquait une étape importante ici.

«Ce n’est pas vrai que je vais aller me foutre deux heures dans le gros trafic. Vous allez rater votre avion de toute façon. Alors je n’y vais pas. Je ne pense pas que vous allez trouver un chauffeur qui va accepter», a poursuivi M. Optimisme.

Même notre «Monsieur, combien d'argent ça va vous prendre pour changer d’idée?» n’a pas eu de succès. Alors on s’est retrouvées sur le trottoir, avec notre milliard de valises (je ne voyage pas très léger, je crois), essayant tant bien que mal de faire signe à un taxi, alors que la circulation est effectivement assez dense sur l’avenue Copacabana.

Enfin un gentil chauffeur


Dieu merci, il y en a un qui s'est arrêté. Il était passé 19h. Notre avion décollait dans moins de deux heures et on avait un peu oublié que Rio était une ville immense et que par conséquent, l'aéroport était assez loin! Le chauffeur, extrêmement gentil, nous a offert un prix fixe, 70 reals (31$ CAD) et nous a promis de faire son possible pour nous y mener à temps.

Il a contourné tous les endroits bloqués possibles et on l’a fait! Copacabana-aéroport en 50 minutes piles.

Soulagement.

La course se poursuit…


Évidemment, vous pouvez vous imaginer qu’on a «un peu» couru dans l’aéroport. Ç’a dû être de toute beauté avec nos sacs. Comme dans les films, on est arrivées en tout dernier dans l’avion. Mais on a été gâtées parce qu’on était tout à l’avant et que l’agente de bord nous a fait changer de place pour qu’on puisse être ensemble.

Ah et petite parenthèse ici, on avait la télévision interactive (même pour un vol de moins de deux heures!), on pouvait même jouer à des jeux vidéo et on a eu droit à un lunch. Air Canada, prends des notes pour la bouffe gratuite, SVP.

Et comme on était les toutes dernières à prendre place à bord de l’avion, on a été les premières à sortir et on a attendu nos valises au carrousel environ 47 secondes.

Autre alerte au kidnapping!


Il ne nous restait plus qu’à prendre un taxi pour se rendre à l’hôtel. Toujours avec la phrase «ne faites confiance à personne au Brésil» en tête, on a refusé de suivre un homme qui se disait chauffeur de taxi à notre sortie de l’aéroport. On était encore une fois peut-être paranoïaques, mais on ne voyait pas sa voiture, il n’était pas au stand à taxis et je ne «feelais» pas pour me faire kidnapper. On a donc prétexté que j’avais envie et qu’on devait absolument retourner à l’intérieur. Le stand à taxis était à l’autre bout, ce qui ajoutait à la «loucheté» du soi-disant chauffeur. On a payé à l’avance et embarqué dans un véhicule qui semblait légitime.

Belle de jour, terrifiante de nuit


Je ne sais pas à quoi je m’attendais de Salvador, mais comme je n’avais vu que quelques photos du vieux quartier, je pensais que c’était une toute petite ville. Oh que j’étais dans le champ! Il y a environ 3 millions d’habitants et sûrement autant de centres d’achats le long de l’autoroute. Notre hôtel était dans la vieille partie de la ville, plus touristique, mais aussi reconnue comme plus dangereuse.

Je dois l’avouer, j’ai eu la chienne quand notre chauffeur de taxi est entré dans notre quartier! J’ai remarqué qu’il ne s’arrêtait jamais vraiment aux arrêts et j’ai cru le voir passer sur plusieurs feux rouges. Dans ma tête de petite fille de banlieue paisible, je me suis dit que c’est parce que si on s’arrêtait, quelqu’un allait surgir de nulle part et repartir avec tout, jusqu’aux roues du véhicule.

Ensuite, alors que j’avais déjà la face d’un chevreuil sur l’autoroute, on s’est aventurés dans des minuscules rues, aucunement éclairées, totalement désertes et où chaque maison/commerce était barricadé.

Mmmm rassurant. (Le pas de photo est dû au fait que je ne voulais surtout pas la sortir et perdre mon précieux temps seule au milieu de tout ça!)

Notre hôtel aussi était derrière une clôture digne d’une prison. Les quelques minutes entre ma sortie du taxi et mon entrée à l’hôtel (après avoir vérifié 35 fois que la clôture avait été refermée sans que personne ne se faufile à l’intérieur) m’ont paru interminables!

Mais j’ai eu peur pour rien. Le matin au réveil, j’ai eu droit à ça comme vue, de mon lit. Toutes mes peurs avaient disparu… jusqu’à la tombée du jour.

À suivre :)  

dimanche 8 septembre 2013

Braver le «danger» des favelas à Rio

La ville de Rio de Janeiro est reconnue pour ses plages, ses paysages à couper le souffle, le soccer, mais aussi pour ses favelas.

Les quoi? Les favelas sont ces petites maisons empilées dans les montagnes, littéralement les unes par-dessus les autres. En d’autres mots, ce sont les bidonvilles.
 

Danger, danger

Ces quartiers font peur, je l’avoue. On entend toutes sortes d’histoires d’horreur, du genre que si on y va, on n’en reviendra tout simplement jamais, on va se faire voler, attaquer, violer ou tuer.

Rien pour pousser les touristes à aller y faire un tour. Mais depuis plusieurs années, différents circuits sont proposés par les agences pour aller voir de près ces petites maisons. Myriam n’était pas trop chaude à l’idée d’y aller. Elle ne voulait pas que les habitants soient traités comme des animaux de cirque et que ça ne soit que du voyeurisme. Mais je l’ai convaincue que ça serait super intéressant.

J’avais raison. Et heureusement, l’argent amassé avec ces tours retourne dans la communauté, notamment pour les enfants, comme sur la photo suivante.
On a visité deux favelas. La première était immense. Des maisons à perte de vue. À Rocinha, notre premier arrêt, la population est de 150 000 à… 500 000 habitants. Le manque de précision est dû au fait qu’ils n’y font pas vraiment de recensement. Aussi bien dire qu’ils n’en ont aucune idée!
 
Il est vrai que les favelas étaient – et le sont encore pour la plupart – contrôlées par des vendeurs de drogue. Mais, étonnamment, la guide nous a appris que c’était presque moins dangereux dans ce temps-là et que le taux de criminalité a augmenté depuis que la police a fait son entrée dans ces villes (ils ont appelé ça la «pacification», mais la police est rentrée là-dedans comme si elle était en guerre!). La raison de l’augmentation du crime? Les «dealers» n’aimaient pas attirer l’attention, alors ils se débarrassaient rapidement des violeurs, par exemple. Aujourd’hui, c’est parfois malheureusement les policiers eux-mêmes qui commettent ces crimes…

Pourquoi les maisons sont empilées les unes sur les autres? Pour le manque d’espace, oui, mais aussi parce que les gens qui habitent au rez-de-chaussée ont simplement vendu leur toit pour qu’une autre famille y construise sa maison, et ainsi de suite. Une chance qu’il n’y a pas de tremblements de terre à Rio, car les conséquences pourraient être catastrophiques. Mais le risque d’effondrement est toujours là.
La vie n’est évidemment pas toujours rose dans ces maisons. Les égouts ne s’y rendent pas (je ne veux même pas imaginer comment ils se débrouillent), il n’y a qu’une seule rue qui traverse toute cette ville, ce qui cause de la circulation monstre – mais les gens ont presque tous des motos, pas de voitures – et pour ce qui est des déchets, il y a des genres de dépôts de déchets où les gens doivent aller mener les leurs et où les éboueurs passent deux fois par jour. Malgré tout, l’image que ça projette n’est pas très propre.
Puisque ces quartiers sont reconnus comme dangereux, il arrive souvent que les ambulances ne s’y rendent pas (de toute façon, il est rare que les favelas aient des noms de rues, et donc des adresses), alors les gens doivent s’arranger pour descendre les blessés et les malades à l’entrée de la ville. Vous pouvez facilement imaginer que plusieurs personnes sont décédées à la suite de ça.

L’électricité maintenant. Les compagnies ne veulent pas non plus s’y rendre. Alors les gens se débrouillent tout seuls et ils vont se brancher eux-mêmes directement dans les poteaux.
Ç’a l’air brouillon tout ça, mais la guide nous a expliqué que ce n’était pas nécessairement les gens qui vivaient dans l’extrême pauvreté qui habitaient là. Ce sont les gens un peu en dessous de la classe moyenne qui occupent justement les emplois de service, donc des maçons, des électriciens, des femmes de ménage, les chauffeurs d’autobus (dont le nôtre!), etc.

De plus en plus cher


Étant donné que la ville accueillera les Jeux olympiques en 2016 et la Coupe du monde de soccer l’été prochain, le prix des loyers a augmenté partout. Si bien que les gens qui habitaient la ville n’ont plus les moyens et déménagent dans ces favelas. Effet boule de neige, les prix des favelas augmentent et les gens qui y habitaient ne peuvent plus arriver, alors certains doivent déménager si loin qu’ils doivent se taper quatre heures de transport en commun pour aller travailler. Quelle horreur!

Sur un terrain de golf


La deuxième favela qu’on a visitée était un peu moins «pauvre». Je trouvais son histoire intéressante, puisqu’elle est construite sur un terrain de golf. C’est que les propriétaires du terrain ont cédé une partie de leur terre à leurs employés pour qu’ils y construisent leur maison. Ceux-ci ont emmené leur famille, leurs amis, qui ont à leur tour emmené familles et amis. Ce qui fait que des centaines de maisons ont poussé dans cette montagne. Ce qui est un peu ironique, c’est que dès qu’on traverse la rue qui fait le tour de la favela, on se retrouve dans une banlieue cossue avec des grosses maisons. En fait, la plupart des gens qui vivent dans la favela… travaillent pour les gens qui sont dans les grosses maisons.

Le paysage de ces petites maisons (qui ont toutes des satellites et des bidons d’eau sur le toit) est presque irréel. C’est beau et triste à la fois. Mais ce qui ressort de positif, c’est aussi la solidarité des habitants. Pour la construction, mais aussi pour la vie en général. Les enfants jouent tous ensemble dans les rues et les gens, qui n’ont pas d’espace, se retrouvent dans les minuscules ruelles pour jaser.

Favelas en bref :

  • Il y en a près de 1000 juste à Rio
  • Le tiers de la population urbaine de Rio y habite
  • Le nom «favela» provient d’une plante du même nom

Bref, je vous suggère fortement de faire ce tour si vous allez à Rio! Mais petit conseil, regardez attentivement la météo. Parce que sinon, vous pourriez avoir l’air de ça à la fin…
Pluie 1 – Moi 0.

lundi 2 septembre 2013

Merveilles et paranoïa à Rio de Janeiro

On m’avait dit que Rio de Janeiro était une des plus belles villes au monde. Et je peux vous le confirmer à mon tour!

C’est vraiment un endroit paradisiaque. Les plages, les montagnes, la fameuse statue du Christ (qu’on a passé notre temps à surnommer Jésus, comme si c’était un troisième voyageur avec nous), les favelas (maisons empilées dans les montagnes dont je vous parlerai dans un autre post), tout ça mis ensemble est magnifique.

On a commencé notre journée en prenant le téléphérique pour se rendre tout en haut du Pain de Sucre (Pão de Açúcar), l’espèce de gigantesque roche qui donne sur l’océan. Le téléphérique a fêté ses 100 ans l’an passé. Ceux qui l’ont construit en 1912 n’étaient pas peureux!
La vue de là-haut est hallucinante. C’est difficile de trouver les mots, alors je vais y aller en images :
   

Alerte au kidnapping

On s’est ensuite dirigées à la statue, qui est tout en haut d’une autre montagne. Il y a deux façons de s’y rendre, par un petit train ou en voiture. À notre arrivée, vers 14h, on nous a dit que le prochain train qui avait de la place ne partait pas avant 16h20. Ça donnait un peu trop de temps à tuer à notre goût. Un homme nous dit alors qu’on peut y aller avec un bus d’une autre compagnie et qu’on a qu’à se rendre de l’autre côté de la rue.

On n’est jamais trop prudents au Brésil et Myriam, qui est là depuis cinq mois, m’a répété à maintes reprises ce qu’elle avait elle-même entendu 1000 fois : ne faire confiance à personne. Donc, quand on a vu que la fourgonnette, stationnée tout croche de l’autre côté de la rue un peu plus loin voulait nous emmener seulement elle et moi, on a refusé. Ça aurait été trop facile de prendre un camion blanc, le lettrer aux couleurs d’une compagnie bidon et de kidnapper les touristes. On a entendu plusieurs histoires d’horreur de la sorte. Les deux hommes insistaient pour dire qu’ils nous amenaient simplement un peu plus loin où se trouvent leur bureau et les autres voitures. C’était peut-être de la paranoïa, mais on a refusé d’embarquer et on a marché jusqu’en haut. Finalement, c’était une vraie compagnie, alors on a eu l’air un peu cinglées, mais j’aime mieux ça que de me retrouver je ne sais où dépouillée de tous mes biens!

Il y a deux arrêts en chemin pour admirer la vue. 
Au premier arrêt (photo ci-haut), on a croisé deux Québécois. Comme on avait à peu près le même itinéraire (Jésus et le stade de soccer – on leur avait dit qu’il y avait un autre match, voir blogue ici), on a décidé de rester ensemble pour le reste de la journée et de la soirée. C’était plaisant et en plus, ça coûtait beaucoup moins cher de taxi!

Voici le fameux Jésus. Ou Christ Rédempteur (Cristo Redentor de son vrai nom). Il est assez imposant. On dirait qu’il veille sur toute la ville. Il est juché à 710 mètres dans les airs au sommet du mont Corcovado et mesure lui-même 38 mètres.
Ensuite, la journée s’est poursuivie au stade Maracana (à ne pas mélanger avec la Macarena…), qu’on n’a pas pu visiter, à notre grand dam.

Au cours des deux jours suivants, il faisait beaucoup moins beau. On a eu de la pluie et des nuages. En fait, si on n’avait pas visité le Pain de Sucre et Jésus la première journée, on n’aurait pas pu y aller du tout!

Parmi les autres attractions intéressantes, il y avait l’Escalier Selarón (Escadaria Selarón) construit en céramiques de tous les styles, provenant de 120 pays. Elles sont en constant changement, car l’artiste poursuit son œuvre encore aujourd’hui (il a commencé en 1994).
 
On s’était donné comme mission de trouver une tuile du Canada ou du Québec. Mission accomplie!

«Bixi» = FAIL

Ils ont l’équivalent des Bixis à Rio. Génial! On pourra en faire le long de la plage de Copacana. C’est ce qu’on s’est dit dès qu’on les a vus. On a donc enfilé nos shorts et pris nos sacs à dos. En fait, c’était déjà notre deuxième tentative, car contrairement à ici, on ne peut pas les louer sur place. Il faut d’abord s’abonner par Internet et débourser environ 4$ (CAD), ce qu’on a fait.

Donc, on arrive à la première borne, un seul vélo. Eh merde, on va aller à la prochaine. Elle est loin. Deuxième borne : deux vélos, MAIS un gars qui essaie de s’en louer un. Alors on court pour les «réserver» avant lui. Pour les débarrer, il faut utiliser un téléphone intelligent ou appeler pour avoir un code. Myriam a un téléphone brésilien, mais ce n’est évidemment pas un iPhone, alors on devait appeler. La personne n’a jamais été capable de retracer nos transactions. Même après 25 minutes d’obstinations et malgré notre courriel et nos numéros de confirmation. De plus, on a su que ça prenait absolument un téléphone brésilien pour réserver, alors impossible de le faire pour les touristes! C’est un peu ridicule!

Alors on s’excuse aux trois personnes qu’on a chassées pour rien en leur disant que c’était nos vélos, car ils sont finalement restés là, et nous, on a poursuivi notre chemin à pied. Bouhhhh.
 

Bel appart… non fonctionnel

On a loué un minuscule petit appartement à Copacabana, à une rue de la plage. S’il était bien situé, il n’était malheureusement pas du tout fonctionnel!

Le wifi ne fonctionnait pas, alors on a dépensé une tonne de Reals au café Internet situé tout juste à côté. La propriétaire (qui était tout de même adorable) nous a dit que quelques jours avant notre arrivée, il y a eu un problème électrique faisant en sorte que l’air conditionné ET le poêle ne fonctionnaient plus. Elle nous avait quand même amené deux ventilateurs alors on n’a pas suffoqué.

Mais ce qui a été le plus chiant, c’est la douche. PAS. D’EAU. CHAUDE. Rien. Nada. Nothing.

La proprio a même fait venir quelqu’un pour la réparer, mais tout ce que ça a donné, c’est une douche tiède (et ce n’est même pas moi qui l’ai prise!). Plus rien qui se rapprochait de ça par la suite. Disons que ce n’était pas particulièrement agréable, surtout pour se laver les cheveux!

En fait, le problème de la température de l’eau nous a suivies durant tout le voyage. J’ai failli me faire ébouillanter à Foz et j’imagine que j’ai trop chialé, car j’ai payé le prix par la suite avec juste des douches froides! Eh misère…

 


samedi 31 août 2013

Le Dieu du soccer ne m’aime pas

Je crois qu’il y a quelqu’un, quelque part dans l’univers – sûrement le Dieu du soccer – qui ne voulait absolument pas que j’aille voir un match au Brésil.

Mais pourquoi l’univers – non, rien de moins – m’en voulait autant? Parce que j’ai dit que le soccer (ou futebol ici) était juste mon sixième sport préféré, loin derrière le tennis, le hockey, le football, le baseball et le basketball? Si oui, je m’en excuse. Je promets de me forcer pour aimer ça davantage!

Pourquoi tant de «drama»? Parce que j’ai été victime d’une série d’événements abracadabrants m’empêchant d’assister à un match dans ce pays où ce sport est une religion.

Avant de partir, quand j’ai su notre itinéraire, j’ai tout de suite regardé sur Internet pour trouver un match à aller voir. Sachant que j’étais trois soirs à Rio de Janeiro, du samedi au lundi, c’était selon moi presque impensable que dans toute la ville, il n’y ait pas de match.

Erreur.

J’ai d’abord eu une fausse joie parce que j’avais oublié qu’au soccer, l’équipe locale est en premier dans le calendrier. Mon «Sao Paulo - Rio» était donc à Sao Paulo. Déception. Après des heures d’autres recherches sur le net, j’ai enfin trouvé un match le samedi soir. C’était Flamengo contre Bremio. Joie!!! La chasse aux billets maintenant. Pas évident quand tout est en portugais. J’ai donc appris un mot : ingresso, soit billet. Mais j’étais incapable de trouver comment les acheter. J’ai donc délégué ça à Myriam. Lorsqu’elle a appelé, une douzaine de jours avant le match, ils lui ont dit que les billets n’étaient pas encore en vente et de rappeler quelques jours plus tard. Puis des amis lui ont dit que la rencontre était à Brasilia. J’avais pourtant vérifié l’adresse du stade et c’était tout près de notre appartement à Rio. Louche.

Ce qu’on a fini par comprendre, c’est que puisque l’immense et tout nouveau stade de Brasilia n’est visiblement pas rentable, ils «volent» des matchs des autres équipes et des autres ligues. C’est ce qu’ils ont fait avec MON match! Le pire, c’est que je l’ai vu à la télé et j’avais l’impression de regarder les Coyotes de Phoenix, car il n’y avait qu’une poignée de spectateurs! Frustrant.

Infos contradictoires

Les gens dans la ville, même s’ils sont censés connaître leur sport, ne semblent avoir aucune notion de ce qu’est un calendrier. Personne ne savait si une des trois équipes de Rio jouait. Chaque personne à qui on demandait disait le contraire de la personne précédente. Sur Internet, ce n’était pas plus clair. On a décidé d’aller quand même au stade Maracana, au cas où. Mais non, il était bel et bien désert, mais il y avait évidemment un match le lendemain de notre départ…
Dans les guides, on disait qu’on pouvait tout de même le visiter tous les jours, mais ça aussi, c’était faux! Voici tout ce que j’ai pu voir de l’intérieur de ce fameux stade :

Espoir à Salvador

Salvador maintenant. J’avais peu d’espoir, me disant que j’étais tout simplement victime d’un complot. Je n’ai évidemment pas trouvé les informations sur Internet, je n’ai même pas trouvé le nom de l’équipe de cette ville! Pourtant, j’ai passé mon cours de recherche sur le web au Cégep…

À notre arrivée à l’hôtel de Salvador, le préposé nous a dit qu’il y avait une rencontre le soir même. J’étais tout énervée. Il nous explique comment nous rendre au stade pour acheter les billets. On aurait pu le faire par Internet, mais quelqu’un avait coupé les fils de l’Internet à l’hôtel pour essayer de le voler (!).

Après une marche dans la ville, où on se faisait regarder sans cesse – notre couleur de peau nous trahit quelque peu – on voit enfin le stade! On nous confirme qu’il y a bel et bien un match ce soir-là et le gars nous donne même les billets à moitié prix (tarif étudiant). Ces deux billets nous ont coûté… 23$ CAN! Wow. On s’est donc gâtées et on a acheté le chandail de l’équipe (probablement un faux, car on n’a vu personne d’autre avec les mêmes commanditaires à l’avant du leur, mais on s’en fout un peu) à un vendeur itinérant de l’autre côté de la rue. Total dépensé pour deux billets et deux chandails : 46$. C’est une vraie blague!
Le match était à 21h50 (c’est tellement tard!), ce qui nous donnait amplement le temps de visiter tout ce qu’on voulait.

Panne d’électricité monstre

Vers 15h, alors qu’on était dans un marché, toutes les lumières se sont éteintes. Bon, ça se peut une panne d’électricité. Mais les heures passaient et l’électricité ne revenait pas. On est revenues à l’hôtel, et ils n’en avaient pas plus. Le préposé à la réception nous dit que c’est une panne généralisée… dans tout le nord-est du pays! Euh… Attends, quoi?!?

Vous aurez compris que ça voulait dire que le match avait de bonnes chances d’être remis à quand je n'y serais Plus. Je haïssais la vie.

Mais à 18h, MIRACLE. La lumière fut. J’ai littéralement sauté de joie.

Il ne restait plus qu’une autre activité de notre horaire chargé de la journée – une cérémonie religieuse typique mettant en vedette du popcorn, je vous en reparle dans un autre post – et j'allais enfin être au stade.

Match ennuyant à mourir!

Comme je disais, le Dieu du soccer ne m’aime pas. Alors même si j’ai réussi à assister à cette foutue partie, je n’ai pas du tout vécu l’expérience à laquelle je m’attendais.

Le stade est beau, ça, c’est clair. Il est l’un de ceux qui accueilleront la Coupe du monde 2014. Mais il était vide. Un gros 5961 spectateurs. Les données étaient tellement détaillées qu’on a même su que de ce nombre, environ 1300 personnes avaient bénéficié de billets gratuits!
 
L’ambiance était quand même bien pour une si petite foule. Il y avait les partisans chanteurs et danseurs qui n’ont jamais lâché et environ 5-6 musiciens, seuls au deuxième étage, qui ont joué des percussions durant TOUT le match. C’était bien au début, mais à la longue, ça finit par être un bruit sourd pas si agréable. J’aurais presque préféré les vuvuzelas!
Les partisans sont très passionnés par contre. Mais on n’a pas eu grand-chose à se mettre sous la dent. L’équipe locale (Bahia) a raté quelques belles chances (chaque fois, les partisans avaient l’air au bord du suicide) et je ne serais même pas surprise d’apprendre que l’autre équipe (Portugesa) n’a provoqué aucune chance de marquer.

Bref, marque finale 0-0. Bouhhhh.

Mais au mois, j’ai pu voir un match. Alors je dirais que c’est plutôt marque finale : Dieu du soccer 0 – Moi 1.